Le droit des États sur les titres, en neuf chapitres.
La Series 63 a pour centre le Uniform Securities Act, la loi modèle que chaque État américain adapte en sa propre « blue sky law ». Mais le plan d'examen de 2023 y ajoute un volet fédéral et FINRA : Regulation Best Interest, communications, registres, options, marge, SIPC. Il faut donc des définitions, des exceptions, de l'éthique, et un peu de calcul.
Ce que l'examen pèse
Répartition officielle NASAA des 60 questions notées (plan en vigueur depuis juin 2023). Clique sur une ligne pour ouvrir le chapitre. Communications et éthique valent 45 % à elles deux : ne les garde pas pour la fin.
Les 5 questions restantes sont des questions de pré-test, non notées, que rien ne distingue des autres : traite les 65 avec le même soin.
Ce qui peut être testé
| Droit des États | Droit fédéral et règles FINRA |
|---|---|
| Uniform Securities Act de 1956 avec les mises à jour et commentaires NASAA, en entier. L'Act de 2002 n'est pas testé. | Securities Act of 1933 (§ 5), Securities Exchange Act of 1934 (§ 15, § 28(e)), Investment Advisers Act of 1940 (§ 203, § 203A) |
| Statements of Policy NASAA : pratiques malhonnêtes des BD et agents (1983), parts de fonds (1997) | Règles SEC : 17a-3, 17a-4, Regulation Best Interest (15l-1), Regulation S-P, Rule 203A-1 ; Form BD et Form U4 |
| Model Act sur les adultes vulnérables (2016) ; règles sur les ventes dans les institutions financières (1998) | Règles FINRA : 2040, 2111, 2121, 2210, 2360, 3110, 3210, 4210, 4512 ; Regulatory Notice 10-22 |
| Model rules sur les investment advisers : pratiques, registres, contrat, custody, sécurité de l'information, examens des IAR | Autres sujets : test Howey, Regulation T, Uniform Prudent Investor Act, tombstone ads, valorisation des options, délit d'initié, SIPC, wrap fee programs |
Comment utiliser ce cours
- Lis les chapitres dans l'ordre. Le chapitre 1 pose le vocabulaire dont tout le reste dépend.
- Fais les séries de quiz en bas de chaque chapitre tout de suite après la lecture. Les questions sont en anglais, comme le jour J ; les corrections sont en français et expliquent aussi pourquoi chaque mauvaise réponse est fausse.
- Révise avec les fiches, le glossaire et la page « Chiffres clés » : les délais et les seuils sont les points les plus faciles à gagner.
- Termine par les examens blancs : trois examens distincts de 65 questions, jamais vues dans les quiz, en 75 minutes, notés sur 60 avec le seuil de 43. Vise 80 % avant de réserver ta date.
Plan d'étude sur trois semaines
| Période | Travail | Durée |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Le jour 1, la vue « L'examen en pratique » pour la routine de lecture d'une question, puis les chapitres 1 à 3 (fondations, broker-dealers, agents) et leurs quiz | 2 h / jour |
| Jours 4 à 7 | Chapitres 4 à 7 (advisers, IAR, titres, remedies), un par jour, et leurs quiz | 2 h / jour |
| Jours 8 à 11 | Chapitres 8 et 9, les deux plus lourds : deux jours chacun, une section par séance, puis les séries de quiz | 2 h / jour |
| Jours 12 à 14 | Chiffres clés, fiches « non connues », glossaire ; refaire les séries ratées et la page « À retravailler » | 1 h 30 / jour |
| Jours 15 à 20 | Examens blancs A, B et C, un jour sur deux ; le lendemain, relire les sections sous 70 % | 1 h 15 + revue |
| Veille | Chiffres clés une dernière fois, la section « Le jour J » de la vue « L'examen en pratique », puis repos | 30 min |
L'examen est créé par la NASAA et administré par FINRA dans les centres Prometric. Aucun sponsor n'est requis et il n'y a pas de prérequis (ni SIE, ni Series 7). Le réussir ne donne pas à lui seul le droit d'exercer : il faut encore être enregistré dans chaque État concerné.
L'inscription, la fenêtre de 120 jours, le déroulement du jour J et les délais après un échec sont décrits dans la vue .
L'examen se passe dans un centre d'examen Prometric ; d'après la FAQ NASAA de 2025, l'examen en ligne surveillé n'est proposé que sur aménagement accordé (accommodation). Les frais et ces modalités peuvent changer : confirme-les sur nasaa.org (Exams → Series 63) et finra.org. Ce cours suit le plan d'examen NASAA en vigueur depuis le 12 juin 2023 et sa présentation officielle du 1er septembre 2023, ainsi que le Uniform Securities Act de 1956 amendé par la NASAA. Les chiffres fédéraux qui ont changé depuis (seuils du qualified client, plafond des cadeaux, règle du pattern day trader) sont signalés avec l'ancienne valeur, car les questions d'examen peuvent tarder à suivre.
La NASAA a publié depuis des textes plus récents que ceux du plan d'examen : une règle modèle sur les pratiques malhonnêtes des broker-dealers et des agents (7 avril 2025) et des versions du 4 mai 2026 des règles modèles des advisers (pratiques, registres). Ils ne sont pas au programme tant que le plan d'examen n'a pas changé : l'examen teste toujours les versions de 1983, 2011, 2013 et 2019 présentées ici. Vérifie sur nasaa.org qu'aucun nouveau plan n'a été publié avant ta date.
L'examen en pratique
Comment on s'inscrit, ce qui se passe au centre d'examen, comment lire une question NASAA, et à quels signes on reconnaît qu'on est prêt.
S'inscrire
- Avec une firme. Si tu es recruté par un broker-dealer, c'est lui qui t'inscrit en déposant ton Form U4 dans le système CRD. Tu n'as rien à faire toi-même.
- Sans firme. Tu ouvres toi-même une fenêtre d'examen par le Test Enrollment Services System (TESS) de FINRA, sur finra.org, et tu paies les frais ($147). Aucun prérequis : ni SIE, ni Series 7, ni parrainage.
- La fenêtre. Une fois la demande traitée, FINRA t'ouvre une fenêtre de 120 jours. Tu dois réserver ta date et passer l'examen à l'intérieur. Si elle expire, il faut se réinscrire et repayer.
- La réservation. Tu choisis un centre Prometric et un créneau sur le site de Prometric. Vérifie que le nom de l'inscription est exactement celui de ta pièce d'identité.
L'examen est en anglais et se passe dans un centre Prometric. L'examen en ligne n'est proposé que sur aménagement accordé : la FAQ de la NASAA le réserve aux candidats immunodéprimés exposés à un risque de maladie grave.
Si tu vis hors des États-Unis. La FAQ de la NASAA confirme que ses examens sont aussi donnés dans des centres situés hors des États-Unis, et renvoie au site de FINRA pour la liste des sites. FINRA précise que le déroulement y est, pour l'essentiel, le même qu'aux États-Unis, qu'un formulaire de consentement au traitement des données personnelles est à signer sur place, et qu'un supplément de $15 est facturé pour une session passée à l'étranger. La liste des villes change et n'est pas reprise ici : avant de payer l'inscription, vérifie sur le site de réservation de Prometric qu'un centre accessible pour toi propose bien la Series 63, et à quelles dates.
Le jour J
- Arrive 30 minutes avant l'heure du rendez-vous. Un retard de plus de 30 minutes peut faire perdre la session et les frais.
- Pièce d'identité : une pièce officielle en cours de validité, avec photo et signature (passeport, permis de conduire). Le nom doit correspondre exactement à celui de l'inscription.
- Effets personnels : tout va dans un casier, téléphone, montre, portefeuille et notes compris. On te demandera de montrer que tes poches sont vides. La salle est filmée.
- Fourni par le centre : une calculatrice simple à quatre opérations, des tablettes effaçables avec feutres pour les brouillons, un casque antibruit. Tu n'apportes ni calculatrice ni papier.
- Le temps : 75 minutes pour 65 questions. Le rendez-vous comprend en plus un bloc de 30 minutes pour le tutoriel informatique et l'enquête de fin de session : ce temps ne peut pas servir à l'épreuve et ne compte pas dans les 75 minutes. Une pause toilettes est possible, mais le chronomètre ne s'arrête pas.
- Pendant l'épreuve : une question à la fois ; tu peux marquer une question et y revenir ; tu peux changer une réponse tant que tu n'as pas terminé. Il n'y a pas de point négatif : ne laisse aucune question sans réponse.
- Le résultat s'affiche à l'écran peu après la fin, et un relevé imprimé t'est remis : réussite ou échec. En cas d'échec, tu reçois ton résultat par section, ce qui te dit quoi retravailler. Aucun diplôme n'est envoyé ensuite.
Réussite : l'examen reste valable 2 ans pour obtenir un enregistrement dans un État. Une fois enregistré, il reste valable tant que tu le restes. Rappelle-toi que la réussite ne donne pas le droit d'exercer : il faut une firme, un Form U4 et un enregistrement effectif dans chaque État.
Échec : 30 jours d'attente après le premier échec, 30 jours après le deuxième, 180 jours après le troisième et les suivants. Pour les fenêtres d'examen ouvertes à partir du 4 janvier 2027, ce dernier délai est ramené à 60 jours (troisième échec sur une période de deux ans). La règle suit la date d'ouverture de ta fenêtre d'examen, pas la date de l'échec : une fenêtre ouverte avant le 4 janvier 2027 reste soumise aux 180 jours. Chaque nouvelle tentative se paie. Source : FAQ de la NASAA.
Comment aborder une question NASAA
Les questions ne récompensent pas la vitesse de lecture, mais la précision. Presque toutes contiennent un mot qui décide de la réponse. Prends l'habitude de cette routine, sur chaque question des quiz, pour qu'elle soit automatique le jour J :
- Lis la dernière phrase en premier. C'est elle qui pose la question. Tu liras ensuite le scénario en sachant ce que tu cherches.
- Repère le mot qui inverse : EXCEPT, NOT, LEAST, false. Dans une question en EXCEPT, trois réponses sont vraies et tu cherches la fausse. Écris « V / F » sur ta tablette à côté de chaque lettre si nécessaire.
- Identifie qui est qui. Agent d'un broker-dealer ou d'un issuer ? Adviser d'État ou federal covered ? Client particulier ou institutionnel ? Avec ou sans bureau dans l'État ? La même situation change de réponse selon ces qualités.
- Identifie le texte visé. « Under the Uniform Securities Act » ou « under NASAA's Statement of Policy » appelle la règle d'État ; « under FINRA rules » ou « under Regulation Best Interest » appelle la règle fédérale. Quand les deux diffèrent (emprunt à un client, durée d'un retard de décaissement), c'est ce mot qui tranche. L'examen ne nomme pas toujours le texte exact : « under the Uniform Securities Act » peut viser la loi elle-même ou une règle modèle NASAA, et « pursuant to the Securities Exchange Act » peut viser une règle de la SEC. Ce cours indique la source de chaque règle pour que tu saches à quel niveau elle appartient.
- Réponds avant de lire les choix, de tête, puis cherche ta réponse parmi eux. Tu te laisseras moins séduire par un distracteur bien tourné.
- Élimine. Deux choix sont en général clairement faux. Entre les deux restants, méfie-toi des absolus (always, never, automatically, under any circumstances) : ils sont souvent faux, sauf pour l'antifraude et les garanties, où l'absolu est la règle.
Les questions à propositions I, II, III, IV
Elles donnent quatre affirmations numérotées, et les choix sont des combinaisons (« I and III only », « II, III and IV only »). Ne cherche pas la combinaison : juge chaque affirmation séparément, vraie ou fausse, puis regarde quelle combinaison correspond. Astuce : dès que tu es sûr qu'une affirmation est fausse, raye tous les choix qui la contiennent ; il n'en reste souvent qu'un ou deux.
Si tu débutes, tu comprendras le fond de cet exemple après le chapitre 5 ; retiens ici seulement la routine, c'est-à-dire l'ordre des cinq étapes.
« An investment adviser representative employed by a federal covered adviser has her only office in State A. She has 14 retail clients in State B, whom she advises by telephone. In State B, she: »
- Ce qu'on demande : son obligation dans l'État B.
- Qui est qui : une IAR ; son employeur est un federal covered adviser ; elle n'a pas de bureau en B.
- Le piège tendu : « 14 clients » fait penser au de minimis de 5 clients, donc à « must register ».
- La règle : pour l'IAR d'un federal covered adviser, on ne compte pas les clients ; elle ne s'enregistre que là où elle a un place of business.
- La réponse : elle n'a pas à s'enregistrer en B. Si l'énoncé avait dit « state-registered adviser », la réponse aurait été l'inverse.
Gérer les 75 minutes
- 75 minutes pour 65 questions : un peu moins de 70 secondes par question. Les questions de définition prennent 20 secondes ; garde ce temps pour les scénarios et les calculs.
- Repères : question 22 vers la 25e minute, question 44 vers la 50e. Si tu es en retard, accélère sur les définitions, pas sur les scénarios.
- Une question te bloque plus d'une minute et demie : choisis la réponse la plus probable, marque-la, avance. Tu y reviendras s'il reste du temps.
- Ne change une réponse à la relecture que si tu as trouvé une raison précise (un mot mal lu, une règle retrouvée). Un simple doute ne suffit pas.
- Cinq questions ne comptent pas, et tu ne sais pas lesquelles. Une question qui te semble étrange ou hors programme est peut-être l'une d'elles : ne te laisse pas déstabiliser.
- Pour les calculs (options, marge, SIPC), écris les données sur la tablette avant de calculer. Les erreurs viennent presque toujours d'une donnée oubliée (le facteur 100 d'un contrat d'option, le plafond des espèces de SIPC).
Comment savoir que tu es prêt
Le seuil réel est de 43 sur 60, soit 72 %. Vise plus haut à l'entraînement, parce que les questions réelles seront formulées autrement que celles que tu connais, et que le stress coûte quelques points.
| Signe | Ce qu'il faut observer |
|---|---|
| Examens blancs | Au moins 48 sur 60 (80 %) à deux examens blancs différents, faits en 75 minutes, sans consulter le cours |
| Aucune section faible | Pas de section sous 70 % dans le détail par section, en particulier Communications et Éthique, qui valent 27 questions sur 60 |
| Séries de quiz | Chaque série refaite à 80 % ou plus, en sachant dire pourquoi chaque mauvaise réponse est fausse |
| Chiffres | La page « Chiffres clés » récitée en cachant la colonne de gauche |
| Explication | Tu peux expliquer à voix haute, sans notes, les distinctions de la liste ci-dessous |
| Temps | Tu finis un examen blanc avec au moins 10 minutes d'avance |
Les distinctions à savoir expliquer sans hésiter. Cette liste est un contrôle de fin de parcours : si tu n'as pas encore lu le cours, ces mots te sont inconnus, et c'est normal. Reviens-y après le chapitre 9.
- exclusion et exemption ; exempt security et exempt transaction ;
- agent d'un broker-dealer et agent d'un issuer ;
- de minimis de l'adviser, et son absence pour le broker-dealer et l'agent ;
- registration et notice filing ; adviser d'État et federal covered adviser ; où s'enregistre l'IAR de chacun ;
- filing, coordination, qualification ;
- deny, suspend, revoke, cancel, withdraw ; cease and desist et injunction ;
- pénal et civil ; les deux cas de l'offre de rescission ;
- où une offre est faite et où elle est acceptée ;
- retail communication et correspondence ; contenu statique et interactif ;
- discrétion de l'agent et discrétion de l'adviser ; Reg BI et devoir fiduciaire ;
- ce que dit la liste NASAA et ce que dit FINRA sur l'emprunt à un client et sur les adultes vulnérables.
Ne refais pas tout de suite un autre examen. Ouvre la correction, classe tes erreurs en trois tas : règle que tu ne connaissais pas (relis la section), règle connue mais mal appliquée (refais l'exemple déroulé correspondant), question mal lue (applique la routine de lecture). Le troisième tas est souvent le plus gros, et c'est le plus facile à réduire.
Fondations : qui régule quoi
Presque chaque question de l'examen revient à : « cette personne ou ce produit entre-t-il dans la définition ? ». Maîtrise les définitions et la moitié du travail est fait. Ce chapitre n'est pas une section notée à part : ses notions sont testées dans les sections « Securities and Issuers » et « Remedies ».
Pourquoi ces lois existent
Au début du XXe siècle, n'importe qui pouvait vendre à un fermier du Kansas des actions d'une mine d'or imaginaire. Rien n'obligeait le vendeur à prouver que la mine existait, ni à dire ce qu'il gardait pour lui. Le Kansas a voté en 1911 la première loi imposant d'enregistrer les titres et les vendeurs auprès de l'État. On a appelé ces lois blue sky laws, parce qu'elles visaient les montages spéculatifs qui n'avaient, selon le mot d'un juge de la Cour suprême en 1917, « pas plus de fondement que quelques pieds de ciel bleu ». Les autres États ont suivi, chacun avec son texte.
Après le krach de 1929, le Congrès a ajouté un étage fédéral : le Securities Act de 1933 pour les émissions de titres, le Securities Exchange Act de 1934 pour les marchés et les intermédiaires, puis l'Investment Advisers Act de 1940 pour les conseillers. Les lois des États n'ont pas disparu pour autant. Un professionnel américain vit donc sous deux régulateurs à la fois : le régulateur fédéral et celui de chaque État où il travaille. La Series 63 porte sur le second, avec ce qu'il faut du premier pour comprendre où passe la frontière.
Comme chaque État avait écrit sa propre loi, un courtier actif dans vingt États devait connaître vingt textes. En 1956, une commission de juristes (la Uniform Law Commission) a rédigé une loi modèle, le Uniform Securities Act, que les États pouvaient reprendre. C'est ce texte, avec les ajouts de la NASAA, que l'examen teste : il ne te demandera jamais la règle particulière du Texas ou de la Californie.
Toute la loi repose sur trois outils. Garde-les en tête, parce que chaque chapitre du cours développe l'un d'eux :
- Enregistrer les personnes qui vendent des titres ou conseillent à leur sujet (chapitres 2 à 5). Le régulateur sait qui elles sont, vérifie leur passé et peut leur retirer le droit d'exercer.
- Enregistrer les titres offerts au public (chapitre 6). L'investisseur dispose d'une information vérifiable avant d'acheter.
- Interdire la fraude (chapitres 7 à 9). Cet outil-là s'applique à tout le monde et à tous les titres, y compris quand les deux premiers ne s'appliquent pas.
La personne protégée est l'investisseur ordinaire, celui qui n'a ni les moyens ni les connaissances pour enquêter lui-même. C'est pourquoi tu verras partout la même logique : plus l'acheteur est capable de se défendre seul (une banque, un assureur, un fonds de pension), moins la loi exige de formalités ; plus il est vulnérable, plus elle en exige. Quand tu hésites sur une question, demande-toi quelle réponse protège le mieux le petit investisseur : c'est souvent la bonne.
Les notions de marché à connaître
L'examen suppose que tu connais les produits et les acteurs. Voici le minimum, à lire une fois si tu n'as jamais travaillé dans la finance américaine.
Les produits
- Action (stock, share, equity) : une part de propriété d'une société (corporation). L'actionnaire touche un dividend si la société en verse, vote en assemblée, et gagne ou perd selon le cours. La common stock est l'action ordinaire ; la preferred stock donne un dividende fixe payé avant celui des actions ordinaires, en général sans droit de vote. La treasury stock est une action que la société a rachetée et détient elle-même.
- Obligation (bond) : un prêt fait à l'émetteur. Le porteur reçoit des intérêts (le coupon) et le remboursement du principal à l'échéance. Une debenture est une obligation de société sans garantie particulière ; une note est un titre de dette à échéance plus courte. Un municipal bond est émis par un État ou une collectivité locale ; les Treasury securities sont émises par l'État fédéral.
- Fonds (investment company) : une société qui réunit l'argent de nombreux investisseurs pour l'investir dans un portefeuille de titres. Le mutual fund (open-end investment company : « ouvert », parce qu'il crée des parts nouvelles à chaque souscription) émet et rachète ses parts chaque jour à leur valeur d'inventaire. Un closed-end fund émet un nombre fixe de parts, qui se négocient ensuite en bourse. Un exchange-traded fund (ETF) est un fonds dont les parts se négocient en bourse en cours de séance, comme une action ; il suit le plus souvent un indice. Un unit investment trust (UIT) est un fonds à portefeuille fixe, que personne ne gère après sa constitution. Les frais et les classes de parts sont expliqués au chapitre 9.
- Produits dérivés : une option donne le droit d'acheter (call) ou de vendre (put) un titre à un prix fixé pendant une durée limitée (chapitre 8). Un warrant est un droit de longue durée, émis par la société elle-même, d'acheter ses actions à un prix fixé. Un right (droit de souscription) est un droit de courte durée donné aux actionnaires existants pour souscrire à une nouvelle émission.
- Produits d'assurance : une annuity est un contrat par lequel un assureur verse une rente contre une prime. Dans la fixed annuity, l'assureur garantit le montant ; dans la variable annuity, le montant dépend de fonds choisis par le client. L'assurance vie classique existe en trois formes : whole life (vie entière, à prime et capital fixes), term life (assurance décès temporaire, limitée à une durée) et endowment (capital fixé, versé à une date donnée ou au décès). Dans les trois, c'est l'assureur qui porte le risque.
- Produits bancaires : le compte d'épargne et le certificate of deposit (CD), un dépôt à terme à taux fixe. Ils sont assurés par la FDIC, l'organisme fédéral de garantie des dépôts, dans la limite légale.
- Comptes de retraite : l'IRA (compte individuel), le 401(k) (plan d'entreprise) et le Keogh (plan des indépendants) sont des enveloppes fiscales. On y loge des titres, mais l'enveloppe n'est pas un titre. Le Roth IRA est un IRA alimenté par des versements déjà imposés, dont les retraits sont ensuite libres d'impôt. Un rollover est le transfert des avoirs d'un plan vers un autre, par exemple d'un 401(k) vers un IRA au moment de quitter un employeur.
- Sociétés de personnes : dans un partnership, des associés exploitent une affaire en commun. Dans un general partnership, tous gèrent et tous répondent des dettes. Dans un limited partnership, un general partner gère et répond des dettes sans limite, tandis que les limited partners apportent des capitaux, ne gèrent pas et ne risquent que leur mise. La part d'un limited partner est un placement passif : c'est ce qui en fera une security.
Les marchés
- Marché primaire : l'émetteur vend des titres neufs et encaisse l'argent. La première vente d'actions au public s'appelle une initial public offering (IPO). Les banques d'affaires qui organisent la vente sont les underwriters (chapitre 6).
- Marché secondaire : les investisseurs s'échangent des titres déjà émis, sur une bourse (exchange : NYSE, Nasdaq) ou de gré à gré (over-the-counter, OTC). L'émetteur ne reçoit rien.
Les intermédiaires
Deux métiers se partagent la clientèle, et la loi les traite différemment parce que leur rémunération ne crée pas les mêmes tentations.
- Le broker-dealer exécute des transactions. Quand il agit en broker, il trouve une contrepartie pour l'ordre du client et touche une commission. Quand il agit en dealer, il vend au client un titre qu'il possède (ou lui achète le sien) et gagne l'écart de prix, le markup ou markdown. Il est payé à l'opération : le risque est qu'il pousse à trop d'opérations.
- L'investment adviser vend du conseil. Il est payé par des honoraires, le plus souvent un pourcentage annuel des actifs qu'il gère. Il entretient une relation suivie avec le client : la loi lui impose un devoir fiduciaire, le plus exigeant qui soit.
Dans la pratique, la même firme a souvent les deux enregistrements, et la même personne peut être à la fois agent (pour la partie courtage) et IAR (pour la partie conseil). L'examen vérifie que tu sais quel chapeau elle porte dans la situation décrite.
Le cadre
- Uniform Securities Act (USA) : loi modèle, pas une loi fédérale. Chaque État l'adopte avec ses variantes. On appelle ces lois blue sky laws. L'examen teste la version de 1956 amendée par la NASAA.
- Administrator : le régulateur de l'État (parfois appelé Commissioner). C'est le personnage central de l'examen.
- NASAA : l'association des Administrators. Elle écrit l'examen, les model rules et les statements of policy, qui n'ont force de loi que là où un État les adopte.
- NSMIA (National Securities Markets Improvement Act, 1996) : loi fédérale qui a réparti les rôles entre SEC et États, et créé les federal covered securities et federal covered advisers.
| Texte fédéral | Objet | Où il intervient dans ce cours |
|---|---|---|
| Securities Act of 1933 | Enregistrement des offres publiques, prospectus | Ch. 6 : processus d'offre, Regulation D |
| Securities Exchange Act of 1934 | Marchés, broker-dealers, fraude, délit d'initié | Ch. 2, 8, 9 : § 15, § 28(e), règles 17a-3 et 17a-4, Regulation Best Interest |
| Investment Advisers Act of 1940 | Investment advisers | Ch. 4 : § 203, § 203A |
| Règles FINRA | Conduite des broker-dealers membres et de leurs représentants | Ch. 2, 3, 8, 9 |
Qui fait quoi
| Organisme | Nature | Rôle |
|---|---|---|
| SEC (Securities and Exchange Commission) | Agence fédérale, créée par l'Exchange Act de 1934 | Applique les lois fédérales sur les titres : enregistre les offres publiques, les broker-dealers et les grands advisers ; surveille les marchés et les SRO |
| FINRA (Financial Industry Regulatory Authority) | Organisme privé d'autorégulation (self-regulatory organization, SRO), sous contrôle de la SEC | Écrit et applique les règles de conduite des broker-dealers membres ; fait passer les examens (dont la Series 63, pour le compte de la NASAA) ; tient le système CRD et BrokerCheck |
| Administrator | Autorité de l'État | Applique la loi de son État : enregistre les firmes, les individus et les titres ; enquête ; sanctionne |
| NASAA (North American Securities Administrators Association) | Association des Administrators | Rédige les textes modèles et l'examen. Elle n'enregistre personne et ne sanctionne personne. |
| Federal Reserve Board | Banque centrale | Fixe le crédit que les broker-dealers peuvent accorder à leurs clients (Regulation T, chapitre 8) |
| CFTC | Agence fédérale | Régule les contrats à terme sur matières premières, qui ne sont pas des securities |
| SIPC | Organisme à but non lucratif financé par les broker-dealers | Protège les clients quand un broker-dealer fait défaut (chapitre 7) |
Le CRD (Central Registration Depository) est la base de données commune où sont déposés les formulaires d'enregistrement des broker-dealers et de leurs agents ; l'IARD est son équivalent pour les advisers. Un seul dépôt électronique sert à la SEC, à FINRA et aux États. BrokerCheck en est la vitrine publique.
NSMIA : comment le fédéral et les États se partagent le terrain
Jusqu'en 1996, une société qui lançait une offre nationale devait enregistrer ses titres à la SEC et dans chaque État, et un grand adviser subissait cinquante jeux de règles. Le Congrès a jugé ces doublons inutiles pour les acteurs déjà surveillés au niveau fédéral. NSMIA a donc retiré aux États trois pouvoirs principaux :
- exiger l'enregistrement des titres déjà couverts par le fédéral, les federal covered securities (titres cotés en bourse, parts de fonds, certains placements privés) ;
- exiger l'enregistrement des advisers enregistrés auprès de la SEC, les federal covered advisers ;
- imposer aux broker-dealers des exigences de capital, de marge et de registres différentes des exigences fédérales.
Ce que NSMIA a laissé aux États tient en une phrase qu'il faut savoir par cœur : l'État peut toujours exiger un notice filing et des frais (un simple dépôt d'information, sans autorisation à obtenir ; détail aux chapitres 4 et 6, où tu verras aussi que les titres cotés en sont dispensés), enregistrer les broker-dealers, les agents et les IAR, et surtout poursuivre la fraude, quel que soit le titre et quelle que soit la personne.
Karim, agent d'un broker-dealer à Denver (Colorado), vend à un retraité des actions d'une société cotée au NYSE en lui affirmant que le dividende est « garanti par l'État ».
- Le titre est coté : c'est une federal covered security. L'Administrator du Colorado ne peut pas exiger son enregistrement.
- Karim, lui, est un agent : il doit être enregistré au Colorado. NSMIA n'a rien changé pour les individus.
- L'affirmation est fausse et porte sur un fait important : c'est une fraude au sens de l'USA § 101, qui vise « tout titre ».
Conclusion : l'Administrator du Colorado ne peut rien dire sur l'enregistrement du titre, mais il peut sanctionner Karim et sa firme pour la fraude. « Federal covered » limite l'enregistrement, jamais l'antifraude.
Person
La loi dit sans cesse « any person ». Le mot ne désigne pas seulement un être humain : il couvre toute entité capable d'avoir des droits et des obligations. Quand la loi veut parler d'un être humain, elle dit individual. La nuance compte : un broker-dealer est une person (le plus souvent une société), alors qu'un agent est forcément un individual.
USA § 401(j) : une person est un individu, une corporation, un partnership, une association, une joint-stock company (forme ancienne de société par actions, dont les associés restent responsables des dettes), un trust dont les intérêts des bénéficiaires sont représentés par un titre, une organisation non constituée, un gouvernement ou une subdivision politique d'un gouvernement.
Les manuels et les banques de questions ajoutent que trois catégories ne sont pas des persons, faute de capacité à contracter : le mineur, le défunt et la personne déclarée mentalement incapable. Cette exclusion ne figure pas dans le texte de la loi. Retiens-la comme une convention : si une question demande qui n'est pas une person, c'est la réponse attendue.
Une grand-mère veut placer $10,000 au nom de son petit-fils de 12 ans. L'enfant, mineur, ne peut pas contracter : selon la convention d'examen, il n'est pas une person et ne peut pas ouvrir de compte ni donner d'ordre. La solution pratique est un compte de garde (custodial account) : un adulte, le custodian, détient le compte et passe les ordres pour le bénéfice de l'enfant. La person avec laquelle l'agent traite est le custodian. Même raisonnement pour une succession : le défunt n'est pas une person, mais son executor (l'exécuteur testamentaire) en est une.
Security
Tout le champ de la loi dépend de ce mot. Si le produit vendu est une security, il faut se demander s'il est enregistré, si le vendeur l'est, et l'antifraude de la loi sur les titres s'applique. Si ce n'en est pas une, l'Administrator n'a aucune compétence au titre de cette loi (d'autres lois, sur l'assurance ou la banque, prennent le relais). Les promoteurs ont donc toujours cherché à habiller leurs produits pour échapper à la définition, et la loi a répondu par une définition très large.
USA § 401(m) donne une liste (note, stock, treasury stock, bond, debenture, evidence of indebtedness, certificat de participation à un accord de partage des profits, collateral-trust certificate, preorganization certificate ou souscription, transferable share, investment contract, voting-trust certificate, certificat de dépôt d'un titre, certificats d'intérêts dans le pétrole, le gaz ou les mines) et inclut les warrants et droits de souscription portant sur ces titres. Pour les instruments atypiques, le test Howey (SEC v. W.J. Howey Co., 1946) définit l'investment contract avec quatre critères :
- un investissement d'argent,
- dans une entreprise commune (common enterprise),
- avec une attente de profit,
- provenant des efforts d'un tiers (promoteur, gérant).
Les options : la définition fédérale (Securities Act § 2(a)(1)) cite expressément les puts, calls, straddles et autres options sur un titre ou un indice de titres, ainsi que les options sur devises négociées sur une bourse nationale de valeurs. Les questions d'entraînement de la Series 63 appliquent cette lecture : une option cotée sur le franc suisse est une security ; la devise elle-même, achetée au comptant, n'en est pas une.
Les annuities indexées (fixed indexed ou equity-indexed annuities), dont le rendement suit un indice avec une garantie de capital, sont en principe traitées comme des produits d'assurance et non comme des securities, lorsqu'elles respectent les conditions fixées par la loi fédérale (amendement Harkin, Dodd-Frank Act de 2010, § 989J). Ne les confonds pas avec la variable annuity, qui est toujours une security.
La forme ne compte pas : des rangées d'orangers vendues avec un contrat d'exploitation, des parts de bétail ou de vignes gérés par un promoteur, sont des securities si l'investisseur reste passif. Aucun écrit n'est nécessaire.
L'affaire d'origine aide à retenir le test. La société Howey possédait des orangeraies en Floride et en vendait des parcelles aux clients de son hôtel, des touristes qui ne connaissaient rien à l'agriculture. Avec chaque parcelle, elle proposait un contrat de service : elle cultivait, récoltait, vendait les oranges et reversait une part du bénéfice. Howey soutenait qu'elle vendait de la terre, pas des titres. La Cour suprême a répondu que la réalité économique compte, pas l'étiquette : les acheteurs apportaient de l'argent, leurs fonds étaient mis en commun dans une même exploitation, ils espéraient un profit, et ce profit dépendait entièrement du travail de Howey. C'était un investment contract, donc une security, qui aurait dû être enregistrée.
Un promoteur de l'Oregon propose à Diane, dentiste à Seattle, d'acheter pour $40,000 dix rangs de vigne dans son domaine. Il s'occupe de tout : culture, vinification, vente. Diane recevra chaque année sa part du produit des ventes.
- Argent investi ? Oui : $40,000.
- Entreprise commune ? Oui : les rangs de tous les acheteurs sont exploités ensemble, et le sort de chacun dépend du succès du domaine.
- Attente de profit ? Oui : elle achète pour le revenu, pas pour boire le vin.
- Efforts d'un tiers ? Oui : Diane ne taille pas la vigne. Tout dépend du promoteur.
Conclusion : c'est une security. Le promoteur doit l'enregistrer (ou trouver une exemption), la personne qui la vend doit être enregistrée, et toute fausse promesse est une fraude sur titres.
Change un seul fait : Diane achète la parcelle, y passe ses week-ends, cultive et vend son raisin elle-même. Le quatrième critère tombe : c'est un achat immobilier, pas une security. Dans une question, cherche toujours qui travaille.
| Cas d'application | Qui fait le travail ? | Investment contract ? |
|---|---|---|
| Appartements de vacances vendus avec un pool locatif obligatoire géré par le promoteur | Le promoteur loue, encaisse et répartit | Oui |
| Parts d'un troupeau, d'un verger ou d'un vignoble exploité par le promoteur | Le promoteur | Oui |
| Limited partnership interest | Le general partner ; le limited partner est passif | Oui |
| Jeton numérique vendu au public avec la promesse que le travail des fondateurs lui donnera de la valeur | Les fondateurs | Oui |
| Franchise que l'acheteur exploite lui-même au quotidien | L'acheteur | Non |
| General partnership où chaque associé gère activement | Les associés eux-mêmes | Non, en principe |
La question à se poser est toujours la même : le profit attendu vient-il des efforts d'un tiers ? Si oui, c'est une security, soumise à l'enregistrement (sauf exemption) et à l'antifraude, quelle que soit sa forme ou sa technologie.
| Security | Pas une security |
|---|---|
| Stocks, treasury stock, bonds, debentures, notes | Fixed annuities, assurance vie whole life et term life, endowment policies |
| Variable annuities, variable life | Comptes de retraite (IRA, Keogh, 401k) en tant que tels |
| Options, warrants, rights sur des titres ou des indices de titres | Commodity futures, matières premières physiques |
| Limited partnership interests, investment contracts | Immobilier détenu en direct, condos habités |
| Whiskey warehouse receipts, intérêts dans du bétail ou des cultures gérés par un tiers | Objets de collection, métaux précieux, devises |
| Pre-organization certificates, intérêts pétrole/gaz/mines | Dépôts bancaires, CD (certificates of deposit) assurés |
Un whiskey warehouse receipt est un récépissé d'entrepôt représentant des fûts de whisky en cours de vieillissement, vendu comme placement : l'acheteur ne touchera jamais les fûts et compte sur le distillateur pour les faire vieillir et les revendre. C'est l'exemple classique d'un produit qui ne ressemble pas à un titre et qui en est un. Un pre-organization certificate est l'engagement de souscrire aux titres d'une société qui n'est pas encore constituée.
Une option sur un titre ou sur un indice de titres est une security. Un contrat à terme sur matières premières (commodity future) n'en est pas une : il relève de la CFTC. Et « variable » signifie toujours security ; « fixed » signifie produit d'assurance, parce que c'est l'assureur qui porte le risque.
La colonne de droite du tableau s'explique par une seule idée : qui porte le risque de placement ? Dans une rente fixe ou une assurance vie classique, l'assureur promet un montant et le doit quoi qu'il arrive sur les marchés ; le client n'a pas besoin de la protection de la loi sur les titres, celle du droit des assurances suffit. Dans une rente variable, les primes sont placées dans des fonds et le client reçoit ce que ces fonds valent : il porte le risque, comme un actionnaire. C'est une security, et celui qui la vend doit avoir à la fois une licence d'assurance et un enregistrement comme agent.
Même logique pour le reste de la colonne. Une once d'or, une maison, un tableau, des euros : leur valeur ne dépend pas du travail d'un promoteur. Un dépôt bancaire est protégé par l'assurance fédérale des dépôts (FDIC). Un compte de retraite est une enveloppe : l'IRA n'est pas une security, mais l'action logée dans l'IRA en est une.
- Un agent d'assurance vend une variable annuity sans être enregistré comme agent, en disant qu'« une rente est un produit d'assurance ». Violation Le mot « variable » en fait une security.
- Un marchand vend des pièces d'or livrées au client. Pas une security Métal précieux physique ; aucun tiers ne travaille pour créer le profit.
- Le même marchand vend des « certificats de participation » dans un programme où il achète et revend de l'or pour le compte des souscripteurs et partage les gains. Security Argent, entreprise commune, profit attendu, efforts du marchand : investment contract.
- Une société remet à un fondateur, avant sa constitution, un certificat lui donnant droit à des actions futures. Security Le pre-organization certificate figure dans la liste.
- Un client achète un contrat à terme sur le blé. Pas une security Commodity future, compétence de la CFTC. Une option sur ce contrat à terme n'en est pas une non plus, puisque le sous-jacent n'est pas un titre.
Offer et sale
L'enregistrement et l'antifraude se déclenchent dès qu'il y a une offer ou une sale. Les deux définitions tournent autour des mêmes mots : contre valeur (for value). Sans contrepartie, il n'y a ni offre ni vente : un vrai cadeau n'est pas réglementé. Mais la loi sait que les promoteurs déguisent des ventes en cadeaux, et elle requalifie les faux cadeaux. Retiens aussi qu'une offre suffit : un agent non enregistré qui propose un titre viole la loi même si le prospect refuse.
- Sale : tout contrat de vente ou toute cession d'une security contre valeur (USA § 401(k)(1)).
- Offer : toute tentative de céder, ou sollicitation d'une offre d'achat, contre valeur.
- Une security remise en bonus avec un achat (de titres ou de n'importe quoi d'autre) est réputée offerte et vendue contre valeur.
- Un prétendu don d'assessable stock (action pour laquelle l'émetteur peut réclamer de l'argent plus tard) est une offer et une sale.
- Vendre ou offrir un warrant, un right ou un titre convertible, c'est aussi offrir le titre sous-jacent.
- Ne sont pas des sales : un nantissement ou un prêt de bonne foi (bona fide pledge or loan), un stock dividend sans contrepartie, les actes liés à un vote des actionnaires sur une fusion ou une reclassification, une réorganisation approuvée en justice.
Quelques explications sur ces cas. Une assessable stock est une action que la société peut « rappeler » : elle a le droit d'exiger plus tard un versement supplémentaire de l'actionnaire. Celui qui la reçoit en cadeau reçoit donc une dette potentielle ; la loi traite ce don comme une vente pour que le bénéficiaire ait les mêmes protections qu'un acheteur. Un stock dividend est un dividende payé en actions nouvelles au lieu d'argent : l'actionnaire ne paie rien et ne décide rien, il n'y a pas de vente. Un pledge est un nantissement : le client remet ses titres à une banque en garantie d'un prêt ; la propriété ne change pas de mains.
Un concessionnaire automobile de Phoenix annonce : « Pour tout véhicule acheté ce mois-ci, dix actions de notre société mère offertes. »
- Les actions sont des securities.
- Sont-elles données « contre valeur » ? Le client ne les obtient qu'en achetant une voiture. La loi répond que le titre remis en bonus fait partie de l'objet de l'achat : il est offert et vendu contre valeur.
- Il y a donc une offer et une sale de titres. Les actions doivent être enregistrées ou exemptées, et le concessionnaire, qui distribue des titres, doit se demander s'il agit comme agent de l'émetteur.
Compare avec un grand-père qui donne à sa petite-fille, pour son anniversaire, cent actions ordinaires qu'il possède : aucun paiement, aucune condition, titre non assessable. Ce n'est ni une offer ni une sale.
- Une société verse à ses actionnaires un dividende de 5 % en actions nouvelles. Pas une sale Stock dividend sans contrepartie.
- Un émetteur vend des obligations auxquelles est attaché un warrant donnant droit à des actions. Deux offres L'obligation et le warrant sont vendus, et l'action sous-jacente est offerte du même coup.
- Un client remet 500 actions à sa banque en garantie d'un prêt personnel. Pas une sale Bona fide pledge. Si le client ne rembourse pas et que la banque vend les actions, cette vente-là est une sale (exemptée : voir « pledgee », chapitre 6).
- Deux sociétés fusionnent après un vote de leurs actionnaires, qui reçoivent des actions de la nouvelle entité. Pas une sale Acte lié à un vote de classe sur une fusion.
- Une start-up « offre » des actions à quiconque lui apporte trois nouveaux clients. Sale Le service rendu est une contrepartie : il y a valeur.
Quand l'Administrator est-il compétent ?
D'abord, ce qu'est un « State » au sens de la loi (USA § 401) : tout État, territoire ou possession des États-Unis, le District of Columbia et Porto Rico. Une province canadienne n'en est pas un.
Un agent de Chicago appelle un client en Floride : quel État peut le sanctionner s'il ment ? La loi ne retient ni la nationalité ni la résidence des parties. Elle regarde le trajet de l'offre : d'où elle part, où elle arrive, et où l'acceptation est reçue. Chaque État touché par ce trajet est compétent, parce que chacun a un intérêt à agir : l'État de départ ne veut pas servir de base à des vendeurs douteux, l'État d'arrivée veut protéger ceux qui se trouvent chez lui.
USA § 414. La loi d'un État s'applique quand une offre de vente y est faite, ou quand une offre d'achat y est faite et acceptée.
- Une offre est faite dans un État quand elle en provient (originates), ou quand elle y est dirigée par l'offrant et reçue à l'endroit visé. Aucune des parties n'a besoin de s'y trouver physiquement.
- Une offre est acceptée dans l'État où l'acceptation est communiquée à l'offrant, pas dans celui d'où elle est postée.
- Plusieurs Administrators peuvent donc être compétents pour la même transaction.
Un agent en État A appelle une cliente, résidente de l'État B, dans sa maison de vacances de l'État C. L'offre provient de A, elle est dirigée vers C et reçue en C : les Administrators de A et de C sont compétents. Celui de B ne l'est pas pour cette offre, car rien n'a été dirigé vers B. Si l'agent avait écrit au domicile de la cliente en B, ce serait A et B.
Nora, agent à Columbus (Ohio), envoie par courrier une offre de vente à Paul, à son domicile d'Indianapolis (Indiana). Paul emporte la lettre en voyage, la signe à Nashville (Tennessee) et la poste de là-bas. Nora la reçoit à son bureau de Columbus.
- Où l'offre est-elle faite ? Elle provient de l'Ohio et elle est dirigée vers l'Indiana, où elle est reçue : Ohio et Indiana.
- Où l'offre est-elle acceptée ? Là où l'acceptation est communiquée à l'offrant : dans l'Ohio, au bureau de Nora. Le Tennessee n'est que la boîte aux lettres.
- Qui est compétent ? Les Administrators de l'Ohio et de l'Indiana. Celui du Tennessee ne l'est pas : rien n'y a été dirigé par Nora, et l'acceptation n'y a pas été reçue.
Méthode pour l'examen : trace une flèche pour l'offre (départ, arrivée), puis une flèche pour l'acceptation et ne retiens que sa pointe. Les États touchés sont compétents ; les lieux de résidence ou de passage qui ne sont touchés par aucune flèche ne le sont pas.
Conséquence pratique pour toi : puisqu'une offre est « faite » dans l'État où elle est reçue, l'agent qui téléphone à un prospect dans un autre État y fait une offre, et doit y être enregistré avant d'appeler (chapitre 3). Et si l'offre contient un mensonge, les deux États peuvent agir chacun de leur côté, sans que l'un attende l'autre.
Il n'y a pas d'offre dans l'État quand la publicité paraît dans un journal de diffusion générale qui n'y est pas publié, ni quand le journal y est publié mais a eu plus des 2/3 de sa diffusion hors de l'État sur les douze derniers mois, ni quand une émission de radio ou de télévision provient d'un autre État.
Exemple : un journal publié en X dont 70 % de la diffusion se fait en Y. Pas d'offre en Y (il n'y est pas publié), et pas d'offre en X (plus des 2/3 hors de X). Réponse : aucun des deux.
La raison de cette exception : l'annonceur ne maîtrise pas la diffusion d'un journal ou d'une chaîne. Sans elle, une publicité parue dans un quotidien national serait une offre dans cinquante États, et l'émetteur devrait s'enregistrer partout avant de publier. L'exception ne protège que l'annonce elle-même : si un lecteur d'un autre État répond et que l'agent le rappelle pour lui proposer le titre, cet appel est une offre ordinaire, dirigée vers l'État du lecteur.
Consent to service of process : tout demandeur d'enregistrement désigne de façon irrévocable l'Administrator pour recevoir à sa place les actes de procédure non pénale. Celui qui agit dans l'État sans l'avoir déposé est réputé l'avoir fait (§ 414(h)).
Pourquoi ce document ? Pour engager un procès, il faut remettre officiellement l'assignation au défendeur (service of process). Un client lésé de l'Iowa aurait du mal à faire signifier un acte à une firme installée à New York, ou à un vendeur qui a quitté l'État. Grâce au consent, il suffit de remettre l'acte à l'Administrator de l'Iowa, et la firme est réputée l'avoir reçu. Le consent ne vaut que pour les procédures civiles et administratives, pas pour les poursuites pénales.
Les quatre professionnels
| Firme | Individu | |
|---|---|---|
| Exécute des transactions | Broker-dealer (BD) | Agent |
| Donne du conseil rémunéré | Investment adviser (IA) | Investment adviser representative (IAR) |
Et l'issuer : toute person qui émet ou propose d'émettre une security. Une transaction issuer profite à l'émetteur (marché primaire) ; une transaction non-issuer ne profite ni directement ni indirectement à l'émetteur : elle se fait entre investisseurs (marché secondaire).
Le tableau se lit dans les deux sens. En ligne : le courtage d'un côté, le conseil de l'autre. En colonne : la firme, qui porte la responsabilité et les obligations financières, et l'individu, qui parle au client. La règle de vocabulaire est stricte : un agent et un IAR sont toujours des individus ; un broker-dealer et un investment adviser sont des persons, presque toujours des sociétés, parfois un individu qui exerce en son nom propre (sole proprietor). Un individu ne peut donc pas être « à la fois le broker-dealer et son agent » au sens de la loi : s'il est lui-même la firme, il est broker-dealer.
À Boston, la société Harbor Securities exécute des ordres de bourse pour ses clients : c'est un broker-dealer. Marc, son salarié, prend les ordres au téléphone et touche une part des commissions : c'est un agent. En face, Summit Wealth gère des portefeuilles contre 1 % des actifs par an : c'est un investment adviser. Léa, qui y construit les portefeuilles et reçoit les clients, est une IAR. La réceptionniste de Summit, qui prend les rendez-vous, n'est rien de tout cela.
La société BioNova, qui émet pour la première fois des actions afin de financer un laboratoire, est un issuer. Quand Marc vend ces actions neuves pour le compte de BioNova, la transaction est issuer : l'argent va à BioNova. Six mois plus tard, quand une cliente de Marc revend ses actions BioNova en bourse à un inconnu, la transaction est non-issuer : BioNova ne touche rien.
La distinction issuer / non-issuer revient souvent au chapitre 6 : plusieurs exemptions ne valent que pour les transactions non-issuer, parce qu'une revente entre investisseurs présente moins de risque qu'une levée de fonds par un émetteur qui a tout intérêt à embellir sa situation.
Exclusion, exemption : deux mots, deux effets
C'est la distinction la plus rentable de l'examen. Les deux mots aboutissent au même résultat pratique (pas d'enregistrement), mais par deux chemins. Une exclusion opère au niveau de la définition : la loi dit « ceci n'est pas un broker-dealer », « ceci n'est pas une security ». Une exemption opère au niveau de l'obligation : la loi dit « ceci est bien une security, mais nous n'exigeons pas qu'elle soit enregistrée ». Les questions jouent sur la formulation : « is not defined as », « is excluded from the definition » d'un côté ; « is exempt from registration », « need not register » de l'autre.
| Exclusion (exception) | Exemption | |
|---|---|---|
| Sens | La personne ou le produit n'entre pas dans la définition | La définition s'applique, mais l'enregistrement n'est pas exigé |
| Exemples | Une banque n'est pas un broker-dealer ; une rente fixe n'est pas une security | Un titre municipal est une security exemptée ; un adviser sans bureau dans l'État avec cinq clients est exempté d'enregistrement |
| Antifraude | Peut encore s'appliquer : § 101 vise toute personne et tout titre ; § 102 vise quiconque est payé pour conseiller | S'applique toujours |
| Preuve | Dans les deux cas, la charge de la preuve pèse sur celui qui invoque l'exclusion ou l'exemption (§ 402(d)) | |
Trois acteurs vendent des titres à des clients du Nevada sans y être enregistrés comme broker-dealer.
- Une banque de Las Vegas achète et vend des obligations pour ses clients. La définition du broker-dealer dit expressément qu'une bank n'en est pas un. Exclusion : la question de l'enregistrement ne se pose même pas.
- Un broker-dealer de l'Utah, sans bureau au Nevada, n'y a pour clients que deux compagnies d'assurance. La loi le sort de la définition tant qu'il n'a pas de place of business dans l'État et ne traite qu'avec des institutions. Exclusion là encore.
- Un broker-dealer de l'Utah, sans bureau au Nevada, y a pour clients trois particuliers résidents. Il entre dans la définition, et aucune exemption n'existe pour lui. Il doit s'enregistrer au Nevada.
Maintenant, la banque de Las Vegas ment à un client sur la notation d'une obligation. Elle est exclue de la définition du broker-dealer, mais l'USA § 101 vise « any person » : l'Administrator peut agir pour fraude.
La méthode en quatre questions
Devant une situation d'examen, pose toujours les mêmes questions, dans cet ordre :
- Est-ce une security ? Sinon, la loi ne s'applique pas.
- La personne entre-t-elle dans une définition (broker-dealer, agent, investment adviser, IAR) ? Cherche les exclusions.
- Une exemption d'enregistrement s'applique-t-elle, à la personne, au titre ou à la transaction ?
- Y a-t-il tromperie ? L'antifraude s'applique quelles que soient les réponses aux questions 2 et 3.
- L'USA est une loi modèle d'État ; l'Administrator l'applique ; la NASAA écrit les textes modèles et l'examen, sans pouvoir propre.
- NSMIA retire aux États l'enregistrement des federal covered securities et des federal covered advisers, jamais l'antifraude.
- Person : toute entité juridique. Convention d'examen : pas le mineur, le défunt, l'incapable.
- Security : la liste, plus tout investment contract (Howey : argent, entreprise commune, profit attendu, efforts d'un tiers). « Variable » = security ; « fixed », commodity, immobilier en direct, IRA = pas une security.
- Offer et sale supposent une valeur. Bonus = vente ; don d'assessable stock = vente ; stock dividend, pledge, fusion votée = pas une vente.
- Compétence : État d'où l'offre part, État où elle est dirigée et reçue, État où l'acceptation est communiquée à l'offrant. Journal publié ailleurs, ou diffusé à plus des 2/3 hors de l'État, radio et télévision venues d'ailleurs : pas d'offre.
- Exclusion : hors de la définition. Exemption : dans la définition, sans enregistrement. Antifraude : toujours.
Quiz du chapitre
Broker-Dealers
Une person (firme, ou individu en nom propre) dont le métier est d'exécuter des transactions sur titres, pour le compte d'autrui (broker) ou pour son propre compte (dealer). USA § 401(c).
Ce qu'est un broker-dealer, et pourquoi on l'enregistre
Le broker-dealer est la firme par laquelle passe l'argent de l'investisseur. Elle ouvre le compte, reçoit les fonds, exécute les ordres, conserve les titres et envoie les relevés. Le client lui confie donc deux choses : son patrimoine, et sa confiance dans le fait que l'ordre sera exécuté honnêtement. Les dangers sont de trois sortes : la firme peut faire faillite avec les actifs des clients, un de ses vendeurs peut voler ou tromper, et la firme peut pousser ses clients à des opérations qui l'enrichissent, elle.
L'enregistrement répond à chacun de ces dangers. Il permet au régulateur de vérifier le passé de la firme et de ses dirigeants avant qu'elle n'ouvre, de lui imposer des exigences financières (un matelas de capital), d'exiger qu'elle surveille ses agents, et de lui retirer le droit d'exercer si elle abuse. Une firme non enregistrée échappe à tout cela : c'est pourquoi exercer sans enregistrement est une violation en soi, même si aucun client n'a perdu un dollar.
Broker ou dealer : deux façons d'exécuter le même ordre
La même firme peut tenir deux rôles, et doit dire au client lequel elle a tenu dans chaque opération (sa capacity, indiquée sur la confirmation).
Une cliente veut acheter 100 actions Delta Tools.
- En agency (broker). La firme trouve un vendeur sur le marché à $50.00 l'action. La cliente paie 100 × $50 = $5,000 au vendeur, et une commission de $40 à la firme. Coût total : $5,040. La firme n'a jamais possédé les actions.
- En principal (dealer). La firme possède déjà ces actions dans son stock (inventory), alors que le marché les cote $50.00. Elle les vend à la cliente à $50.40. Les $0.40 par action sont son markup, soit $40 au total. Coût total : $5,040, sans commission.
Le coût est le même, mais le conflit d'intérêts diffère : en principal, la firme est la contrepartie de sa cliente et gagne d'autant plus qu'elle vend cher. Une firme ne peut pas facturer à la fois un markup et une commission sur la même opération. Quand elle achète un titre à un client pour son stock, l'écart s'appelle un markdown. Une firme qui affiche en permanence un prix d'achat et un prix de vente sur un titre est un market maker.
Deux autres termes que tu croiseras. Une introducing firm tient la relation avec le client mais confie l'exécution, le règlement et la garde des titres à une clearing firm (ou carrying firm), qui détient réellement les actifs ; l'accord entre les deux est l'arrangement de clearing déclaré sur le Form BD. Et un place of business est un bureau, ou tout lieu présenté au public comme tel (par exemple une adresse sur une carte de visite) ; la définition écrite vient de la règle SEC sur les IAR, voir chapitre 5.
Qui n'est pas un broker-dealer
La définition est large : toute person dont le métier est de faire des transactions sur titres. La loi en retire ensuite cinq catégories. Pour chacune, demande-toi pourquoi : soit la personne est déjà régulée ailleurs, soit elle est régulée sous un autre nom, soit ses clients n'ont pas besoin de la protection de cet État.
- Les agents (ce sont des individus qui représentent la firme).
- Les issuers.
- Les banks, savings institutions, trust companies.
- Une firme sans place of business dans l'État qui y traite exclusivement avec : les issuers des titres concernés, d'autres BD, ou des institutions financières (banques, assureurs, investment companies, fonds de pension, autres acheteurs institutionnels).
- Une firme sans place of business dans l'État, licenciée dans l'État où elle a son bureau, qui traite avec un client existant dont la résidence n'est pas dans l'État : le client en vacances, le « snowbird » (§ 401(c)(4)(B)).
Les trois premières lignes sont des exclusions de statut. L'agent est un individu, régulé comme agent. L'issuer qui vend ses propres titres est régulé par l'enregistrement de ces titres. La banque est surveillée par les régulateurs bancaires. Les deux dernières lignes sont des exclusions de situation, et ce sont elles que l'examen teste. Elles ont deux conditions cumulatives : l'absence de bureau dans l'État, et un certain type de client. L'idée est que l'État n'a pas à enregistrer une firme lointaine qui ne touche, chez lui, que des professionnels capables de se défendre, ou un visiteur qui est déjà protégé par son État d'origine.
Granite Brokerage est enregistrée dans le Vermont, où se trouve son seul bureau. Doit-elle s'enregistrer dans le New Hampshire ? Tout dépend de qui elle y sert.
- Ses seuls clients du New Hampshire sont un fonds de pension et deux banques. Pas de bureau, clients institutionnels uniquement : elle n'est pas un broker-dealer au sens de la loi du New Hampshire. Pas d'enregistrement.
- Elle y ajoute un seul particulier résident, M. Ortiz. Elle ne traite plus « exclusivement » avec des institutions. Elle entre dans la définition et doit s'enregistrer. Il n'existe aucun seuil de tolérance : un client particulier suffit.
- Mme Lin, cliente de longue date du Vermont, passe deux semaines de ski dans le New Hampshire et appelle de là-bas pour vendre des actions. Granite n'a pas de bureau dans l'État, Mme Lin est une cliente existante et n'y réside pas : pas d'enregistrement.
- Mme Lin s'installe définitivement dans le New Hampshire. Elle y a désormais sa résidence : l'exclusion tombe, Granite doit s'enregistrer pour continuer à la servir.
- Granite ouvre un petit bureau à Concord (New Hampshire) et n'y reçoit que des assureurs. Elle a un place of business dans l'État : elle s'enregistre, même sans aucun client particulier.
L'ordre des questions à se poser est donc : la firme a-t-elle un bureau dans l'État ? Si oui, enregistrement, fin du raisonnement. Sinon : a-t-elle dans l'État un client qui n'est ni une institution, ni un issuer, ni un autre broker-dealer, ni un client existant de passage ? Si oui, enregistrement.
- Il n'y a pas de règle de minimis pour les broker-dealers. Les « 5 clients » ne concernent que les investment advisers. Un seul client particulier résident de l'État suffit à exiger l'enregistrement.
- Avec un bureau dans l'État, la firme s'enregistre, même si tous ses clients sont des institutions.
- Vendre uniquement des titres exemptés n'exempte pas la firme.
L'exclusion du client existant vise celui « whose residence is not in this state ». Si le client devient résident de l'État, l'exclusion ne joue plus : la firme doit y être enregistrée pour continuer à le servir. Certains manuels citent un délai de 30 jours pour déposer la demande ; ce délai ne figure pas dans l'Act de 1956 amendé par la NASAA, seul testé (l'Act de 2002, non testé, prévoit de son côté 45 jours). À l'examen, retiens la règle : client de passage, pas d'enregistrement ; client devenu résident, enregistrement. Si une question propose « must register » contre « may continue indefinitely », la première est la bonne. Pour l'individu (l'agent), une disposition fédérale prévoit en revanche des délais précis : voir le chapitre 3.
Deux niveaux d'enregistrement
Un broker-dealer qui fait des affaires au-delà d'un seul État, c'est-à-dire presque tous, s'enregistre d'abord au niveau fédéral, puis dans chaque État où il exerce. Les deux enregistrements ne font pas double emploi. Le fédéral contrôle la solidité financière et les règles de marché, par la SEC et par FINRA dont la firme doit devenir membre. L'État contrôle qui vend à ses résidents. Le même formulaire, le Form BD, sert aux deux : la firme le dépose une fois dans le CRD et coche les États voulus.
| Fédéral (Exchange Act § 15) | État (USA § 201 à 204) | |
|---|---|---|
| Auprès de | SEC, plus adhésion à un SRO (FINRA) et à SIPC | L'Administrator de chaque État où la firme exerce |
| Formulaire | Form BD, déposé une seule fois dans le système CRD, qui sert à la SEC, aux SRO et aux États | |
| Prise d'effet | Sur décision de la SEC : dans les 45 jours du dépôt, elle accorde l'enregistrement ou ouvre une procédure de refus (Exchange Act § 15(b)(1)) | Midi du 30e jour après le dépôt, sauf ordre de refus ou procédure en cours |
| Retrait | Form BDW : effectif le 60e jour | Form BDW : effectif après 30 jours ; compétence de l'Administrator pendant 1 an |
| Durée | Continue | Expire le 31 décembre, sauf renouvellement |
L'enregistrement fédéral ne remplace pas l'enregistrement d'État. NSMIA limite seulement ce que l'État peut exiger (voir plus bas). Une personne frappée d'une statutory disqualification (certaines condamnations, injonctions, exclusions) ne peut pas s'associer à un membre sans autorisation.
Lakeshore Securities dépose sa demande complète auprès de l'Administrator du Michigan le 3 mars.
- Si l'Administrator ne fait rien, l'enregistrement prend effet à midi le 30e jour après le dépôt : le 2 avril à midi. Le silence vaut acceptation.
- Le 20 mars, la firme dépose un amendement pour corriger le nom d'un dirigeant. L'Administrator peut reporter l'effet à midi le 30e jour après cet amendement : le 19 avril.
- L'Administrator peut aussi, s'il a fini son examen, ordonner un effet plus rapide ; ou ouvrir une procédure de refus, qui bloque l'effet automatique.
- L'enregistrement obtenu en avril expire le 31 décembre de la même année, comme tous les autres. La firme le renouvelle en payant les frais avant cette date. Une firme enregistrée le 1er décembre renouvelle elle aussi au 31 décembre.
Trois ans plus tard, Lakeshore cesse son activité et dépose un Form BDW le 1er juin. Le retrait prend effet 30 jours après, sauf si une procédure est en cours ou engagée dans ces 30 jours. Une fois le retrait effectif, l'Administrator garde pendant 1 an le pouvoir d'ouvrir une procédure de révocation ou de suspension pour des faits antérieurs : se retirer ne permet pas d'échapper à une sanction.
Form BD
- Contenu : forme juridique, propriétaires directs et indirects, personnes de contrôle, types d'activité, arrangements de clearing, antécédents pénaux, réglementaires, civils et financiers de la firme et de ses affiliés de contrôle.
- Toute information devenue inexacte est corrigée promptly (sans délai, sans nombre de jours fixé par la loi ; le mot est expliqué au chapitre 3) par un amendement (USA § 203(d)) ; les règles de dépôt fixent 30 jours.
- Il n'y figure aucune donnée sur les clients.
La demande auprès de l'État
- Demande, frais de dépôt, et consent to service of process : il désigne l'Administrator comme mandataire pour recevoir les actes de procédure non pénale. Il est irrévocable, se dépose une fois et n'a pas à être renouvelé.
- L'Administrator peut exiger la publication d'une annonce de la demande dans des journaux de l'État.
- Il peut fixer une date d'effet plus proche, ou la reporter à midi du 30e jour après un amendement.
- L'enregistrement du BD vaut enregistrement automatique comme agents de ses partners, officers et directors qui exercent des fonctions d'agent.
- Firme successeur (réorganisation, changement de forme) : demande déposée pour le reste de l'année, sans frais.
- Frais impayés : l'Administrator ne peut prononcer qu'un refus, levé dès la régularisation.
- Retrait sous enquête : si une procédure est en cours ou engagée dans les 30 jours, le retrait prend effet au moment et aux conditions fixés par l'Administrator.
Qualification et examens
- L'Administrator peut imposer un examen écrit, oral ou les deux à toute catégorie de candidats, et en dispenser.
- Le manque de qualification ne peut être retenu que contre le BD lui-même (s'il est un individu) ou contre ses agents, pas contre un associé ou un administrateur qui ne fait qu'apporter du capital.
- Un BD n'est pas automatiquement qualifié comme investment adviser : l'Administrator peut conditionner son enregistrement à l'absence d'activité de conseil.
Exigences financières et registres : la limite fédérale
Exchange Act § 15 (issu de NSMIA) : pour un BD enregistré à la SEC, un État ne peut imposer aucune exigence de capital, de custody, de marge, de responsabilité financière, de registres, de bond ou de rapports financiers qui diffère du fédéral ou s'y ajoute.
Quelques définitions avant la liste. Le net capital est le matelas de sécurité de la firme : ses actifs liquides moins ses dettes, calculé selon une formule de la SEC. Il garantit qu'une firme en difficulté peut encore rendre leurs actifs à ses clients. Un surety bond est une caution : une compagnie d'assurance s'engage à indemniser les clients, jusqu'à un montant fixé, si la firme leur cause un dommage. La custody est le fait de détenir les fonds ou les titres des clients ; la discretion est le pouvoir de décider des opérations à leur place. Ce sont les deux situations où un professionnel peut le plus facilement nuire, d'où l'exigence d'une garantie.
Après une faillite retentissante, l'Administrator d'un État envisage trois mesures pour les broker-dealers enregistrés à la SEC : (1) un net capital supérieur de 20 % au minimum fédéral ; (2) la conservation de tous les e-mails pendant dix ans ; (3) une inspection sans préavis des registres des firmes installées dans l'État.
- Mesure 1 : interdite. Une exigence de capital qui dépasse le niveau fédéral est préemptée.
- Mesure 2 : interdite. Les registres et leur durée de conservation sont ceux des règles SEC 17a-3 et 17a-4 ; l'État ne peut ni en ajouter ni allonger les durées.
- Mesure 3 : permise. Examiner les registres existants n'est pas en exiger de nouveaux ; l'Administrator peut le faire à tout moment, sans subpoena.
À l'examen, la tournure à repérer est « exceed », « in addition to » ou « differ from » les exigences fédérales : la réponse est que l'État ne le peut pas.
- Net capital : au plus le niveau fédéral.
- Surety bond : exigible des BD (et agents, et advisers) qui ont custody ou discrétion ; un dépôt de cash ou de titres est toujours accepté à la place ; aucun bond si le net capital dépasse le montant fixé par l'Administrator.
- Registres : ceux des règles SEC 17a-3 et 17a-4, détaillés au chapitre 8. L'État ne peut pas exiger davantage.
- L'Administrator peut examiner les registres à tout moment, dans l'État ou en dehors, sans subpoena, et coopérer avec la SEC et les autres États pour éviter les doublons (§ 203(e)).
Ce que l'État conserve : l'enregistrement de la firme et de ses agents, les frais, les examens, le pouvoir antifraude et les sanctions.
Supervision : FINRA Rule 3110
Chaque firme doit établir et maintenir un système de supervision raisonnablement conçu pour assurer le respect des lois et des règles. La norme est le caractère raisonnable, pas le résultat.
Pourquoi la supervision est-elle au programme d'un examen d'agent ? Parce que le régulateur ne peut pas se tenir derrière chaque vendeur. Il délègue donc ce contrôle à la firme : c'est elle qui doit lire les e-mails, relire les ordres, repérer le compte qui tourne trop vite. Un principal est un cadre qui a passé un examen de supervision et qui signe pour la firme : il approuve les nouveaux comptes, la publicité, les comptes d'options. Tu auras toujours un principal désigné au-dessus de toi, et beaucoup de règles des chapitres 8 et 9 se résument à « pas sans l'approbation d'un principal ».
- Written supervisory procedures (WSP), tenues à jour et disponibles dans chaque bureau de supervision.
- Des principals enregistrés désignés comme responsables ; chaque représentant est rattaché à un superviseur.
- Office of supervisory jurisdiction (OSJ) : bureau où se font l'exécution des ordres, la tenue de marché, la garde des fonds et titres, l'approbation des nouveaux comptes, la revue des ordres, l'approbation de la publicité ou la supervision d'autres bureaux.
- Inspections internes : chaque OSJ et chaque succursale qui supervise d'autres sites, au moins une fois par an ; les succursales non superviseuses, au moins tous les 3 ans ; les autres sites, selon un calendrier périodique régulier. Rapport écrit conservé.
- Annual compliance meeting : chaque représentant et principal participe au moins une fois par an à un entretien ou une réunion de conformité.
- Revue par un principal des transactions et de la correspondance entrante et sortante, écrite et électronique.
- Vérification de la réputation, des qualifications et de l'expérience des candidats avant de demander leur enregistrement (dont la consultation de leur Form U5 antérieur).
USA § 204(a)(2)(J) : le défaut de supervision raisonnable des agents est un motif de sanction contre la firme, même si elle n'a pas commis la faute elle-même. À l'inverse, l'Administrator ne peut pas sanctionner la firme du seul fait qu'un agent a violé la loi : si elle avait des procédures raisonnables et les appliquait réellement, elle n'a pas manqué à son devoir.
Un agent fait tourner le compte d'une retraitée : quarante opérations en trois mois, qui lui rapportent $9,000 de commissions. L'Administrator sanctionne l'agent. Peut-il sanctionner aussi la firme ?
- Firme A. Elle a un manuel de procédures, mais personne ne lit les rapports d'activité : le principal désigné supervise quatre-vingts agents et signe sans regarder. Les signaux (fréquence des ordres, commissions rapportées à la taille du compte) étaient visibles. Le système n'était pas raisonnablement appliqué : failure to supervise, la firme est sanctionnable.
- Firme B. Son principal revoit chaque mois les comptes les plus actifs. L'agent avait réparti les opérations sur de faux comptes pour passer sous les seuils d'alerte, et le principal a signalé l'anomalie dès qu'elle est apparue. La firme avait des procédures raisonnables et les suivait : la violation de l'agent ne suffit pas à la sanctionner.
La question d'examen type propose « the firm is automatically liable for any violation by its agents » : c'est faux. Elle propose aussi « the firm cannot be sanctioned because it did not commit the violation » : c'est faux également. La bonne réponse parle de supervision raisonnable.
Vendre des titres dans une banque
NASAA, Model Rules for Sales of Securities at Financial Institutions (1998). Elles s'appliquent au BD qui exerce dans les locaux d'une institution financière où des dépôts de particuliers sont reçus (networking arrangement). Le risque visé : que le client croie acheter un produit bancaire assuré.
Pour comprendre la règle, il faut connaître la FDIC (Federal Deposit Insurance Corporation) : cet organisme fédéral assure les dépôts bancaires, de sorte qu'un déposant ne perd rien si sa banque fait faillite, dans la limite d'un plafond. Un client qui entre dans sa banque associe donc le lieu à la sécurité. Si, à côté du guichet, un vendeur lui propose un fonds d'actions, il risque de croire que ce fonds est aussi sûr que son livret. Toutes les règles ci-dessous servent à casser cette confusion.
- Lieu : autant que possible physiquement distinct de la zone de dépôts ; le nom du BD est clairement affiché.
- Accord écrit entre le BD et l'institution, fixant les responsabilités et la rémunération, et donnant accès aux superviseurs du BD et aux autorités d'État pour inspection.
- À l'ouverture du compte au plus tard, mentions orales et écrites : les titres ne sont pas assurés par la FDIC ; ce ne sont ni des dépôts ni des obligations de l'institution, qui ne les garantit pas ; ils comportent un risque, y compris de perte du principal. Le BD fait des efforts raisonnables pour obtenir un accusé de réception écrit du client.
- Publicité : mêmes mentions, ou le format court Not FDIC Insured · No Bank Guarantee · May Lose Value.
- Confirmations et relevés indiquent clairement que le service est fourni par le BD.
- Le BD prévient l'institution si un de ses agents, employé de celle-ci, est licencié pour faute.
Un employé de la banque qui n'est pas enregistré ne peut ni recommander ni prendre d'ordres ; le droit bancaire fédéral ne tolère qu'une rémunération nominale et fixe pour l'orientation d'un client, sans lien avec une transaction.
- L'agent du broker-dealer reçoit ses clients à un bureau situé entre deux guichets, sous l'enseigne de la banque, sans mention du nom de sa firme. Non conforme L'espace doit être distinct de la zone de dépôts autant que possible, et le nom du broker-dealer clairement affiché.
- À l'ouverture du compte, l'agent dit à voix haute que les titres ne sont pas assurés par la FDIC et peuvent perdre de la valeur, sans rien remettre par écrit. Insuffisant Les mentions sont orales et écrites.
- Une guichetière non enregistrée dit à un client : « Vous devriez mettre ce chèque dans le fonds de croissance, il rapporte bien plus. » Violation Elle recommande un titre sans être enregistrée. Elle peut seulement orienter le client vers l'agent.
- La même guichetière reçoit $20 pour chaque client qu'elle adresse à l'agent, que le client achète ou non. Toléré Rémunération nominale, fixe, sans lien avec une transaction.
- La brochure d'un fonds vendu dans l'agence porte la mention « Not FDIC Insured · No Bank Guarantee · May Lose Value ». Conforme C'est le format court admis en publicité.
Broker-dealers canadiens : l'enregistrement limité
USA § 201-A. Un BD résident au Canada, sans bureau ni présence physique dans l'État, peut obtenir un enregistrement limité pour servir :
- une personne venue du Canada, temporairement résidente, avec laquelle il avait une relation de courtage avant son entrée aux États-Unis ;
- une personne venue du Canada, résidente de l'État, pour son compte de retraite canadien autogéré à avantage fiscal.
Conditions : demande sur le formulaire de sa juridiction d'origine, consent to service of process, enregistrement en règle au Canada, adhésion à un SRO ou une bourse du Canada. Effet le 30e jour. Il informe ses clients qu'il n'est pas soumis à l'ensemble de la loi ; il n'est tenu que par l'antifraude et par cette section. Ses agents suivent le même régime.
La raison de ce régime : beaucoup de Canadiens passent l'hiver ou travaillent quelques années aux États-Unis en gardant au Canada leur courtier et leur compte de retraite (un REER, l'équivalent canadien de l'IRA). Sans cette disposition, leur courtier canadien violerait la loi de l'État à chaque appel. L'enregistrement limité lui permet de continuer à servir ces clients-là, et eux seulement.
- Une retraitée de Montréal passe quatre mois en Floride et appelle son courtier de Toronto, qui a un enregistrement limité en Floride, pour vendre des actions. Permis Résidente temporaire, relation antérieure à son entrée aux États-Unis.
- Un ingénieur canadien installé au Texas veut que le même courtier arbitre les fonds de son compte de retraite canadien. Permis Compte de retraite canadien autogéré d'un résident venu du Canada.
- Le voisin américain de l'ingénieur, séduit, veut ouvrir un compte chez ce courtier. Interdit L'enregistrement limité ne couvre aucun autre client : il faudrait un enregistrement complet.
- Le courtier de Toronto ouvre un bureau saisonnier à Miami. Interdit Le régime suppose l'absence de bureau et de présence physique dans l'État.
- Broker-dealer : une person dont le métier est de faire des transactions sur titres, pour autrui (commission) ou pour elle-même (markup).
- Exclus : agents, issuers, banques ; firme sans bureau dans l'État qui n'y sert que des institutions, des issuers ou d'autres BD ; firme sans bureau qui y sert un client existant non résident.
- Aucun de minimis : un bureau dans l'État, ou un seul client particulier résident, impose l'enregistrement.
- SEC et État se cumulent. Form BD dans le CRD ; effet à midi le 30e jour ; expiration le 31 décembre ; retrait effectif après 30 jours, compétence pendant 1 an.
- L'État ne peut rien exiger au-delà du fédéral en capital, marge, registres et rapports ; il peut examiner les registres à tout moment.
- Supervision (FINRA 3110) : système raisonnable, WSP, principals, inspection annuelle des OSJ, tous les 3 ans pour les succursales non superviseuses, réunion de conformité annuelle. La firme répond du défaut de supervision, pas automatiquement de la faute de l'agent.
- Dans une banque : lieu distinct, accord écrit, trois mentions orales et écrites (pas assuré par la FDIC, pas garanti par la banque, risque de perte).
- BD canadien : enregistrement limité, sans bureau, pour le résident temporaire déjà client et pour le compte de retraite canadien.
Quiz du chapitre
Agents of Broker-Dealers
C'est toi. Un agent est un individu, autre qu'un broker-dealer, qui représente un broker-dealer ou un issuer pour effectuer ou tenter d'effectuer des achats ou des ventes de titres. USA § 401(b).
Pourquoi enregistrer l'individu, et pas seulement la firme
Le client ne parle pas à « la firme » : il parle à une personne, qui lui recommande un titre, prend son ordre et parfois décide pour lui. C'est cette personne qui peut mentir, voler ou pousser à la vente. La loi veut donc connaître chaque individu qui se place entre un investisseur et un titre : son passé pénal et professionnel, ses compétences (d'où l'examen que tu prépares), et la firme qui répond de lui. L'enregistrement donne aussi à l'Administrator un levier simple : retirer à l'individu le droit de travailler.
Un point de vocabulaire. La loi des États dit agent. FINRA et le droit fédéral disent registered representative ou associated person pour la même personne ; on l'appelle aussi stockbroker ou account executive. À l'examen, ces mots désignent tous le vendeur individuel rattaché à un broker-dealer. Et « agent » a ici un sens légal précis : cela n'a rien à voir avec le fait que la firme agisse « en agency » dans une transaction.
La définition tient en trois éléments : un individu ; qui représente un broker-dealer ou un issuer ; pour effectuer ou tenter d'effectuer des transactions sur titres. Le troisième élément est le plus large : la tentative suffit. Celui qui sollicite sans rien vendre est déjà un agent. Ni le titre du poste, ni le mode de rémunération, ni le temps de travail ne comptent : ce qui compte est la fonction.
Agent d'un broker-dealer
Pour celui qui représente un broker-dealer, la règle est sans nuance : s'il participe à la vente, il est agent, quel que soit le titre vendu et quel que soit l'acheteur. Seule réserve : si la firme elle-même n'est pas un broker-dealer dans l'État (pas de bureau dans l'État, et clients institutionnels seulement ou client existant de passage, voir chapitre 2), son représentant n'y est pas un agent, puisque la loi définit l'agent comme celui qui représente « a broker-dealer or issuer » (USA § 401(b)).
- Quiconque vend pour un BD est un agent, même si les titres ou les transactions sont exemptés.
- Le personnel administratif n'est pas agent, sauf s'il prend des ordres, sollicite des comptes, relaie des recommandations ou reçoit une rémunération liée aux ventes.
- Un partner, officer ou director n'est agent que s'il entre par ailleurs dans la définition : celui qui vend ou sollicite l'est, celui qui se contente de siéger au conseil ne l'est pas.
- Il est illégal pour un BD ou un issuer d'employer un agent non enregistré (§ 201(b)).
- Il n'existe aucun de minimis pour les agents.
- Une assistante tape le courrier, classe les dossiers et répond au téléphone pour dire que l'agent rappellera. Pas agent Fonctions purement administratives.
- La même assistante, un jour où l'agent est absent, note l'ordre d'achat d'un client et le saisit. Agent Elle a pris un ordre : elle effectue une transaction. Sans enregistrement, elle viole la loi, et la firme aussi.
- Un salarié au salaire fixe, sans aucune commission, appelle des prospects pour leur proposer d'ouvrir un compte. Agent Solliciter, c'est tenter d'effectuer des transactions ; l'absence de commission n'y change rien.
- Un administrateur de la firme siège au conseil quatre fois par an et n'a aucun contact avec les clients. Pas agent Le titre de director ne suffit pas.
- Le président de la firme appelle lui-même trois gros clients pour leur recommander une émission. Agent Il vend. Son enregistrement est toutefois automatique avec celui de la firme (chapitre 2).
- Un agent d'un broker-dealer enregistré dans l'État ne vend que des obligations du Trésor américain, à des banques uniquement. Agent Titre exempté, acheteur institutionnel : peu importe, il représente un broker-dealer de cet État.
- Le représentant d'une firme qui n'a aucun bureau dans l'État et n'y traite qu'avec des banques et des assureurs. Pas agent dans cet État Sa firme n'y est pas un broker-dealer (USA § 401(c)) : il ne représente donc ni un broker-dealer ni un issuer au sens de la loi de cet État.
- Un étudiant en stage d'été distribue des brochures dans un salon et recueille les coordonnées des visiteurs intéressés, contre une prime par compte ouvert. Agent Rémunération liée aux ventes et sollicitation de comptes.
Agent d'un issuer
Une société peut vendre ses propres titres sans passer par un broker-dealer : ses salariés démarchent directement les investisseurs. Ces salariés « représentent un issuer pour effectuer des transactions » : ils sont en principe des agents, et doivent s'enregistrer. Mais la loi a jugé que, dans certaines situations peu risquées, cet enregistrement était inutile. Elle retire alors l'individu de la définition (c'est une exclusion, pas une exemption).
L'individu qui représente un issuer n'est pas un agent quand il effectue des transactions :
- sur l'une de ces cinq exempt securities : titres du gouvernement US, des États et des municipalités ; titres du Canada et des gouvernements étrangers reconnus ; titres de banques, savings institutions et trust companies ; commercial paper exempté ; investment contracts de plans d'avantages aux employés ;
- dans une exempt transaction (§ 402(b)), c'est-à-dire une vente dispensée d'enregistrement à cause de ses circonstances (liste au chapitre 6) ;
- sur certaines federal covered securities : ventes à des qualified purchasers (investisseurs très fortunés ou institutionnels, catégorie définie au niveau fédéral) et placements privés sous Rule 506 (chapitre 6) ;
- avec les employés, partners ou directors de l'issuer, si aucune commission ni rémunération n'est versée pour la sollicitation.
Dès que tu lis « receives a commission » dans une question sur un employé d'issuer qui vend aux employés, la réponse penche vers « doit s'enregistrer comme agent ».
La liste des exempt securities qui sortent le représentant d'un issuer de la définition est plus courte que la liste complète des exempt securities. Les titres d'une compagnie d'assurance, d'une public utility ou d'un organisme sans but lucratif sont exemptés d'enregistrement, mais celui qui les vend au public pour l'issuer reste un agent.
Dans chaque cas, l'individu est salarié de l'émetteur et vend les titres de son employeur. Aucun broker-dealer n'intervient.
- Ana travaille au service financier de la ville de Tucson et place les obligations de la ville auprès d'habitants. Le titre est un municipal bond, l'une des cinq exempt securities de la liste courte. Ana n'est pas un agent.
- Ben est salarié d'une compagnie d'assurance et vend au public les actions de cette compagnie. Ces actions sont bien des exempt securities, mais elles ne figurent pas dans la liste courte. La vente au public n'est pas une exempt transaction. Ben est un agent et doit s'enregistrer.
- Chloé, du service du personnel d'un fabricant, propose aux salariés de souscrire au plan d'actionnariat. Elle touche son salaire habituel, rien de plus. Transactions avec les employés de l'issuer, sans rémunération pour la sollicitation : elle n'est pas un agent.
- David fait le même travail que Chloé, mais reçoit une prime de $25 par salarié qui souscrit. La prime est une rémunération liée à la sollicitation : David est un agent.
Et si Ben vendait les mêmes actions uniquement à des banques et à des fonds de pension ? La vente à un investisseur institutionnel est une exempt transaction : il sortirait de la définition. Le raisonnement suit toujours cet ordre : quel titre (liste courte) ? quelle transaction (exemptée) ? quels acheteurs (employés, sans commission) ? Si aucune des trois portes ne s'ouvre, c'est un agent.
| Représente un broker-dealer | Représente un issuer | |
|---|---|---|
| Principe | Toujours agent s'il vend ou sollicite | Agent, sauf dans les cas listés |
| Vend un titre exempté | Agent | Pas agent si le titre est l'un des cinq de la liste courte ; agent sinon |
| Vend dans une exempt transaction | Agent | Pas agent |
| Vend aux employés de l'issuer | Agent | Pas agent s'il ne touche aucune commission ; agent s'il en touche une |
| Qui l'emploie sans enregistrement viole la loi | Le broker-dealer | L'issuer |
Enregistrement : Form U4
Tu ne t'enregistres pas seul. C'est la firme qui dépose pour toi le Form U4 dans le CRD, après avoir vérifié ton passé, et qui paie les frais de chaque État demandé. Le formulaire est une déclaration sous ta responsabilité : tu réponds à une série de questions sur tes antécédents, et tu t'engages à le tenir à jour. La logique est celle de tout le droit des titres : on ne t'interdit pas d'avoir un passé, on t'interdit de le cacher. Le contenu du Form U4 alimente BrokerCheck, que n'importe quel client peut consulter.
- Form U4 (Uniform Application for Securities Industry Registration or Transfer), déposé par la firme dans le système CRD. Contenu : identité, 5 ans d'historique de résidence, 10 ans d'historique d'emploi, examens, États demandés, et les questions de divulgation : poursuites et condamnations pénales, sanctions réglementaires, injonctions et litiges civils, plaintes de clients et arbitrages, licenciements pour faute, faillites, jugements et privilèges impayés. Empreintes digitales.
- Fenêtres des questions de divulgation, piège classique : tout felony, condamnation ou simple inculpation, sans limite de temps (« Have you ever… »), ainsi que les misdemeanors liés aux placements ou à la fraude ; faillites et concordats avec les créanciers des 10 dernières années ; jugements et privilèges (liens) tant qu'ils sont impayés. Ne confonds pas avec le motif de refus de l'USA § 204, limité aux condamnations des 10 dernières années : un felony vieux de 15 ans se déclare sur le Form U4, mais n'est plus à lui seul un motif légal de refus.
- Mise à jour : toute information devenue inexacte se corrige promptly (USA § 203(d)) ; les règles de dépôt fixent 30 jours, ramenés à 10 jours pour un événement entraînant une disqualification statutaire.
- Une fausse déclaration sur le Form U4 est un motif de refus ou de révocation (§ 204(a)(2)(A)) et une violation en soi (§ 404).
- Form U5 à la fin de la relation : déposé par la firme dans les 30 jours, avec copie à l'intéressé.
- Effet à midi le 30e jour, expiration le 31 décembre, consent to service of process, frais : mêmes règles que pour le BD.
- L'Administrator peut exiger un bond d'un agent qui a custody ou discrétion sur les fonds ou titres de clients.
Trois mots de droit pénal américain reviennent dans ces questions. Un felony est une infraction grave, en général punissable de plus d'un an de prison. Un misdemeanor est une infraction moins grave. Être charged (inculpé) n'est pas être convicted (condamné) : le Form U4 demande les deux pour les felonies. Un lien est un privilège : le droit d'un créancier (souvent le fisc) sur les biens d'un débiteur tant que la dette n'est pas payée.
Julien est recruté comme agent. Dans son passé : (a) une condamnation pour felony, des coups et blessures, il y a 14 ans ; (b) un misdemeanor pour tapage il y a 3 ans ; (c) une faillite personnelle il y a 6 ans ; (d) un privilège fiscal de $4,000, soldé l'an dernier.
- Sur le Form U4. (a) Oui : tout felony se déclare, sans limite de temps, même sans rapport avec la finance. (b) Non : un misdemeanor ne se déclare que s'il touche aux placements, à la fraude ou à des faits de ce type. (c) Oui : faillite dans les 10 dernières années. (d) Non : le privilège est payé ; seuls les jugements et privilèges encore impayés se déclarent.
- Devant l'Administrator. Le felony a plus de 10 ans : ce n'est plus, à lui seul, un motif légal de refus (USA § 204). Le misdemeanor pour tapage n'a aucun lien avec les titres : pas un motif non plus.
- Si Julien cache le felony. La fausse déclaration devient elle-même le problème : demande fausse sur un point important, motif de refus ou de révocation, et violation autonome de la loi.
Deux ans plus tard, un client engage un arbitrage contre Julien pour une vente qu'il juge abusive. C'est un événement à déclarer : le Form U4 doit être amendé dans les 30 jours. Si Julien était condamné pour un vol, événement entraînant une disqualification statutaire, le délai tomberait à 10 jours.
À la fin de la relation, quelle qu'en soit la cause (démission, licenciement, retraite), la firme dépose un Form U5 qui indique le motif du départ. Ce motif suit l'agent : la prochaine firme le lira avant de l'embaucher. C'est pour cela que l'agent en reçoit une copie, et qu'il peut contester une mention qu'il juge inexacte.
Examens
- En pratique : SIE, un examen de représentant FINRA (Series 7 ou Series 6), et la Series 63 (ou la Series 66).
- Réussir la Series 63 ne donne pas le droit d'exercer : il faut que l'enregistrement soit effectif dans chaque État concerné.
- Validité : selon la règle modèle NASAA, l'examen doit avoir été réussi dans les 2 ans précédant la demande, sauf si l'individu a été enregistré dans un État au cours des 2 dernières années ou participe à un programme de maintien de validité.
- L'agent supervisé par un BD enregistré n'a pas à présenter les mêmes qualifications qu'un BD ; le manque d'expérience seul ne justifie pas un refus.
Chaque examen a son objet. Le SIE (Securities Industry Essentials) vérifie les connaissances générales et peut se passer sans firme. La Series 7 (tous produits) ou la Series 6 (fonds et rentes variables) sont les examens de représentant de FINRA : ils portent sur les produits et les règles fédérales, et exigent d'être parrainé par une firme. La Series 63 porte sur le droit des États. La Series 65 est l'examen des IAR, et la Series 66 combine les Series 63 et 65 pour ceux qui ont déjà la Series 7.
Inès réussit la Series 7 en avril et la Series 63 le 10 mai. Sa firme, enregistrée en Géorgie et en Floride, dépose son Form U4 le 12 mai en demandant la Géorgie.
- Le 11 mai, Inès peut-elle appeler un prospect d'Atlanta ? Non. L'examen est une condition de l'enregistrement, pas l'enregistrement.
- Le 20 mai, l'Administrator de Géorgie rend l'enregistrement effectif. Inès peut solliciter en Géorgie.
- Le 25 mai, un prospect de Floride l'appelle après avoir vu une publicité. Peut-elle lui recommander un titre ? Non : elle n'est pas enregistrée en Floride, même si sa firme l'est. La firme doit demander la Floride sur son Form U4 et attendre l'effet.
- Si Inès quitte le métier en juin et veut y revenir trois ans plus tard, sa Series 63 n'est plus valable : plus de 2 ans sans enregistrement. Elle la repasse.
Où l'agent doit-il être enregistré ?
Dans chaque État où il effectue ou tente d'effectuer des transactions : celui d'où il appelle, et celui vers lequel son offre est dirigée et où elle est reçue (§ 414). Appeler un prospect dans un État où l'on n'est pas enregistré est une violation, même sans vente.
Exchange Act § 15(i)(3)-(4), « de minimis transactions by associated persons » (numéroté § 15(h)(2)-(3) à l'origine ; c'est ce numéro que cite l'USA 1956 amendé § 401(b)(2), qui exclut ce représentant de la définition d'agent). Un État ne peut pas interdire à un agent d'effectuer une transaction pour un client existant qui se trouve dans un État où l'agent n'est pas enregistré, si : l'agent est enregistré auprès de FINRA et d'au moins un État et n'est pas inéligible ; il est enregistré dans un État où le client résidait, ou dans lequel le client a séjourné au moins 30 jours consécutifs, dans l'année écoulée ; sa firme est enregistrée dans l'État en question ; le client a un compte chez la firme depuis 30 jours et est attribué à cet agent depuis 14 jours.
À l'examen, la version simple suffit le plus souvent : un agent peut servir un client existant de passage dans un État où il n'est pas enregistré ; il ne peut pas y solliciter de nouveaux clients.
Si le client séjourne dans l'autre État 30 jours consécutifs ou plus, ou y transfère sa résidence, l'agent doit déposer une demande d'enregistrement dans cet État dans les 10 jours ouvrables suivant la transaction ou la découverte du séjour ou du déménagement, la date la plus tardive étant retenue ; la demande en cours le couvre ensuite pendant 60 jours au plus.
Le principe est strict parce qu'il protège la compétence de chaque État sur ce qui se passe chez lui. L'exception fédérale existe pour une raison pratique : les clients voyagent. Sans elle, un agent devrait refuser l'ordre de vente d'une cliente de dix ans parce qu'elle l'appelle d'un hôtel dans un État où il n'est pas enregistré. Mais l'exception est étroite : elle couvre un client déjà acquis, jamais la prospection.
Tom est agent à Denver, enregistré au Colorado seulement. Sa firme est enregistrée au Colorado et en Arizona. Mme Reyes, résidente du Colorado, est sa cliente depuis deux ans.
- En février, elle passe trois semaines à Phoenix et appelle Tom pour acheter des actions. Tom est enregistré auprès de FINRA et d'un État ; sa firme est enregistrée en Arizona ; le compte a plus de 30 jours et lui est attribué depuis plus de 14 jours ; le séjour dure moins de 30 jours. Tom peut exécuter l'ordre.
- Pendant ce séjour, la voisine de Mme Reyes à Phoenix, résidente de l'Arizona, demande à Tom de lui ouvrir un compte. Ce n'est pas une cliente existante : Tom ne peut rien lui proposer avant d'être enregistré en Arizona.
- En mai, Mme Reyes s'installe définitivement à Phoenix. Tom l'apprend le 6 mai. Pour continuer à la servir, il doit déposer une demande d'enregistrement en Arizona dans les 10 jours ouvrables. Une fois la demande déposée, il peut exécuter ses ordres pendant qu'elle est instruite, 60 jours au plus, ou jusqu'à un refus.
- Si la firme de Tom n'était pas enregistrée en Arizona, l'exception ne jouerait pas du tout : c'est l'une de ses conditions.
- Un agent enregistré en Oregon envoie un e-mail de prospection à cinquante habitants de l'Idaho, où il n'est pas enregistré. Personne ne répond. Violation L'offre a été dirigée vers l'Idaho et reçue : il y a tenté d'effectuer des transactions.
- Un agent enregistré dans l'État A et l'État B, depuis son bureau de A, appelle un client résident de B. Permis Il est enregistré aux deux bouts du trajet de l'offre.
- Un agent enregistré seulement dans l'État où il a son bureau ne vend que des titres exemptés à des résidents de l'État voisin. Violation L'exemption du titre ne dispense pas l'agent d'un broker-dealer de s'enregistrer.
- Un agent passe ses vacances dans un État où il n'est pas enregistré et, depuis la plage, appelle un client résident de son propre État pour lui proposer un titre. Compétence des deux États L'offre provient de l'État des vacances et elle est dirigée vers l'État du client : les deux Administrators sont compétents. Selon la lettre du § 414, l'agent devrait donc être enregistré dans les deux. C'est le piège de l'origine de l'offre.
Rattachement à la firme
Un agent n'existe pas seul. Son enregistrement est toujours celui de « l'agent de telle firme », parce que c'est la firme qui le supervise et qui répond de lui. La licence n'est donc pas un diplôme qu'on emporte : elle ne vit que tant que le lien avec une firme enregistrée existe.
- L'enregistrement de l'agent n'a pas d'effet pendant toute période où il n'est pas rattaché à un BD enregistré ou à un issuer. Sans firme, ou si la firme perd son enregistrement, plus de licence active.
- Double rattachement à deux BD sans lien entre eux : seulement si l'Administrator l'autorise par règle ou par ordre.
- L'enregistrement est personnel : il ne se transfère pas à un autre individu.
Sofia, agent chez Alder Securities, démissionne le vendredi 14 mars pour rejoindre Birch Capital le lundi 17.
- Du 14 au 17 mars, elle n'est rattachée à aucune firme. Son enregistrement n'a pas d'effet : elle ne peut ni prendre un ordre ni appeler un client, même « pour dépanner ».
- Qui prévient l'Administrator ? Trois notifications, promptly : Sofia, Alder (qui dépose aussi le Form U5 dans les 30 jours) et Birch (qui dépose un nouveau Form U4).
- Ses anciens clients restent des clients d'Alder tant qu'ils n'ont pas eux-mêmes demandé le transfert de leur compte. Leurs informations personnelles sont protégées par Regulation S-P (chapitre 8) : Sofia ne peut pas partir avec les dossiers sans y être autorisée.
- Peut-elle rester rattachée aux deux firmes pendant la transition ? Seulement si l'Administrator l'autorise, par règle ou par ordre.
Autre situation : la firme de Sofia voit son propre enregistrement révoqué. Tous ses agents perdent du même coup l'effet de leur enregistrement, sans avoir rien fait de mal. Ils doivent se rattacher à une autre firme enregistrée pour retravailler.
Qui prévient l'Administrator quand un agent arrive ou part ?
| Situation | Qui notifie (promptly) |
|---|---|
| L'agent rejoint, quitte ou est licencié d'un BD ou d'un issuer | L'agent et le BD ou l'issuer |
| L'agent passe du BD A au BD B | Les trois : l'agent, A et B |
| Pour comparaison : IAR d'un adviser enregistré auprès de l'État | La firme seule |
| Pour comparaison : IAR d'un federal covered adviser | L'IAR seul |
Pour l'agent, la règle est celle du « tout le monde prévient » : l'Administrator ne se fie à aucune des parties pour connaître à tout moment qui travaille pour qui. Le mot promptly revient dans toute la loi : il signifie sans délai, sans que le texte fixe un nombre de jours. Quand une question propose « promptly » contre un délai chiffré inventé, « promptly » est en général la bonne réponse pour une notification à l'Administrator.
Comptes chez un autre broker-dealer : FINRA Rule 3210
Une firme surveille les opérations de ses propres salariés : un agent qui achète pour lui juste avant de recommander le titre à ses clients, ou qui négocie sur une information confidentielle, se voit dans les registres. Mais si l'agent ouvre son compte personnel chez un concurrent, son employeur ne voit plus rien. La Rule 3210 ferme cette porte : pas de compte ailleurs sans que l'employeur le sache et puisse recevoir les relevés.
- Avant d'ouvrir un compte permettant des transactions sur titres chez un autre membre ou une autre institution financière, l'associé obtient le consentement écrit préalable de son employeur.
- Il notifie par écrit la firme exécutante de son association avec un membre.
- Sur demande écrite de l'employeur, la firme exécutante transmet les duplicatas des confirmations et relevés.
- Compte ouvert avant l'embauche : consentement écrit de l'employeur dans les 30 jours calendaires.
- L'associé est présumé avoir un intérêt dans les comptes de son conjoint, de ses enfants à charge et des proches dont il contrôle le compte.
- Un agent ouvre un compte chez un courtier en ligne et prévient son employeur par e-mail la semaine suivante. Violation Le consentement écrit de l'employeur est préalable à l'ouverture.
- Une agent nouvellement embauchée a depuis cinq ans un compte chez un autre courtier. Elle obtient le consentement écrit de sa nouvelle firme trois semaines après son arrivée et informe l'autre courtier. Conforme Compte antérieur à l'embauche : 30 jours calendaires.
- L'épouse d'un agent ouvre un compte à son seul nom chez un autre courtier ; l'agent estime que cela ne le concerne pas. Violation Il est présumé avoir un intérêt dans le compte de son conjoint : la règle s'applique.
- Un agent ouvre un compte chèques dans une banque, sans possibilité d'y traiter des titres. Hors du champ de la règle Seuls les comptes permettant des transactions sur titres sont visés.
- L'employeur demande par écrit au courtier en ligne les duplicatas des relevés de son agent ; le courtier refuse au nom du secret. Non conforme La firme exécutante doit les transmettre sur demande écrite de l'employeur.
Paiements à des personnes non enregistrées : FINRA Rule 2040
Si une firme pouvait payer une commission à n'importe qui, l'enregistrement ne servirait à rien : il suffirait de faire vendre par des rabatteurs non enregistrés et de les rémunérer au résultat. La règle part donc de la rémunération : être payé en fonction des transactions est le signe qu'on participe à la vente, et celui qui participe à la vente doit être enregistré. À l'inverse, un paiement fixe sans lien avec une transaction (un loyer, des honoraires de comptabilité) ne pose pas ce problème.
- Aucune commission ni rémunération liée à des transactions ne peut être versée à une personne qui devrait être enregistrée et ne l'est pas. Un honoraire de « finder » proportionnel aux transactions, versé à un comptable ou à un ami, est interdit.
- Exception du représentant retraité : commissions continues sur ses anciens comptes, en vertu d'un contrat de bonne foi signé pendant qu'il était enregistré, à condition qu'il ne sollicite plus, n'ouvre plus de comptes et ne gère plus ces comptes.
- Exception du finder étranger non enregistré, qui oriente des clients étrangers, sous conditions de divulgation.
- Côté État (NASAA, 1983) : partager ses commissions avec une personne qui n'est pas agent enregistré du même BD ou d'un BD sous contrôle commun est une pratique malhonnête. Le partage entre deux agents de la même firme est permis.
- Un agent reverse 10 % de sa commission à l'expert-comptable qui lui a envoyé le client. Le comptable n'est pas enregistré. Interdit Rémunération liée à une transaction versée à une personne non enregistrée.
- Deux agents de la même firme suivent ensemble un gros client et se partagent la commission à parts égales. Permis Tous deux sont agents enregistrés du même broker-dealer.
- Un agent partage une commission avec un ami, agent enregistré d'un broker-dealer concurrent sans lien avec le sien. Interdit Selon la liste NASAA de 1983, le partage n'est permis qu'avec un agent du même broker-dealer ou d'un broker-dealer sous contrôle commun.
- Une représentante prend sa retraite. Un contrat signé avant son départ prévoit qu'elle touchera pendant cinq ans une part des commissions de ses anciens comptes ; elle ne contacte plus aucun client. Permis Exception du représentant retraité.
- La même retraitée, croisant un ancien client, lui conseille d'acheter un fonds et prévient son ancienne firme pour que l'ordre soit passé. Interdit Elle sollicite : elle sort de l'exception et agit comme un agent non enregistré.
- Une firme verse $500 par mois à une association professionnelle pour louer un stand, quel que soit le nombre de comptes ouverts. Permis Paiement fixe, sans lien avec des transactions.
Agents de broker-dealers canadiens
L'agent d'un BD canadien à enregistrement limité (chapitre 2) obtient lui-même un enregistrement limité : formulaire de sa juridiction d'origine, consent to service of process, enregistrement en règle au Canada. Il ne peut servir que les clients permis à sa firme, et reste soumis à l'antifraude.
- Agent : un individu qui représente un BD ou un issuer pour effectuer ou tenter d'effectuer des transactions. La fonction compte, pas le titre ni le mode de paie.
- Pour un BD : toujours agent s'il vend, sollicite ou prend des ordres, même sur des titres exemptés. Aucun de minimis.
- Pour un issuer : pas agent s'il vend l'un des cinq titres de la liste courte, dans une exempt transaction, certaines federal covered securities, ou aux employés sans commission.
- Form U4 déposé par la firme : 5 ans de résidence, 10 ans d'emploi ; felony sans limite de temps ; faillites 10 ans ; jugements et privilèges impayés. Mise à jour 30 jours (10 si disqualification). Form U5 dans les 30 jours.
- Réussir l'examen n'est pas être enregistré. Enregistrement dans chaque État d'où l'offre part et où elle arrive.
- Client existant de passage : permis (compte de 30 jours, attribué depuis 14 jours, firme enregistrée dans l'État). Séjour de 30 jours ou déménagement : demande dans les 10 jours ouvrables.
- Sans firme, l'enregistrement n'a pas d'effet. Changement de firme : l'agent et les deux firmes notifient.
- Compte ailleurs (FINRA 3210) : consentement écrit préalable de l'employeur ; 30 jours calendaires pour un compte antérieur ; conjoint inclus.
- Pas de rémunération liée aux transactions pour un non-enregistré (FINRA 2040), sauf retraité sous contrat et finder étranger.
Quiz du chapitre
Investment Advisers
Trois questions notées, mais les règles des advisers reviennent dans les chapitres de communication et d'éthique. Un agent doit surtout savoir où s'arrête son métier et où commence le conseil rémunéré.
Le métier de conseil, et pourquoi il a ses propres règles
L'investment adviser ne vend pas des titres : il vend son jugement. Le client le paie pour qu'il lui dise quoi acheter, quoi vendre, ou pour qu'il gère le portefeuille à sa place. Cette relation est plus intime que celle du courtage. Le client se repose sur l'adviser, souvent pendant des années, et lui donne fréquemment le pouvoir de décider seul. Le danger n'est plus l'opération de trop : c'est le conseil intéressé, celui que l'adviser donne parce qu'il y gagne quelque chose que le client ignore.
La loi répond par le fiduciary duty. Un fiduciaire est quelqu'un qui gère les affaires d'autrui et qui doit, pour cette raison, faire passer l'intérêt de l'autre avant le sien, en toute circonstance, et lui révéler tout ce qui pourrait fausser son jugement. C'est la norme de conduite la plus élevée du droit américain. Presque toutes les règles de ce chapitre en découlent : le contrat écrit, la brochure, l'interdiction d'emprunter au client, la custody encadrée.
L'adviser se rémunère de plusieurs façons : un pourcentage annuel des actifs gérés (assets under management, AUM), par exemple 1 % par an ; un tarif horaire ; un forfait pour un plan financier ; un abonnement à une lettre. Ce qu'il ne peut pas faire en principe, c'est se payer sur les gains du client (chapitre 8, performance fees), parce que cela le pousserait à prendre trop de risques avec l'argent d'autrui.
Le test ABC
Comme pour le broker-dealer, la loi définit l'adviser par son activité, pas par son titre. Trois critères, tous nécessaires : il suffit qu'un seul manque pour que la personne ne soit pas un investment adviser.
- Advice : donne des conseils sur des securities (conseils directs, analyses, rapports, publications).
- Business : en fait une activité, ou se présente comme la pratiquant.
- Compensation : est rémunéré pour cela, sous n'importe quelle forme.
Les trois critères doivent être réunis (USA § 401(f)). La définition inclut expressément les financial planners et toute personne qui, dans le cadre d'autres services financiers, conseille sur des titres contre rémunération : consultant en retraite, agent sportif qui choisit des placements contre honoraires.
Précisions sur chaque lettre. Advice : le conseil doit porter sur des securities. Conseiller d'acheter de l'or, un immeuble ou une assurance vie classique ne compte pas. Mais conseiller de vendre des actions pour acheter de l'or porte sur des titres. Un conseil général sur la répartition entre actions et obligations suffit aussi. Business : la personne le fait de façon régulière, ou se présente au public comme conseiller (carte de visite, site, publicité). Un conseil isolé donné à un ami ne fait pas une activité. Compensation : tout avantage économique, qu'il vienne du client ou d'un tiers : honoraire, commission sur le produit recommandé, abonnement. Le conseil gratuit, sans aucun avantage en retour, n'en fait pas un adviser.
- L'agent d'un joueur de basket négocie son contrat et, contre un honoraire annuel, choisit pour lui des fonds et des actions. Investment adviser Conseil sur des titres, activité régulière, rémunération : A, B et C.
- Le même agent négocie le contrat et envoie le joueur chez un adviser, sans rien conseiller lui-même. Pas un adviser Il manque A.
- Une économiste est payée pour dire à ses clients si l'or et le pétrole vont monter. Pas un adviser Le conseil ne porte pas sur des securities.
- Un retraité passionné de bourse conseille gratuitement ses voisins. Pas un adviser Il manque C.
- Un planificateur financier établit contre $1,500 un plan qui recommande, entre autres, une répartition entre fonds d'actions et fonds d'obligations. Investment adviser Les financial planners sont expressément inclus.
- Une société publie une lettre hebdomadaire d'analyse boursière, la même pour tous ses abonnés. Exclue Éditeur d'une publication de diffusion générale, sans conseil adapté à chacun.
- La même société propose, pour un supplément, de répondre aux questions de chaque abonné sur son propre portefeuille. Investment adviser Le conseil devient personnalisé : l'exclusion de l'éditeur tombe.
Les exclus de la définition
Ces personnes peuvent remplir les trois critères et pourtant ne pas être des investment advisers au sens de la loi de l'État. La raison est la même que pour le broker-dealer : elles sont déjà régulées à un autre titre, ou leur conseil n'est qu'un accessoire d'un autre métier. Chaque exclusion a une condition, et c'est la perte de cette condition que l'examen teste.
- LATE : Lawyers, Accountants, Teachers, Engineers, si le conseil est solely incidental à leur profession. Celui qui se présente comme conseiller en placements ou facture ce conseil séparément perd l'exclusion.
- Broker-dealers et leurs agents, si le conseil est accessoire à l'activité de courtage et sans special compensation. Un wrap fee est une rémunération spéciale : le BD devient IA pour ce programme.
- Éditeurs de journaux, lettres et publications financières de bonne foi, sans conseil fondé sur la situation de chaque client.
- Banks, savings institutions, trust companies.
- Les IAR (ce sont des individus rattachés à la firme).
- Les federal covered advisers.
Exclu de la définition ne veut pas dire libre de tout : l'antifraude de l'USA § 102 vise « toute personne » rémunérée pour conseiller sur des titres.
Maître Hill, avocate en successions, dit à une cliente qui hérite d'un portefeuille : « Vous devriez vendre ces actions pour payer les droits. » Elle facture ses honoraires d'avocate habituels. Le conseil porte sur des titres et elle est payée, mais il est solely incidental à sa profession : elle est exclue. L'année suivante, elle ajoute sur sa plaque « Conseil en gestion de patrimoine » et facture $300 de l'heure pour construire des portefeuilles. Elle se présente comme conseillère et facture ce conseil à part : l'exclusion tombe, elle est un investment adviser.
Un agent de broker-dealer recommande des actions à ses clients et touche une commission sur chaque ordre. Le conseil est l'accessoire du courtage, et il n'est payé que par la commission : pas de special compensation, il est exclu. Sa firme lance ensuite un programme où le client paie 1,5 % de ses actifs par an pour le conseil et l'exécution réunis. Cet honoraire rémunère spécifiquement le conseil : pour ce programme, la firme est un investment adviser, et l'agent qui y conseille doit être aussi IAR.
Dans les deux cas, la question à se poser est : le client paie-t-il pour le conseil lui-même ? Si oui, l'exclusion ne tient plus.
SEC ou État ? (Advisers Act § 203A, Rule 203A-1)
Contrairement au broker-dealer, qui s'enregistre aux deux niveaux, l'adviser s'enregistre à un seul : soit auprès de la SEC, soit auprès des États. C'est NSMIA qui a fait ce partage en 1996, pour que la SEC se concentre sur les grandes firmes et que les États surveillent les petites, plus proches de leurs résidents. Le critère est la taille, mesurée par les actifs gérés. Une loi fédérale de 2010 (Dodd-Frank) a relevé le seuil à $100M, ce qui a créé la catégorie intermédiaire des mid-size advisers.
| Actifs gérés (AUM) | Catégorie | Enregistrement |
|---|---|---|
| < $25M | Small adviser | État |
| $25M – $100M | Mid-size adviser | État, sauf si l'adviser n'y serait pas soumis à enregistrement et à examen (il va alors à la SEC) |
| $100M – $110M | Tampon | Au choix : SEC permise, pas obligatoire |
| ≥ $110M | Large adviser | SEC obligatoire |
- Un adviser déjà à la SEC n'a à revenir vers l'État que si ses actifs tombent sous $90M.
- Sont aussi federal covered quel que soit l'AUM : les conseillers de registered investment companies ; les pension consultants conseillant des plans d'au moins $200M ; les advisers tenus de s'enregistrer dans 15 États ou plus ; les internet advisers ; les advisers nouvellement créés qui s'attendent à atteindre le seuil dans les 120 jours.
- Un federal covered adviser ne s'enregistre pas auprès de l'État : il fait un notice filing (copie des documents déposés à la SEC) et paie des frais. L'État garde son pouvoir antifraude sur lui, mais ne peut lui imposer ni registres ni exigences financières.
Cedar Advisory, à Portland, gère des portefeuilles de particuliers. Suis ses actifs gérés d'une année à l'autre.
- $18M. Small adviser : enregistrement auprès de l'État. L'enregistrement à la SEC lui est interdit.
- $60M. Mid-size adviser : toujours l'État (son État l'enregistre et l'examine).
- $104M. Zone tampon : Cedar peut passer à la SEC, mais n'y est pas obligée. Elle reste à l'État.
- $115M. Seuil de $110M franchi : enregistrement à la SEC obligatoire. Cedar devient un federal covered adviser. Dans son État, elle ne s'enregistre plus : elle fait un notice filing.
- $96M après une baisse des marchés. Cedar est sous $100M, mais au-dessus de $90M : elle reste à la SEC.
- $85M. Sous $90M : elle doit quitter la SEC et revenir à l'enregistrement d'État.
Le tampon (entrée possible à $100M, obligatoire à $110M, sortie à $90M) évite qu'une firme proche du seuil change de régulateur à chaque mouvement de marché. À l'examen, repère d'abord si la firme est déjà à la SEC ou non : la réponse à « $95M » n'est pas la même dans les deux cas.
Notice filing ou registration
Le notice filing est ce qui reste à l'État quand le fédéral lui a retiré l'enregistrement : le droit d'être informé et d'être payé. La firme n'a pas à demander une autorisation ; elle signale sa présence.
| Registration (adviser d'État) | Notice filing (federal covered adviser) | |
|---|---|---|
| Nature | Demande d'autorisation, que l'Administrator peut refuser | Simple information : copie de ce qui est déposé à la SEC, frais, consent to service of process |
| Exigences financières, registres | Celles de l'État (net worth, bond, registres NASAA) | Aucune de la part de l'État |
| Refus, suspension, révocation de l'enregistrement | Oui | Sans objet : l'État n'a rien enregistré |
| Antifraude | L'État peut enquêter et agir pour fraude dans les deux cas | |
| Les IAR de la firme | Enregistrés auprès de l'État | Enregistrés auprès de l'État où ils ont un place of business (chapitre 5) |
Le même mot sert pour les titres : l'émetteur d'une federal covered security fait lui aussi un notice filing (chapitre 6). Dans les deux cas, retiens que ce n'est pas un enregistrement et qu'il n'affaiblit pas l'antifraude.
Certains advisers n'ont pas à s'enregistrer auprès de la SEC : les conseillers de private funds gérant moins de $150M aux États-Unis et les conseillers de fonds de capital-risque (ils déposent tout de même des rapports : exempt reporting advisers), les conseillers étrangers sans présence significative, ceux dont les seuls clients sont des compagnies d'assurance. Les family offices sont exclus de la définition.
Enregistrement d'État et exemption de minimis
USA § 201(c). Un IA (ou un IAR) sans place of business dans l'État n'a pas à s'y enregistrer si ses seuls clients dans l'État sont des institutions (investment companies, autres advisers, BD, banques, assureurs, plans d'employés d'au moins $1M d'actifs, gouvernements), ou s'il n'y a pas eu plus de 5 clients non institutionnels sur les 12 derniers mois.
C'est la seule tolérance chiffrée de toute la loi pour les professionnels, et elle ne vaut que pour le conseil. Pourquoi les advisers et pas les broker-dealers ? Un adviser suit ses clients dans la durée ; quand quelques-uns déménagent dans un autre État, il serait disproportionné de lui imposer un enregistrement complet pour eux. Les deux conditions sont cumulatives : l'absence de bureau dans l'État, et le petit nombre de clients. Un bureau dans l'État impose l'enregistrement dès le premier client.
Prairie Advisers est enregistrée au Kansas, où se trouve son seul bureau. Elle n'a aucun bureau dans le Missouri.
- Sur les douze derniers mois, elle a eu quatre clients particuliers résidents du Missouri. Pas de bureau, cinq clients au plus : pas d'enregistrement dans le Missouri.
- Elle y ajoute une banque et un fonds de pension. Les clients institutionnels ne comptent pas dans les cinq : toujours pas d'enregistrement.
- Un cinquième particulier du Missouri signe. Cinq : la limite est « pas plus de cinq », elle n'est pas dépassée.
- Un sixième se présente. Prairie doit être enregistrée dans le Missouri avant de le prendre comme client.
- Variante : Prairie loue un bureau à Kansas City (Missouri) et n'y a qu'un seul client. Elle a un place of business dans l'État : enregistrement, quel que soit le nombre de clients.
La période est glissante : on regarde les douze mois qui précèdent, pas l'année civile. Et le même calcul vaut pour l'IAR individuellement.
| Sans bureau dans l'État | Broker-dealer | Agent | Investment adviser et IAR |
|---|---|---|---|
| Clients institutionnels seulement | Hors de la définition | Pas agent dans cet État : sa firme n'y est pas un broker-dealer (USA § 401(b) et (c)) | Exempté |
| Quelques particuliers résidents | Enregistrement dès le premier | Enregistrement dès le premier | Exempté jusqu'à 5 sur 12 mois |
Le Form ADV est à l'adviser ce que le Form BD est au broker-dealer, avec une différence : une partie est écrite pour le client. La Part 1 est un questionnaire à cases pour les régulateurs. La Part 2 est rédigée en langage courant et remise au client : c'est la brochure, qui lui dit avant de signer ce que la firme fait, combien elle coûte, quels conflits d'intérêts elle a et si elle a été sanctionnée.
- Form ADV : Part 1, données pour les régulateurs ; Part 2A, la brochure de la firme (services, honoraires, conflits, discipline) ; Part 2B, le brochure supplement sur les personnes qui conseillent le client ; Part 3, le Form CRS destiné aux particuliers. Retrait : ADV-W.
- Mise à jour annuelle dans les 90 jours après la fin de l'exercice ; changements importants : promptly.
- Effet à midi le 30e jour, expiration le 31 décembre, consent to service of process, firme successeur sans frais : comme pour les BD.
- L'enregistrement de l'IA vaut enregistrement automatique comme IAR de ses partners, officers et directors qui en exercent les fonctions.
Exigences financières (NASAA Model Rule 202(d)-1)
Le net worth est la valeur nette de la firme : ce qu'elle possède moins ce qu'elle doit. L'exigence monte avec le pouvoir que l'adviser a sur l'argent du client. Celui qui ne fait que conseiller, sans toucher aux fonds ni décider seul, n'a pas de minimum. Celui qui décide seul (discrétion) peut causer des pertes : $10,000. Celui qui détient les fonds (custody) peut les perdre ou les détourner : $35,000. Et celui qui se fait payer longtemps à l'avance doit au moins ne pas être en déficit, puisque le client lui a fait crédit.
- Net worth minimum : $35,000 avec custody ; $10,000 avec discrétion sans custody. Un surety bond peut combler l'insuffisance.
- Honoraires de plus de $500 par client encaissés 6 mois ou plus à l'avance : net worth positif en permanence, et bilan fourni dans la brochure.
- Net worth insuffisant : notification à l'Administrator avant la fin du jour ouvrable suivant, puis rapport financier le jour ouvrable d'après.
- Un IA qui respecte les exigences financières de l'État où il a son bureau principal ne peut pas se voir imposer plus par un autre État.
- Adviser A donne des recommandations que le client exécute lui-même chez son courtier, et facture chaque trimestre échu. Ni custody, ni discrétion, ni prépaiement long : aucun net worth minimum.
- Adviser B gère les comptes de façon discrétionnaire ; les actifs sont chez un courtier et B ne peut pas les retirer. Discrétion sans custody : $10,000.
- Adviser C a custody des fonds de ses clients. Son bilan montre $52,000 d'actifs et $24,000 de dettes : net worth de 52,000 − 24,000 = $28,000, soit $7,000 sous le minimum de $35,000. C doit prévenir l'Administrator avant la fin du jour ouvrable suivant, puis déposer un rapport financier le jour ouvrable d'après. Un surety bond peut couvrir l'insuffisance.
Autre cas : un adviser facture $1,200 par client, payables d'avance pour l'année. Plus de $500, six mois ou plus à l'avance : net worth positif en permanence, et bilan joint à la brochure. S'il facturait $300 par trimestre d'avance, la règle ne jouerait pas : le prépaiement ne dépasse ni $500 ni six mois.
Registres (NASAA Model Rule 203(a)-2)
- Conservation 5 ans à compter de la fin de l'exercice de la dernière écriture, dont les 2 premières années au bureau principal.
- Documents constitutifs : jusqu'à 3 ans après la cessation de l'entreprise.
- Contenu : journaux et grand livre, mémorandums d'ordres, relevés bancaires, communications écrites reçues et envoyées relatives aux conseils, liste des comptes discrétionnaires, procurations, contrats, publicités, opérations personnelles des associés, brochures remises, politiques de sécurité et de confidentialité.
IA : 5 ans, dont 2 au bureau principal. BD : 6 ans pour les blotters, ledgers et dossiers de comptes, 3 ans pour les communications, ordres et confirmations, dont 2 ans facilement accessibles (détail au chapitre 8). C'est l'une des comparaisons les plus fréquentes.
Custody (NASAA Model Rule 102(e)(1)-1)
Custody : détenir directement ou indirectement les fonds ou titres d'un client, ou avoir le pouvoir d'en prendre possession. Elle existe dans trois cas : la possession ; tout arrangement donnant le pouvoir de retirer des fonds ou titres sur instruction au dépositaire (dont le prélèvement direct des honoraires et une procuration générale) ; toute qualité donnant la propriété légale ou l'accès (general partner d'un limited partnership, trustee).
La custody est le point le plus sensible du métier : l'adviser qui peut mettre la main sur l'argent du client peut aussi le faire disparaître. La loi ne l'interdit pas, mais elle l'entoure de quatre protections qui ont toutes la même fonction, faire vérifier par quelqu'un d'autre que l'adviser que l'argent est bien là : un dépositaire indépendant (le qualified custodian, une banque ou un broker-dealer) qui détient réellement les actifs ; des relevés envoyés au client par ce dépositaire, et non par l'adviser ; un expert-comptable (CPA) qui vient compter sans prévenir ; et l'information de l'Administrator. Note bien que la custody se définit par le pouvoir, pas par la détention physique : l'adviser autorisé à prélever ses honoraires sur le compte a custody, même s'il n'a jamais vu un billet.
- Pas de custody si des fonds ou titres reçus par inadvertance sont renvoyés à l'expéditeur dans les 3 jours ouvrables, ni si un chèque du client à l'ordre d'un tiers est transmis à ce tiers dans les 3 jours ouvrables.
- Avec custody : notification écrite à l'Administrator sur Form ADV ; qualified custodian (banque, BD) tenant les actifs dans des comptes séparés ; information écrite du client sur le dépositaire ; relevés au moins trimestriels envoyés par le dépositaire ; vérification surprise annuelle par un CPA indépendant.
- Custody due au seul prélèvement des honoraires : autorisation écrite du client, facture envoyée au dépositaire et facture détaillée au client à chaque prélèvement, notification à l'Administrator. À ces conditions, ni vérification surprise ni net worth de $35,000.
- USA § 102(e) : la custody est illégale si l'Administrator l'interdit par règle, ou, sans règle, si l'adviser ne l'en a pas notifié.
- Un client envoie par erreur à son adviser des certificats d'actions. L'adviser les lui renvoie deux jours ouvrables plus tard. Pas de custody Réception par inadvertance, renvoi à l'expéditeur dans les 3 jours ouvrables.
- Même situation, mais l'adviser dépose les certificats chez le courtier du client « pour lui rendre service ». Custody La règle demande le renvoi à l'expéditeur, pas la transmission des titres ailleurs.
- Un client remet à l'adviser un chèque à l'ordre de son courtier. L'adviser le transmet au courtier le lendemain. Pas de custody Chèque à l'ordre d'un tiers, transmis dans les 3 jours ouvrables.
- Un client remet un chèque à l'ordre de l'adviser lui-même, « à investir ». Custody L'adviser a les fonds en sa possession.
- Le contrat autorise l'adviser à prélever ses honoraires trimestriels sur le compte tenu chez un courtier. Custody Pouvoir de retirer des fonds. Régime allégé si : autorisation écrite, facture au dépositaire et au client à chaque prélèvement, notification à l'Administrator.
- L'adviser est general partner d'un fonds constitué en limited partnership dans lequel ses clients investissent. Custody Sa qualité lui donne accès aux actifs.
- L'adviser a seulement le pouvoir de passer des ordres d'achat et de vente dans le compte du client. Pas de custody C'est de la discrétion : il ne peut rien retirer.
Contrat de conseil (USA § 102(c), NASAA Model Rule 502(c))
Le client choisit son adviser pour sa compétence et son intégrité personnelles. Le contrat protège ce choix : il doit dire clairement ce qui est fourni et à quel prix, et il ne peut pas être transféré à quelqu'un d'autre dans le dos du client. Le mot assignment est plus large qu'une cession formelle : si les propriétaires vendent le contrôle de la firme, le client se retrouve de fait conseillé par d'autres personnes, et la loi traite cette vente comme une cession du contrat.
- Écrit, indiquant les services, la durée, les honoraires et leur formule de calcul, la part des honoraires prépayés remboursée en cas de résiliation, l'existence ou non d'un pouvoir discrétionnaire.
- Pas d'assignment (cession, y compris par transfert d'un bloc de contrôle) sans le consentement du client.
- Partnership : notification au client de tout changement d'associés dans un délai raisonnable. Le départ ou l'arrivée d'associés minoritaires n'est pas un assignment.
- Pas de rémunération sur les plus-values, sauf qualified clients (chiffres au chapitre 8). Aucune clause de renonciation aux protections de la loi : une hedge clause qui prétend dégager l'adviser de toute responsabilité ou faire renoncer le client à ses droits est nulle (USA § 410(i)) et ne le protège pas.
- Une société de conseil appartient à 70 % à sa fondatrice, qui vend toutes ses actions à un groupe financier. Le contrôle change de mains : c'est un assignment. Chaque contrat ne peut se poursuivre avec la firme rachetée qu'avec le consentement du client.
- Un cabinet organisé en partnership compte huit associés à parts égales. L'un d'eux prend sa retraite. Un associé minoritaire s'en va : ce n'est pas un assignment, mais le cabinet doit en informer ses clients dans un délai raisonnable.
- Le même cabinet voit cinq de ses huit associés partir d'un coup pour être remplacés. La majorité change : c'est un changement de contrôle, donc un assignment.
- Une IAR quitte la firme et le dossier de ses clients est confié à un collègue de la même firme. Le contrat est conclu avec la firme, qui n'a pas changé : pas d'assignment.
Pratiques contraires à l'éthique (NASAA Model Rule 102(a)(4)-1)
L'adviser et l'IAR sont des fiduciaires : ils agissent d'abord dans l'intérêt du client. La règle modèle liste notamment :
- recommander sans motifs raisonnables de croire que le conseil convient au client ;
- exercer une discrétion sans autorisation écrite obtenue dans les 10 jours ouvrables suivant la première transaction faite sur autorisation orale (la discrétion limitée au prix et au moment n'en exige pas) ;
- provoquer des transactions excessives ; passer un ordre sans autorisation, ou sur instruction d'un tiers sans autorisation écrite du client ;
- emprunter à un client, sauf BD, affilié de l'adviser ou institution financière dont le métier est de prêter ; prêter à un client, sauf si l'adviser est une institution de crédit ou si le client est un affilié ;
- mentir sur ses qualifications, ses services ou ses honoraires ; présenter comme sien un rapport préparé par un tiers ;
- facturer un honoraire déraisonnable ;
- ne pas divulguer par écrit, avant tout conseil, un conflit d'intérêts important (rémunération par des tiers, commissions perçues sur les opérations conseillées) ;
- garantir un résultat ; publier une publicité trompeuse ;
- divulguer l'identité ou les affaires d'un client sans son accord ou sans obligation légale ;
- ne pas respecter la règle de custody ; conclure un contrat non conforme ;
- ne pas avoir de procédures écrites contre l'usage d'informations privilégiées ;
- accéder au compte d'un client avec les identifiants personnels du client ;
- ne pas établir ou appliquer une politique exigée ; ne pas payer une sentence arbitrale ou une amende.
La liste paraît longue, mais elle applique partout le même principe : l'adviser ne doit jamais se trouver en position de gagner quelque chose aux dépens du client sans que celui-ci le sache et l'accepte. Emprunter au client, c'est faire de lui son créancier et fausser le conseil. Toucher une commission sur le produit conseillé, c'est avoir intérêt à le recommander. La divulgation doit être écrite et antérieure au conseil, pour que le client puisse en tenir compte.
- Une IAR, qui est aussi agent d'un broker-dealer, recommande à un client de conseil un fonds sur lequel elle touchera une commission, sans le lui dire. Contraire à l'éthique Conflit important non divulgué par écrit avant le conseil.
- La même IAR remet d'abord au client un document écrit indiquant qu'elle percevra une commission sur ce fonds, puis fait sa recommandation. Permis Divulgation écrite préalable ; le conseil doit rester adapté au client.
- Un adviser emprunte $20,000 à une cliente, médecin retraitée, avec reconnaissance de dette et intérêts. Contraire à l'éthique Elle n'est ni un broker-dealer, ni un affilié, ni une institution dont le métier est de prêter. L'écrit et les intérêts n'y changent rien.
- Un adviser obtient un prêt immobilier auprès de la banque qui est aussi sa cliente. Permis Institution financière dont le métier est de prêter.
- Un client autorise par téléphone, le lundi 2 juin, son adviser à gérer son compte de façon discrétionnaire. L'adviser passe un premier ordre le jour même et reçoit l'autorisation écrite le 12 juin. Permis L'écrit arrive dans les 10 jours ouvrables suivant la première transaction.
- Un adviser envoie à ses clients, sous son en-tête et sans mention de l'auteur, une étude achetée à un cabinet d'analyse. Contraire à l'éthique Il présente comme sien un rapport préparé par un tiers. Il pouvait l'utiliser en en citant la source.
- Pour passer un ordre plus vite, une IAR se connecte au compte du client chez le courtier avec l'identifiant et le mot de passe que le client lui a donnés. Contraire à l'éthique Même avec l'accord du client. Elle doit utiliser ses propres accès.
- Un adviser raconte à un ami qu'un sportif connu vient de lui confier sa fortune. Contraire à l'éthique Divulgation de l'identité d'un client sans son accord.
Sécurité de l'information (NASAA, 2019)
Investment Adviser Information Security and Privacy Rule. L'adviser enregistré auprès de l'État doit :
- établir, appliquer et tenir à jour des politiques écrites de sécurité physique et de cybersécurité, adaptées à sa taille, protégeant la confidentialité, l'intégrité et la disponibilité des informations ;
- couvrir cinq fonctions : identify, protect, detect, respond, recover ;
- revoir ces politiques au moins une fois par an ;
- remettre sa politique de confidentialité au client à l'entrée en relation, puis chaque année, et rapidement après toute modification.
Wrap fee programs
Un honoraire unique, en pourcentage des actifs et non fondé sur les transactions, couvre le conseil, l'exécution et la garde. Ce n'est pas un performance fee. Le sponsor est un investment adviser (le wrap fee est une special compensation pour le conseil, même quand le sponsor est un broker-dealer) et remet une brochure spécifique (Form ADV Part 2A, Appendix 1) décrivant les frais et précisant que le programme peut coûter plus cher que des services achetés séparément. Un wrap fee convient mal à un compte peu actif : le client paierait pour des transactions qu'il ne fait pas (reverse churning).
Un programme facture 1,5 % des actifs par an, tout compris. Deux clients ont chacun $200,000 : le wrap fee leur coûte 200,000 × 1,5 % = $3,000 par an.
- Client actif. Il passe une centaine d'ordres par an. À $40 de commission par ordre dans un compte ordinaire, il paierait 100 × 40 = $4,000, sans compter le conseil. Le wrap fee lui coûte moins cher et supprime l'incitation de l'agent à multiplier les ordres.
- Client passif. Il achète et conserve : deux ordres par an, soit 2 × 40 = $80 de commissions dans un compte ordinaire. Dans le programme, il paie $3,000 pour un service qu'il n'utilise presque pas. Le recommander à ce client pose un problème de suitability : c'est le reverse churning.
C'est l'inverse exact du churning (chapitre 9) : dans un compte à commissions, le danger est trop d'opérations ; dans un compte à honoraires, c'est trop peu de service pour le prix payé.
- Investment adviser = Advice sur des securities + Business + Compensation. Financial planners inclus.
- Exclus : avocats, comptables, enseignants, ingénieurs (conseil solely incidental) ; BD et agents sans special compensation ; éditeurs de publications générales ; banques ; IAR ; federal covered advisers. L'antifraude § 102 les vise quand même.
- SEC ou État : moins de $100M, État ; $100M à $110M, au choix ; $110M et plus, SEC ; retour à l'État sous $90M. Jamais les deux.
- Federal covered adviser : notice filing et frais ; l'État garde l'antifraude et enregistre les IAR.
- De minimis : pas de bureau dans l'État et 5 clients particuliers au plus sur 12 mois. Pour les advisers et les IAR seulement.
- Net worth : $35,000 avec custody, $10,000 avec discrétion, positif si plus de $500 prépayés 6 mois ou plus à l'avance.
- Registres : 5 ans, dont 2 au bureau principal.
- Custody : possession, pouvoir de retirer, ou qualité donnant accès. Qualified custodian, relevés trimestriels, vérification surprise annuelle. Renvoi sous 3 jours ouvrables : pas de custody.
- Contrat écrit ; pas d'assignment sans consentement ; discrétion orale tolérée 10 jours ouvrables ; conflits divulgués par écrit avant le conseil.
Quiz du chapitre
Investment Adviser Representatives
L'IAR est à l'investment adviser ce que l'agent est au broker-dealer : l'individu qui fait le travail. La Series 63 seule ne permet pas de l'être.
Pourquoi un examen d'agent parle des IAR
Tu passes la Series 63 pour devenir agent, pas IAR. La NASAA met pourtant trois questions sur ce sujet, et sa raison est écrite dans le plan d'examen : le courtage et le conseil se touchent de si près qu'un agent doit savoir où s'arrête ce que son enregistrement lui permet. Dans une firme qui a les deux activités, il suffit d'un glissement pour passer d'un métier à l'autre : proposer à un client un compte géré contre honoraires, toucher une part de ces honoraires, se présenter comme « conseiller en gestion ». À partir de là, l'agent exerce une fonction d'IAR, et s'il n'est pas enregistré comme tel, il viole la loi.
La structure est la même que pour le courtage : une firme (l'investment adviser) et des individus qui agissent pour elle (les IAR). Les règles ressemblent à celles des agents, avec quelques différences voulues que l'examen exploite. Lis ce chapitre en gardant le chapitre 3 en tête, et note chaque écart.
Qui est IAR
La définition procède comme celle de l'agent : elle part de la fonction. Est IAR celui qui, pour le compte d'un adviser, touche de près ou de loin au conseil lui-même ou à sa vente.
USA § 401(g). Tout partner, officer, director ou individu employé par ou associé à un IA, qui :
- fait des recommandations ou donne des conseils sur des titres,
- gère des comptes ou des portefeuilles,
- détermine quels conseils ou recommandations donner,
- sollicite, offre ou négocie la vente de services de conseil (le « solicitor »),
- supervise des personnes qui font l'une de ces choses.
Le personnel purement administratif n'est pas IAR. Un agent de BD qui touche une part d'honoraires de conseil pour recommander des portefeuilles doit être aussi IAR : les deux enregistrements se cumulent.
Reprenons les cinq fonctions. Les deux premières sont évidentes : celui qui conseille le client et celui qui gère son portefeuille. La troisième vise ceux que le client ne voit jamais : l'analyste ou le membre du comité d'investissement qui décide ce que la firme recommandera. La quatrième est la plus piégeuse : le solicitor, payé pour amener des clients à la firme, est IAR alors qu'il ne donne aucun conseil, parce qu'il vend le service de conseil. La cinquième vise le superviseur de tous ceux-là. À l'inverse, celui qui prépare les factures, classe les dossiers, envoie les relevés ou prend les rendez-vous n'exerce aucune de ces fonctions.
- Une gérante choisit les titres des portefeuilles de la firme et n'a jamais rencontré un client. IAR Elle gère et détermine les conseils donnés.
- Un ancien banquier touche $500 pour chaque client qu'il présente à l'adviser. Il ne parle jamais de placements. IAR Il sollicite la vente de services de conseil.
- Un comptable salarié de l'adviser établit les factures d'honoraires et les rapports de performance à partir des données du système. Pas IAR Tâche administrative.
- La directrice de la conformité supervise les IAR et valide leurs recommandations. IAR Elle supervise des personnes qui conseillent.
- Un standardiste répond à un client inquiet : « À votre place, je garderais vos actions, le marché va remonter. » Fonction d'IAR exercée sans enregistrement Il vient de donner un conseil sur des titres pour le compte de la firme.
- Une personne exerce seule, en nom propre, comme investment adviser enregistré. Adviser et IAR à la fois L'enregistrement de la firme couvre l'individu qui la dirige et conseille. Différence avec le courtage : la définition de l'agent exclut expressément le broker-dealer lui-même (un sole proprietor du courtage est broker-dealer, pas agent) ; celle de l'IAR n'a pas cette exclusion.
Agent et IAR côte à côte
| Agent | IAR | |
|---|---|---|
| Représente | Un broker-dealer ou un issuer | Un investment adviser |
| Fait | Des transactions sur titres | Du conseil rémunéré, ou sa vente |
| Payé par | Commissions | Honoraires |
| Norme de conduite | Best interest à chaque recommandation (Reg BI) ; pratiques honnêtes (NASAA 1983) | Devoir fiduciaire, en continu |
| Examen | Series 63 (ou 66), avec un examen FINRA | Series 65, ou Series 66 avec Series 7 |
| De minimis | Aucun | Pas de bureau et 5 clients au plus sur 12 mois |
| Qui notifie l'arrivée et le départ | L'agent et la firme | La firme (adviser d'État) ou l'IAR (federal covered) |
| Discrétion | Écrit préalable | Oral toléré 10 jours ouvrables |
| Enregistré par | L'État, sur Form U4 ; effet à midi le 30e jour ; expiration le 31 décembre ; sans effet hors d'une firme | |
Où s'enregistre l'IAR
La réponse dépend de la firme, et c'est le sujet favori des questions de ce chapitre. NSMIA a retiré aux États l'enregistrement des grandes firmes de conseil, mais leur a laissé celui des individus : un État garde ainsi la main sur les personnes qui reçoivent ses résidents. Pour éviter qu'un IAR d'une grande firme nationale doive s'enregistrer dans cinquante États parce qu'il a des clients partout, la loi fédérale a limité ce pouvoir aux États où l'IAR a un bureau. Pour l'IAR d'un adviser d'État, rien de tel : la règle ordinaire s'applique, avec le de minimis.
| Employeur | Enregistrement de l'IAR |
|---|---|
| IA enregistré auprès de l'État | Dans chaque État où il exerce, sauf de minimis (pas de place of business et 5 clients au plus sur 12 mois) |
| Federal covered adviser | Seulement dans les États où l'IAR a un place of business |
Même quand la firme relève de la SEC, l'individu s'enregistre auprès de l'État : la SEC n'enregistre pas les IAR. Un place of business est un bureau où l'IAR fournit régulièrement ses services, sollicite ou rencontre des clients, ou tout autre lieu présenté au public comme tel (SEC Rule 203A-3).
Maya est IAR de Titan Asset Management, enregistrée à la SEC (federal covered). Elle travaille au bureau de Chicago (Illinois). Elle a 40 clients dans l'Illinois, 25 dans le Wisconsin et 12 dans l'Indiana, qu'elle suit par téléphone et par visioconférence.
- Titan ne s'enregistre dans aucun État : elle fait un notice filing là où c'est exigé.
- Maya a un place of business dans l'Illinois seulement. Elle s'enregistre comme IAR dans l'Illinois, et nulle part ailleurs. Ses 25 clients du Wisconsin n'y changent rien : pour l'IAR d'un federal covered adviser, on ne compte pas les clients, on cherche le bureau.
- L'hiver suivant, Maya loue à Milwaukee (Wisconsin) un bureau où elle reçoit ses clients deux jours par semaine et qu'elle indique sur sa carte. C'est un place of business : elle doit s'enregistrer aussi dans le Wisconsin.
Noah est IAR de Maple Advisers, enregistrée auprès de l'État de l'Illinois (adviser d'État). Il travaille lui aussi à Chicago et a 3 clients particuliers dans le Wisconsin et 8 dans l'Indiana.
- Illinois : il y a son bureau, il s'y enregistre.
- Wisconsin : pas de bureau, 3 clients sur douze mois. De minimis : pas d'enregistrement.
- Indiana : pas de bureau, mais 8 clients. Plus de cinq : il s'enregistre dans l'Indiana (et Maple aussi).
Devant une question de ce type, lis d'abord la première ligne : « federal covered adviser » ou « state-registered adviser » ? Tout le reste en dépend.
Et si l'on demande qui enregistre l'IAR d'un adviser géant, la réponse n'est jamais la SEC. La SEC enregistre des firmes. Les individus du conseil relèvent toujours des États.
Début et fin de la relation : qui notifie ?
L'Administrator doit savoir à tout moment pour quelle firme chaque IAR travaille. La loi désigne pour le prévenir celui qui a un lien d'enregistrement avec lui. L'adviser d'État est enregistré auprès de l'Administrator : c'est lui qui notifie. Le federal covered adviser n'est pas enregistré auprès de l'État ; le seul qui le soit est l'IAR : c'est donc à lui de notifier.
| Type de firme | Qui notifie l'Administrator (promptly) |
|---|---|
| State-registered IA | La firme |
| Federal covered adviser | L'IAR lui-même |
Ne confonds pas avec les agents, où l'agent et le BD notifient tous les deux.
- Noah quitte Maple Advisers (adviser d'État) le 1er juin. Maple notifie l'Administrator, promptly. Noah n'a rien à déposer lui-même. À partir du 1er juin, son enregistrement d'IAR n'a plus d'effet, jusqu'à ce qu'il rejoigne un autre adviser.
- Maya quitte Titan (federal covered). C'est Maya qui notifie l'Administrator de l'Illinois, où elle est enregistrée.
- Sofia, agent, quitte son broker-dealer pour un autre (chapitre 3). L'agent et les deux firmes notifient.
Moyen de s'en souvenir : pour l'agent, tout le monde ; pour l'IAR, un seul, celui que l'État connaît.
Formalités et examens
La procédure est celle de l'agent, à quelques détails près. L'IAR dépose lui aussi un Form U4, dans le système IARD. Son enregistrement est attaché à une firme et ne vit pas sans elle. Ce qui change, c'est l'examen : la Series 63 teste le droit des États du point de vue du courtage, alors que le métier d'IAR exige en plus des connaissances en analyse, en stratégie de placement et en devoir fiduciaire, que testent la Series 65 et la Series 66.
- Form U4, effet à midi le 30e jour, expiration le 31 décembre, consent to service of process.
- L'enregistrement n'a pas d'effet tant que l'IAR n'est pas employé par un IA enregistré (ou associé à un federal covered adviser).
- Examen (NASAA Model Rule 202(a)-2) : Series 65, ou Series 66 avec la Series 7, réussies dans les 2 ans précédant la demande.
- Dispense pour les titulaires en règle de certaines désignations : CFP, ChFC, PFS, CFA, et CIC dans le texte de 2000 (la règle a été réadoptée en 2022 ; la version amendée en 2024 cite CIMA à la place). Le titre de CPA seul ne dispense pas.
- L'IAR supervisé par un IA enregistré n'a pas à présenter les mêmes qualifications qu'un IA.
- Formation continue : la règle modèle NASAA de 2020 (IAR Continuing Education) impose 12 crédits par an (6 en éthique et responsabilité professionnelle, 6 en produits et pratiques) dans les États qui l'ont adoptée, de plus en plus nombreux. Un IAR qui ne les valide pas ne peut pas renouveler son enregistrement.
- Les règles d'éthique des advisers (chapitre 4) s'appliquent à l'IAR personnellement : pas d'emprunt à un client, pas de garantie de résultat, divulgation des conflits.
Les sigles des dispenses désignent des titres professionnels privés, obtenus après des examens exigeants : CFP (Certified Financial Planner), ChFC (Chartered Financial Consultant), PFS (Personal Financial Specialist, réservé aux experts-comptables), CFA (Chartered Financial Analyst), CIC (Chartered Investment Counselor). L'Administrator estime que leur titulaire a déjà prouvé ses connaissances. Le CPA (Certified Public Accountant) est l'expert-comptable : son titre prouve des compétences en comptabilité, pas en placements, d'où l'absence de dispense sans le PFS. La dispense porte sur l'examen seulement : le titulaire doit quand même s'enregistrer.
L'agent qui glisse vers le conseil
C'est le scénario que l'examen préfère, parce qu'il te concerne directement. Un agent de broker-dealer donne des conseils tous les jours : recommander un titre fait partie de son métier. Tant que ce conseil est l'accessoire du courtage et qu'il n'est payé que par la commission de l'ordre, l'agent reste un agent. Il change de catégorie quand le client paie pour le conseil.
Clara est agent chez un broker-dealer qui est aussi enregistré comme investment adviser. Elle a réussi le SIE, la Series 7 et la Series 63.
- Elle recommande à un client d'acheter 200 actions d'une société et touche une commission. Activité d'agent. Rien à ajouter.
- Sa firme lance un compte géré : le client paie 1,2 % de ses actifs par an, et Clara choisit les fonds du portefeuille. La firme lui reverse une part de cet honoraire. Clara conseille et gère contre honoraires : c'est une fonction d'IAR.
- A-t-elle le droit de le faire avec ses examens actuels ? Non. La Series 63 qualifie pour l'enregistrement d'agent. Il lui faut la Series 65, ou la Series 66 puisqu'elle a déjà la Series 7, puis un enregistrement d'IAR effectif dans l'État.
- Une fois IAR, elle porte deux chapeaux. Quand elle recommande un titre dans un compte à commissions, elle agit comme agent, sous Reg BI. Quand elle gère le compte à honoraires, elle agit comme IAR, avec un devoir fiduciaire continu. Elle doit dire au client en quelle qualité elle agit.
- Un IAR promet à une cliente que son portefeuille « ne baissera pas de plus de 5 %, sinon je compense ». Contraire à l'éthique Garantie de résultat.
- Un IAR d'un adviser d'État reçoit d'un client, par téléphone, le pouvoir de gérer son compte et passe des ordres pendant un mois sans rien faire signer. Contraire à l'éthique L'autorisation écrite est due dans les 10 jours ouvrables suivant la première transaction.
- Une IAR recommande à ses clients un fonds géré par une société sœur de son employeur et le leur indique par écrit avant de conseiller. Permis Conflit divulgué par écrit, à condition que le conseil convienne au client.
- Un IAR dont la firme vient de perdre son enregistrement continue de suivre ses clients « en attendant ». Violation Son enregistrement n'a pas d'effet tant qu'il n'est pas rattaché à un adviser enregistré.
- Un IAR d'un federal covered adviser ment à un client sur la performance passée d'un portefeuille. L'État peut-il agir, alors que la firme relève de la SEC ? Oui L'antifraude de l'État vise toute personne rémunérée pour conseiller, et l'IAR est enregistré auprès de l'État.
- IAR : individu qui, pour un adviser, conseille, gère, détermine les conseils, sollicite ou vend les services de conseil, ou supervise ceux qui le font. Le personnel administratif ne l'est pas.
- La SEC n'enregistre jamais un IAR : seuls les États le font.
- IAR d'un adviser d'État : enregistrement dans chaque État, sauf de minimis (pas de bureau, 5 clients au plus sur 12 mois).
- IAR d'un federal covered adviser : enregistrement seulement là où il a un place of business, quel que soit le nombre de clients ailleurs.
- Notification : la firme pour un adviser d'État ; l'IAR lui-même pour un federal covered adviser. (Agents : l'agent et la firme.)
- Examen : Series 65, ou Series 66 avec Series 7. Dispense : CFP, ChFC, PFS, CFA, CIC. Pas le CPA seul.
- Form U4, midi du 30e jour, 31 décembre, sans effet hors d'une firme : comme l'agent.
- Un agent payé par des honoraires de conseil exerce une fonction d'IAR et doit s'enregistrer comme tel.
Quiz du chapitre
Securities et Issuers
Règle de base (USA § 301) : pour être offerte ou vendue légalement dans un État, une security doit être enregistrée, exemptée (le titre ou la transaction), ou federal covered.
Pourquoi enregistrer un titre
Celui qui vend un titre en sait toujours plus que celui qui l'achète. L'émetteur connaît ses comptes, ses dettes, ses procès en cours, ce que les fondateurs ont payé leurs propres actions. L'acheteur ne voit qu'une brochure. L'enregistrement corrige ce déséquilibre : avant de vendre au public, l'émetteur dépose auprès du régulateur un dossier qui décrit l'entreprise, le titre et l'usage de l'argent, et il en répond s'il a menti. Le régulateur ne dit pas que le placement est bon. Il vérifie que l'information exigée est là, et l'investisseur décide.
Avant chaque vente, l'agent doit donc pouvoir répondre à une question : par quelle porte ce titre est-il entré légalement dans l'État ? Il y en a trois, et une seule suffit.
- Le titre est enregistré dans l'État, par l'une des trois méthodes ci-dessous.
- Une exemption s'applique : soit au titre lui-même (exempt security), soit à cette vente (exempt transaction).
- Le titre est federal covered : le droit fédéral interdit à l'État d'en exiger l'enregistrement.
Si aucune porte n'est ouverte, la vente est illégale et l'acheteur peut en demander l'annulation (chapitre 7), même si le titre a monté et même si personne n'a menti. Vendre un titre non enregistré et non exempté est l'une des deux grandes violations « sans faute » de la loi, avec le fait de vendre sans être soi-même enregistré.
Le vocabulaire d'une émission
- Registration statement : le dossier complet déposé auprès du régulateur (la SEC au niveau fédéral, l'Administrator au niveau de l'État).
- Prospectus : la partie de ce dossier destinée à l'investisseur. Il décrit l'émetteur, ses comptes, ses risques, le titre offert et le prix. C'est le document que l'acheteur doit recevoir.
- Effective date : le moment où l'enregistrement prend effet. Avant, on ne peut pas vendre.
- Underwriter : la banque d'affaires (un broker-dealer) qui organise l'émission et place les titres auprès des investisseurs. L'opération s'appelle un underwriting.
- Public offering : offre ouverte à tout investisseur. Private placement : offre réservée à un petit nombre d'investisseurs choisis, sans publicité.
- Interstate offering : offre faite dans plusieurs États, qui relève de la SEC. Intrastate offering : offre limitée aux résidents d'un seul État par une société de cet État, qui échappe à l'enregistrement fédéral et relève de l'État seul.
Les trois méthodes d'enregistrement
Les trois méthodes se distinguent par une seule chose : la part du travail déjà faite par la SEC. Si l'émetteur a déposé un dossier fédéral, l'État s'appuie dessus et l'enregistrement d'État suit le calendrier fédéral (filing, coordination). S'il n'y a pas de dossier fédéral, l'État fait tout l'examen lui-même et décide seul de la date (qualification).
| Méthode | Pour qui | Prise d'effet |
|---|---|---|
| Filing (§ 302, autrefois « notification ») | Émetteur établi ayant déposé une déclaration à la SEC et remplissant des critères d'ancienneté et de taille | En même temps que l'enregistrement fédéral, si le dossier est déposé depuis au moins 5 jours ouvrables |
| Coordination (§ 303) | Toute émission pour laquelle une déclaration est déposée à la SEC (Securities Act of 1933) pour la même offre | Au moment où l'enregistrement fédéral prend effet, sous trois conditions |
| Qualification (§ 304) | Toute security ; seule voie pour une émission intra-État sans dépôt à la SEC | Quand l'Administrator l'ordonne |
Filing (§ 302)
- Critères principaux : émetteur en activité aux États-Unis depuis au moins 36 mois ; classe de titres enregistrée sous l'Exchange Act et détenue par 500 personnes ou plus ; net worth de $4M (ou $2M avec des bénéfices sur 2 des 3 derniers exercices) ; au moins 4 market makers ; prix d'offre d'au moins $5 par action ; commissions d'underwriting de 10 % au plus ; aucun défaut de paiement récent.
- Également ouvert aux fonds (open-end investment companies, c'est-à-dire les mutual funds, et unit investment trusts, les fonds à portefeuille fixe) qui ont déjà enregistré leurs titres dans l'État au cours des 24 derniers mois.
- Dossier léger : preuve d'éligibilité, description de l'émetteur et du titre, dernier prospectus fédéral.
Coordination (§ 303)
- Dossier : copies du dernier prospectus déposé à la SEC et, sur demande, statuts, accords d'underwriting, autres documents fédéraux ; engagement de transmettre les amendements. L'Administrator ne peut exiger que ce qui est déposé à la SEC.
- Effet automatique à l'instant de l'effet fédéral si : (1) aucun stop order ni procédure en cours ; (2) la déclaration est déposée auprès de l'Administrator depuis au moins 10 jours ; (3) les prix maximum et minimum et les commissions maximales d'underwriting sont déposés depuis 2 jours ouvrables complets. L'Administrator peut lever les conditions (2) et (3).
- Ensuite, le déposant notifie promptly la date et l'heure de l'effet fédéral et le contenu du price amendment, et dépose un amendement post-effet. À défaut : stop order rétroactif possible, sans préavis.
Qualification (§ 304)
- Dossier complet : émetteur et filiales, dirigeants et leur rémunération, actionnaires à 10 %, promoteurs, capitalisation, type et montant des titres, prix, rémunération des underwriters, usage du produit, options en circulation, contrats importants, litiges, documentation commerciale, spécimen du titre, opinion juridique, bilan de moins de 4 mois et comptes de résultat sur 3 ans.
- L'Administrator peut exiger qu'un prospectus soit remis à chaque personne à qui une offre est faite, avant la vente.
- NovaTech prépare son introduction en bourse dans douze États. Elle dépose sa déclaration à la SEC le 1er mars et la même déclaration auprès de l'Administrator de l'Oregon le 10 mars. C'est une coordination. Le lundi 13 avril, elle dépose auprès de l'Administrator la fourchette de prix et les commissions maximales. La SEC déclare l'enregistrement effectif le jeudi 16 avril à 10 h. Les trois conditions sont remplies : pas de stop order ; déclaration en dépôt depuis plus de 10 jours ; prix en dépôt depuis deux jours ouvrables complets (le mardi 14 et le mercredi 15). L'enregistrement de l'Oregon prend effet le 16 avril à 10 h, au même instant. NovaTech en informe ensuite l'Administrator, promptly.
- Une brasserie du Vermont veut lever $800,000 auprès des seuls habitants du Vermont. Offre intra-État : aucun dépôt à la SEC, donc ni filing ni coordination possibles. Reste la qualification : dossier complet, et effet seulement quand l'Administrator du Vermont l'ordonne. Il n'y a ni délai automatique ni date fédérale à suivre.
- Un industriel établi depuis vingt ans, dont les actions sont déjà largement détenues, émet de nouvelles actions avec une déclaration à la SEC. Il remplit les critères d'ancienneté et de taille : il peut utiliser le filing, dossier léger, effet en même temps que le fédéral dès que le dossier est en dépôt depuis 5 jours ouvrables.
Pour l'examen : « no SEC filing » ou « intrastate » appelle qualification ; « effective concurrently with federal registration » appelle coordination (ou filing si l'énoncé insiste sur l'ancienneté de l'émetteur) ; « when the Administrator so orders » appelle qualification.
Règles communes (§ 305)
- Qui dépose : l'issuer, toute autre personne pour le compte de qui l'offre est faite (distribution non-issuer), ou un BD enregistré.
- Frais de dépôt ; consent to service of process ; indication du montant offert dans l'État et des autres États de dépôt.
- Validité : 1 an à partir de la date d'effet, ou plus longtemps tant que la distribution n'est pas terminée. Pendant ce temps, tous les titres en circulation de la même classe sont réputés enregistrés pour les transactions non-issuer.
- Pas de retrait pendant 1 an si des titres de la même classe sont en circulation.
- Rapports périodiques exigibles : au plus trimestriels.
- En cas de qualification ou de coordination, l'Administrator peut exiger le séquestre (escrow) des titres émis aux promoteurs à un prix très inférieur au prix public ou contre autre chose que du cash (cheap stock), et le blocage du produit (impound) jusqu'à ce qu'un montant minimal soit levé. Il peut aussi imposer un modèle de bulletin de souscription.
Deux de ces règles demandent une explication. La validité d'un an ne doit pas être confondue avec le 31 décembre : les enregistrements de personnes expirent tous à la fin de l'année civile, alors que l'enregistrement d'un titre dure un an à partir de sa propre date d'effet. Un titre enregistré le 1er mars reste enregistré jusqu'au 1er mars suivant, et au-delà si la distribution n'est pas finie.
L'escrow et l'impound protègent les premiers souscripteurs d'une jeune société. Supposons que les fondateurs se soient attribué leurs actions à $0.50 pièce, et que le public les paie $5.00. Si les fondateurs pouvaient revendre aussitôt, ils encaisseraient dix fois leur mise sur le dos des nouveaux actionnaires : l'Administrator peut exiger que ces actions à bas prix soient mises sous séquestre chez un tiers pendant un temps. De même, si le projet a besoin de $2M pour démarrer et que l'offre n'en lève que $300,000, l'argent serait dépensé pour rien : l'Administrator peut exiger que les fonds restent bloqués jusqu'à ce que le minimum soit atteint, et rendus aux souscripteurs s'il ne l'est pas.
L'Administrator peut refuser, suspendre ou révoquer l'enregistrement d'un titre si c'est dans l'intérêt public et pour un motif légal : déclaration incomplète ou trompeuse ; violation volontaire de la loi par le déposant, l'issuer ou un underwriter ; stop order ou injonction d'une autre autorité ; activité de l'émetteur illégale là où elle s'exerce ; offre qui a fraudé ou tendrait à frauder les acheteurs ; rémunérations des underwriters, profits des promoteurs ou options déraisonnables ; titre non éligible au filing ; engagement de coordination non tenu ; frais impayés (refus seulement). Procédure : préavis, audience, conclusions écrites ; ordre sommaire possible, avec audience dans les 15 jours d'une demande écrite. Pour un fait qu'il connaissait déjà lors de l'effet, il doit agir dans les 30 jours.
Ne confonds pas les ordres. Le stop order vise un titre : il refuse, suspend ou révoque son enregistrement, et plus personne ne peut le vendre dans l'État. Le cease and desist order (chapitre 7) vise une personne et lui ordonne de cesser un comportement. Les sanctions du § 204 (deny, suspend, revoke) visent l'enregistrement d'un professionnel. Remarque aussi ce que l'Administrator ne peut pas faire : refuser un titre au seul motif qu'il juge le placement risqué. Il lui faut l'un des motifs de la liste, et l'intérêt public.
- Le prospectus omet un procès qui pourrait coûter à l'émetteur la moitié de ses actifs. Motif de stop order Déclaration incomplète sur un point important.
- Les underwriters recevront 22 % du produit de l'offre. Motif de stop order Rémunération d'underwriting déraisonnable.
- L'Administrator estime que le secteur de l'émetteur, la restauration, est trop risqué pour des particuliers. Pas un motif Le risque d'un secteur n'est pas dans la liste ; l'information suffit.
- L'émetteur n'a pas payé les frais de dépôt. Refus seulement L'ordre est levé dès le paiement.
- L'émetteur exploite des casinos dans un État où ils sont interdits. Motif de stop order Activité illégale là où elle s'exerce.
Federal covered securities et notice filing
C'est la troisième porte, ouverte par NSMIA en 1996. Certaines catégories de titres sont déjà surveillées de près au niveau fédéral, ou vendues à des acheteurs qui n'ont pas besoin de la protection de l'État. Exiger en plus cinquante enregistrements d'État coûtait cher sans rien apporter. Le Congrès a donc « couvert » ces titres : l'État ne peut plus exiger leur enregistrement.
NSMIA (Securities Act § 18) retire à l'État le pouvoir d'exiger leur enregistrement :
- titres cotés sur NYSE, Nasdaq et autres bourses nationales, et titres de rang égal ou supérieur du même émetteur ;
- titres de registered investment companies (fonds mutuels, exchange-traded funds ou ETF, unit investment trusts ou UIT) ;
- ventes à des qualified purchasers : des acheteurs très fortunés ou institutionnels, catégorie que la loi fédérale charge la SEC de définir. À ne pas confondre avec l'accredited investor de Regulation D ni avec le qualified client des honoraires de performance ;
- placements privés sous Rule 506 de Regulation D, et certaines autres offres exemptées au niveau fédéral.
À l'inverse, une action qui n'est négociée que de gré à gré (OTC, par exemple sur les marchés OTC Pink, les anciennes Pink Sheets) n'est pas federal covered à ce titre : sauf exemption, elle doit être enregistrée dans l'État.
Notice filing (USA § 307) : ce n'est pas un enregistrement. L'Administrator peut exiger les documents déposés à la SEC, un consent to service of process et des frais. Pour la Rule 506 : notice sur Form D au plus tard 15 jours après la première vente dans l'État. En cas de défaut, il peut émettre un stop order suspendant l'offre (sauf pour les titres cotés). Pour les titres cotés (et les titres de rang égal ou supérieur du même émetteur), l'État ne peut exiger ni dépôt ni frais : le notice filing concerne en pratique les fonds et la Rule 506 (Securities Act § 18(c)(2)(D)). L'antifraude reste entière.
| Registration (titre non couvert) | Notice filing (federal covered security) | |
|---|---|---|
| Ce que fait l'émetteur | Il demande l'enregistrement, par filing, coordination ou qualification | Il informe l'État : copie des documents déposés à la SEC, consent to service of process, frais |
| Pouvoir de l'Administrator sur le fond | Peut refuser, suspendre ou révoquer pour un motif du § 306 ; peut exiger escrow, impound, rapports | Aucun examen du fond ; peut seulement suspendre l'offre si le dépôt ou les frais manquent |
| Exemples | Actions d'une société locale non cotée ; offre intra-État | Parts d'un mutual fund ; placement privé sous Rule 506 |
| Antifraude | Entière dans les deux cas | |
Un matin, à Santa Fe (Nouveau-Mexique), une agent vend trois titres à des clients particuliers.
- Des actions d'une société cotée au Nasdaq. Federal covered. L'Administrator ne peut pas exiger leur enregistrement.
- Des parts d'un mutual fund. Federal covered, puisque le fonds est une registered investment company. Le fonds a dû faire un notice filing au Nouveau-Mexique et payer des frais. S'il ne l'a pas fait, l'Administrator peut suspendre l'offre de ces parts dans l'État.
- Des actions d'une société locale non cotée, qu'elle recommande activement. Ni federal covered, ni titre exempté ; et comme elle les recommande, l'ordre n'est pas « non sollicité ». À moins qu'une autre exemption de transaction ne s'applique (la manual exemption, par exemple), ces actions doivent être enregistrées au Nouveau-Mexique, sinon la vente est illégale.
Dans les trois cas, si elle ment sur le titre, l'Administrator peut agir pour fraude. Et dans les trois cas, elle-même doit être enregistrée comme agent au Nouveau-Mexique.
Exempt securities (§ 402(a))
Deuxième porte. Certains titres n'ont pas à être enregistrés parce que leur émetteur offre déjà des garanties : c'est un État, qui lève l'impôt ; ou une entité surveillée par un autre régulateur (banque, assureur, service public à tarifs réglementés) ; ou une entité dont le but n'est pas le profit. L'exemption est attachée au titre : elle le suit dans toutes ses ventes, primaires ou secondaires, quel que soit le vendeur.
L'exemption tient au titre lui-même, quel que soit le vendeur et quelle que soit la transaction :
- US government et municipal securities (États, subdivisions politiques, agences) ;
- Canada, provinces canadiennes et leurs subdivisions ; autres gouvernements étrangers avec relations diplomatiques, au niveau national seulement ;
- banks, savings institutions, trust companies ; savings and loan associations ; credit unions. C'est la banque elle-même qui est visée : les titres de sa société mère, la bank holding company, ne sont pas exemptés à ce titre ;
- compagnies d'assurance (leurs actions et obligations, pas les variable annuities) ;
- railroads, common carriers, public utilities dont les tarifs ou les émissions sont régulés ;
- titres cotés sur les grandes bourses, et titres de rang égal ou supérieur du même émetteur (en pratique, ils sont désormais federal covered) ;
- organismes sans but lucratif (religieux, éducatifs, caritatifs, fraternels, chambres de commerce) ;
- commercial paper : échéance de 9 mois (270 jours) max, coupures de $50,000 minimum, noté dans les 3 meilleures catégories ;
- investment contracts des plans d'avantages aux employés (avec notification écrite à l'Administrator 30 jours avant le lancement) ;
- coopératives, là où l'État le prévoit.
Quelques termes de la liste. Une savings and loan association et une credit union sont des établissements d'épargne et de crédit, proches des banques et surveillés comme elles. Un common carrier est un transporteur public (chemin de fer, compagnie de transport) et une public utility un service public (électricité, gaz, eau) : leurs tarifs et leurs émissions de titres sont contrôlés par une autorité. Le commercial paper est un billet de trésorerie : une dette à très court terme émise par une grande entreprise pour financer son activité courante. Les trois conditions (échéance, coupure, notation) garantissent qu'il s'agit d'un produit de qualité vendu à des acheteurs importants, pas d'un emprunt risqué placé auprès de particuliers.
- Une obligation émise par un district scolaire du Texas. Exemptée Subdivision politique d'un État.
- Une obligation de la province de l'Ontario. Exemptée Province canadienne.
- Une obligation de la ville de Lyon. Non exemptée Pour un pays autre que le Canada, seul le gouvernement national est couvert.
- Les actions ordinaires d'une compagnie d'assurance vie. Exemptées Titre émis par un assureur.
- Une variable annuity émise par la même compagnie. Non exemptée Expressément écartée de l'exemption des assureurs.
- Un billet à 180 jours d'une grande entreprise, en coupures de $100,000, noté dans la deuxième catégorie. Exempté Commercial paper : 9 mois au plus, $50,000 au moins, trois meilleures notes.
- Un billet à 12 mois de la même entreprise. Non exempté Échéance supérieure à 9 mois.
- Les actions d'une holding qui possède une banque. Non exemptées L'exemption vise les titres émis par la banque elle-même, pas par sa société mère.
Exempt transactions (§ 402(b))
Ici, le titre n'a rien de particulier : c'est une action ordinaire d'une société quelconque, qui devrait être enregistrée pour être vendue au public. Mais les circonstances de cette vente-là rendent l'enregistrement inutile. On peut ranger les exemptions en quatre familles, ce qui aide à les retenir :
- L'acheteur sait se défendre : institutions, underwriters.
- Le vendeur ne fait pas commerce de titres : vente isolée entre particuliers, vente forcée par un exécuteur, un shérif, un syndic de faillite, un créancier gagiste.
- L'initiative vient de l'acheteur : ordre non sollicité.
- L'offre est trop restreinte pour être « publique » : placement privé, certificats de pré-constitution, offre aux porteurs existants.
L'exemption tient à la façon dont la vente se fait. Le titre, lui, reste non exempté : une autre vente du même titre peut exiger l'enregistrement.
- Isolated non-issuer transactions, par un BD ou non ;
- Manual exemption : transaction non-issuer par un agent enregistré d'un BD enregistré, sur un titre en circulation dans le public depuis au moins 90 jours, dont l'émetteur est en activité (ni blank check company, société sans projet précis créée pour fusionner avec une cible encore inconnue, ni shell company, coquille sans activité réelle) et dont les informations financières figurent dans un manuel de titres reconnu ou sur EDGAR, la base publique de la SEC où les émetteurs déposent leurs documents ;
- Unsolicited orders non-issuer exécutés par un BD enregistré (l'Administrator peut exiger que le client reconnaisse par écrit le caractère non sollicité) ;
- transactions entre issuer et underwriters, ou entre underwriters ;
- obligations garanties par une hypothèque ou un acte de fiducie, si l'ensemble est offert et vendu en bloc ;
- ventes par des fiduciaries : executor, administrator, sheriff, marshal, receiver, trustee in bankruptcy, guardian, conservator ;
- vente par un pledgee de bonne foi (le créancier qui liquide un nantissement) ;
- ventes à des institutional investors (banques, assureurs, investment companies, fonds de pension, BD) ;
- private placement : pas plus de 10 offres à des non-institutionnels dans l'État sur 12 mois, achat pour investissement, pas de commission sur la sollicitation des non-institutionnels ;
- pre-organization certificates : 10 souscripteurs max, aucune commission, aucun paiement ;
- offres aux existing security holders (y compris porteurs de titres convertibles et de warrants exerçables dans les 90 jours de leur émission), sans commission autre qu'une standby commission, ou après un avis que l'Administrator ne rejette pas dans les 5 jours ouvrables ;
- offre, mais pas vente, d'un titre dont les déclarations d'enregistrement sont déposées à la fois auprès de l'État et de la SEC, sans stop order en cours.
Précisions sur les plus testées. Une transaction est isolated quand elle est occasionnelle : un particulier qui vend une fois ses actions d'une société non cotée à un voisin. Dès que les ventes se répètent, ce n'est plus isolé. Un ordre est unsolicited quand l'idée vient du client, sans recommandation de l'agent : c'est le client qui appelle et qui nomme le titre. L'exemption exige un broker-dealer enregistré, et comme tout le monde a intérêt à prétendre après coup que l'ordre n'était pas sollicité, l'Administrator peut exiger une reconnaissance écrite du client. Le pledgee est le créancier gagiste : la banque qui a reçu des titres en garantie et les vend parce que l'emprunteur ne paie plus ; l'exemption suppose un nantissement de bonne foi, pas un montage pour contourner l'enregistrement. Un pre-organization certificate est une promesse de souscrire aux actions d'une société qui n'existe pas encore.
Une société du Colorado veut lever des fonds sans enregistrer ses actions, en s'appuyant sur l'exemption de private placement de l'USA. Sur douze mois, dans le Colorado, elle présente son projet à 8 particuliers, 3 banques et 2 compagnies d'assurance. Deux particuliers et une banque achètent.
- On compte les offres, pas les ventes. 8 offres à des non-institutionnels : la limite de 10 est respectée. Les 5 institutions ne comptent pas.
- Les acheteurs achètent-ils pour investir ? Le vendeur doit raisonnablement le croire : pas de revente immédiate prévue.
- Une commission est-elle versée pour solliciter les particuliers ? Aucune ne doit l'être.
Si les trois conditions sont remplies, la transaction est exemptée. Le mois suivant, la société contacte 3 autres particuliers du Colorado : cela fait 11 offres en douze mois, l'exemption est perdue, même si aucun des trois n'achète.
Compare avec la règle fédérale 506(b) : elle compte les acheteurs non accrédités (35 au plus) et ne limite pas le nombre d'offres, mais interdit la sollicitation générale. Une question peut donner les deux chiffres dans les réponses : « 10 » avec « offerees » pour l'USA, « 35 » avec « purchasers » pour Regulation D.
Les actions de Ridgeline Mining, société non cotée et absente des manuels de titres reconnus, ne sont ni enregistrées ni exemptées dans l'État. Quatre ventes ont lieu la même semaine.
- Un client appelle son agent : « Achetez-moi 300 Ridgeline. » L'agent n'en avait jamais parlé. Ordre non sollicité exécuté par un broker-dealer enregistré : exempt transaction.
- Le même agent appelle dix autres clients pour leur recommander Ridgeline. Ordres sollicités, clients particuliers : aucune exemption. Ventes illégales d'un titre non enregistré.
- Le broker-dealer vend 50,000 Ridgeline à une compagnie d'assurance, après les lui avoir recommandées. Vente à un investisseur institutionnel : exempt transaction, sollicitée ou non.
- L'exécuteur testamentaire d'un actionnaire décédé vend les Ridgeline de la succession. Vente par un fiduciaire : exempt transaction.
Le titre est le même dans les quatre cas. Seule la deuxième vente exigeait l'enregistrement. C'est toute la différence avec un municipal bond, qui est exempté dans n'importe quelle vente.
| Exempt security | Exempt transaction | |
|---|---|---|
| Ce qui est exempté | Le titre, pour toutes ses ventes | Cette vente-là seulement |
| Exemples | Municipal bond, action de banque, commercial paper | Ordre non sollicité, vente à un assureur, vente par un executor |
| Retrait par l'Administrator | Seulement pour trois catégories : titres cotés, organismes sans but lucratif, plans d'employés | Toute exemption de transaction |
| Antifraude | S'applique toujours | |
Deux rappels qui valent pour les deux colonnes. Une exemption porte sur l'enregistrement du titre ; elle ne dit rien de l'enregistrement de la personne qui vend. L'agent d'un broker-dealer qui exécute un ordre non sollicité, ou qui vend un municipal bond, doit être enregistré. Et une exemption ne s'obtient pas par défaut : celui qui l'invoque doit prouver que toutes ses conditions étaient réunies.
- La règle USA du private placement compte les offres (10), pas les acheteurs. La règle fédérale (Rule 506(b)) compte les acheteurs non accrédités (35).
- La charge de la preuve d'une exemption repose sur celui qui la réclame (§ 402(d)).
- L'Administrator retire une exemption par ordre et pour un cas précis, jamais de façon générale : préavis, audience, conclusions écrites ; ordre sommaire possible avec audience dans les 15 jours ; aucun effet rétroactif (§ 402(c)). Beaucoup de manuels ne citent que deux catégories de titres (organismes sans but lucratif et plans d'employés) ; le texte y ajoute les titres cotés.
- Les exemptions dispensent aussi du dépôt de la publicité (§ 403), jamais de l'antifraude.
Le processus d'offre fédéral (Securities Act § 5)
Quand une société vend des titres au public dans plusieurs États, elle passe par la SEC. Le Securities Act de 1933 pose une règle simple : pas de vente avant que la déclaration d'enregistrement soit effective, et pas de vente sans prospectus. Le temps est découpé en trois périodes, et ce qu'un agent peut dire ou faire change à chaque frontière.
Le déroulé concret : la société choisit une banque d'affaires, qui forme avec d'autres un syndicat d'underwriters. Ensemble, ils préparent la déclaration et la déposent. Pendant que la SEC l'examine, les agents des broker-dealers du syndicat testent l'intérêt de leurs clients, sans pouvoir prendre d'ordre ferme. Quand la SEC déclare l'enregistrement effectif, le prix définitif est fixé, les ventes sont confirmées et chaque acheteur reçoit le prospectus final.
| Période | Permis | Interdit |
|---|---|---|
| Pre-filing : avant le dépôt de la déclaration | Négociations entre l'issuer et les underwriters | Toute offre et toute vente au public |
| Cooling-off (waiting period) : du dépôt à l'entrée en vigueur, au moins 20 jours | Offres orales ; preliminary prospectus (red herring) ; indications of interest non contraignantes ; tombstone ad | Ventes, confirmations, encaissement de fonds |
| Post-effective : après l'entrée en vigueur | Ventes, avec remise du prospectus final | Dire que la SEC a approuvé l'offre |
- L'entrée en vigueur n'est pas une approbation : la SEC ne se prononce ni sur le mérite du titre ni sur l'exactitude du prospectus. Même règle pour l'Administrator (USA § 405).
- Tombstone ad : annonce au contenu limité (émetteur, titre, quantité, prix, noms des underwriters, où obtenir le prospectus). Ce n'est ni une offre de vente ni un prospectus, et elle le dit.
- Firm commitment : les underwriters achètent l'émission et portent le risque d'invendus. Best efforts : ils agissent comme agents et rendent les invendus ; variantes all-or-none et mini-max, avec fonds sous séquestre jusqu'à l'atteinte du seuil.
- Le syndicat est dirigé par un managing underwriter ; les membres du selling group vendent sans engagement d'achat. Les underwriters mènent une due diligence sur l'émetteur ; la stabilisation du cours pendant l'offre est la seule intervention admise, annoncée dans le prospectus. Une rémunération d'underwriting déraisonnable est un motif de stop order (§ 306).
- Offre primaire : le produit va à l'émetteur. Offre secondaire : il va aux actionnaires vendeurs.
Le preliminary prospectus doit son surnom de red herring à la mention imprimée en rouge sur sa couverture, qui prévient que la déclaration n'est pas encore effective et que le document peut changer. Il contient tout sauf le prix définitif et la date. Une indication of interest est la réponse d'un client à qui l'on présente l'offre pendant le cooling-off : « je serais intéressé par 500 actions ». Elle n'engage ni le client, ni la firme. L'agent ne peut pas la transformer en ordre, ni accepter un chèque.
BioNova veut émettre 2 millions d'actions à $10, soit $20M.
- Firm commitment. Le syndicat achète les 2 millions d'actions à BioNova à $9.30 et les revend au public à $10.00. Les $0.70 d'écart par action, soit 2,000,000 × 0.70 = $1.4M, sont sa rémunération (le spread). BioNova reçoit 2,000,000 × 9.30 = $18.6M, quoi qu'il arrive. Si le public n'achète que 1,5 million d'actions, les 500,000 restantes restent sur les bras du syndicat. Le syndicat agit en principal.
- Best efforts. L'underwriter s'engage seulement à faire de son mieux pour vendre, contre une commission. S'il ne place que 1,5 million d'actions, BioNova ne lève que $15M, moins la commission, et récupère les invendus. L'underwriter agit en agent.
- Best efforts, all-or-none. L'offre n'a lieu que si les 2 millions d'actions sont toutes souscrites. Les fonds des souscripteurs sont gardés sous séquestre. À 1,9 million d'actions, l'offre est annulée et chaque souscripteur est remboursé. Dans un mini-max, le seuil est un minimum (par exemple 1,2 million), et les ventes peuvent continuer jusqu'au maximum.
- La déclaration n'est pas encore déposée. Un agent appelle ses meilleurs clients pour leur « réserver » des actions de la future émission. Interdit Aucune offre au public avant le dépôt.
- Pendant le cooling-off, un agent envoie le preliminary prospectus à un client et note qu'il serait intéressé par 300 actions. Permis Offre et indication of interest, sans vente.
- Pendant le cooling-off, le même client insiste pour payer tout de suite ; l'agent encaisse son chèque « pour lui garder sa place ». Interdit Ni vente, ni confirmation, ni encaissement avant l'effet.
- Pendant le cooling-off, l'agent joint au red herring un résumé de son cru, avec ses propres prévisions de cours. Interdit Seuls le preliminary prospectus et le tombstone circulent ; une projection serait de toute façon trompeuse.
- Après l'effet, l'agent dit : « La SEC a examiné le dossier et l'a approuvé, c'est un placement sûr. » Interdit La SEC n'approuve rien ; le dire est une fausse déclaration.
- Après l'effet, l'agent confirme la vente et joint le prospectus final à la confirmation. Conforme Le prospectus est remis au plus tard avec la confirmation.
L'antifraude et les titres : ce que l'État garde toujours
Le plan d'examen range dans cette section l'autorité antifraude de l'État : toutes les portes décrites plus haut (exemption du titre, exemption de la transaction, federal covered) concernent l'enregistrement, aucune ne concerne la fraude. Mentir en vendant un bon du Trésor, un placement sous Rule 506 ou une action cotée reste une fraude au sens de l'USA § 101 ; les pouvoirs de l'Administrator sont détaillés au chapitre 7.
Regulation D et le devoir d'enquête du broker-dealer
Une offre publique enregistrée coûte cher et prend des mois. Le Securities Act permet donc à un émetteur de lever des fonds sans enregistrement fédéral s'il ne s'adresse pas au public : c'est le private placement, dont Regulation D fixe les conditions. L'idée est la même que pour les exempt transactions de l'USA : des acheteurs fortunés ou avertis peuvent exiger eux-mêmes l'information dont ils ont besoin et supporter une perte. La notion centrale est l'accredited investor, défini par sa richesse ou sa qualité professionnelle. Le document d'information d'un placement privé s'appelle un private placement memorandum (PPM) : il est rédigé par l'émetteur et n'est examiné par aucun régulateur.
- Accredited investor (Rule 501) : personne physique ayant un revenu supérieur à $200,000 ($300,000 avec le conjoint) sur les 2 dernières années, ou un net worth supérieur à $1M hors résidence principale ; banques, assureurs, investment companies, BD ; entités de plus de $5M d'actifs ; dirigeants de l'émetteur ; titulaires en règle des Series 7, 65 ou 82.
- Rule 506(b) : pas de sollicitation générale ; accrédités sans limite, plus 35 acheteurs non accrédités au plus, qui doivent être avertis (sophisticated) et reçoivent une information détaillée.
- Rule 506(c) : sollicitation générale permise ; tous les acheteurs sont accrédités, et l'émetteur prend des mesures raisonnables pour le vérifier.
- Form D : déposé à la SEC dans les 15 jours de la première vente. Les titres sont des restricted securities : achetés hors offre publique, ils ne peuvent pas être revendus librement au public avant un délai de détention. Disqualification des bad actors : l'exemption tombe si l'émetteur, l'un de ses dirigeants ou un intermédiaire rémunéré a déjà été condamné ou sanctionné pour une infraction liée aux titres (Rule 506(d)).
- FINRA Regulatory Notice 10-22 : le BD qui recommande un placement privé doit mener une enquête raisonnable sur l'émetteur et sa direction, ses perspectives, ses actifs, ses affirmations et l'usage prévu des fonds. Il ne peut pas se reposer aveuglément sur le mémorandum de l'émetteur. L'exemption d'enregistrement ne dispense ni de l'antifraude ni de la suitability.
| Rule 506(b) | Rule 506(c) | USA § 402(b)(9) | |
|---|---|---|---|
| Niveau | Fédéral | Fédéral | État |
| Publicité, sollicitation générale | Interdite | Permise | Sans objet : 10 offres au plus |
| Qui peut acheter | Accrédités sans limite, plus 35 non accrédités avertis | Accrédités uniquement, statut vérifié | Peu importe la fortune ; achat pour investissement |
| Ce que l'on compte | Les acheteurs non accrédités | Rien | Les offres à des non-institutionnels dans l'État, sur 12 mois |
| Conséquence dans l'État | Federal covered security : notice filing sur Form D, 15 jours après la première vente dans l'État | Exempt transaction | |
- Une dentiste célibataire a gagné $230,000 et $245,000 ces deux dernières années et s'attend au même niveau cette année. Son patrimoine net est de $700,000. Revenu supérieur à $200,000 sur deux ans : accredited, par le test du revenu. Un seul test suffit.
- Un couple gagne $280,000 à deux. Son patrimoine net est de $1.5M, dont une résidence principale de $600,000. Revenu : sous $300,000 à deux, test non rempli. Net worth hors résidence principale : 1,500,000 − 600,000 = $900,000, sous $1M. Pas accredited.
- Un retraité n'a que $60,000 de revenu, mais $1.3M de titres et aucune dette, en plus de sa maison. Net worth hors résidence : $1.3M, supérieur à $1M. Accredited.
- Une agent de 28 ans, titulaire en règle de la Series 7, avec $40,000 d'économies. Accredited par sa qualification professionnelle.
Un émetteur qui utilise la Rule 506(b) pourrait vendre aux quatre : trois accrédités, et le couple parmi les 35 non accrédités, s'il est averti et reçoit l'information détaillée. Sous la Rule 506(c), le couple ne peut pas acheter, et l'émetteur doit vérifier le statut des trois autres (déclarations fiscales, relevés, attestation d'un professionnel), pas seulement leur faire cocher une case.
Le devoir d'enquête de la Regulatory Notice 10-22 répond à un problème précis : dans un placement privé, personne n'a relu le dossier. Le client qui achète sur la recommandation d'un agent suppose que la firme, elle, a vérifié. Elle doit donc l'avoir fait. Les signaux d'alerte (red flags) que la firme ne peut pas ignorer : des rendements promis très supérieurs au marché, des comptes non audités, un dirigeant déjà sanctionné, un usage des fonds vague.
- Un agent recommande à ses clients un placement privé en leur lisant le mémorandum de l'émetteur, que sa firme n'a pas vérifié. Manquement La firme ne peut pas s'en remettre au seul document de l'émetteur.
- La firme a visité les locaux, rencontré les dirigeants, consulté leurs antécédents et fait relire les comptes. L'agent recommande le placement à un client accrédité dont le profil le permet. Conforme Enquête raisonnable, puis suitability.
- Un agent recommande le même placement, risqué et illiquide, à une veuve de 78 ans qui a besoin de ses revenus. Elle est accréditée par son patrimoine. Manquement Être accrédité ne rend pas la recommandation adaptée.
- Un émetteur publie sur un réseau social une annonce pour son offre sous Rule 506(b). Violation Sollicitation générale interdite sous 506(b).
- Trois portes : titre enregistré, exemption (du titre ou de la transaction), federal covered security. Sinon, vente illégale.
- Filing : émetteur établi, effet avec le fédéral après 5 jours ouvrables. Coordination : dépôt à la SEC, effet avec le fédéral (10 jours, prix depuis 2 jours ouvrables, pas de stop order). Qualification : toute security, seule voie sans dépôt fédéral, effet sur ordre de l'Administrator.
- Enregistrement d'un titre : 1 an à partir de l'effet. Rapports au plus trimestriels. Escrow et impound possibles.
- Federal covered : titres cotés, fonds, Rule 506. Notice filing et frais (fonds, Rule 506 ; rien pour les titres cotés), pas d'enregistrement ; antifraude intacte.
- Exempt security : l'émetteur (gouvernements, Canada, banques, assureurs, services publics, sans but lucratif, commercial paper 270 jours et $50,000). Exempt transaction : la vente (isolée, non sollicitée, institutionnelle, fiduciaire, pledgee, 10 offres sur 12 mois).
- L'exemption du titre ou de la transaction n'exempte ni l'agent d'un BD, ni de l'antifraude. Preuve à la charge de celui qui l'invoque.
- Processus fédéral : pre-filing (rien), cooling-off de 20 jours au moins (offres, red herring, indications of interest, tombstone ; pas de vente), post-effective (ventes avec prospectus). Jamais « approved ».
- Regulation D : accredited ($200,000 / $300,000 de revenu, ou $1M hors résidence) ; 506(b) sans publicité et 35 non accrédités ; 506(c) avec publicité, accrédités vérifiés ; Form D sous 15 jours. Le BD enquête (Notice 10-22).
Quiz du chapitre
Remedies et pouvoirs de l'Administrator
Ce que le régulateur peut faire, ce qu'il ne peut pas faire, ce que risque celui qui viole la loi, et ce que le client peut récupérer.
Trois voies pour une même faute
Une loi ne vaut que par ce qui arrive à ceux qui la violent. Le Uniform Securities Act prévoit trois réponses, qui poursuivent trois buts différents et peuvent se cumuler pour les mêmes faits. Presque toutes les questions de ce chapitre demandent, au fond, de ne pas attribuer à l'une ce qui appartient à l'autre.
| Administrative | Civile | Pénale | |
|---|---|---|---|
| But | Protéger le public : écarter ou encadrer le professionnel | Réparer : rendre son argent à l'investisseur | Punir |
| Qui agit | L'Administrator | L'investisseur lésé | Le procureur (attorney general, district attorney) |
| Qui décide | L'Administrator lui-même, sous le contrôle d'un tribunal | Un tribunal civil | Un tribunal pénal |
| Résultat | Refus, suspension, révocation, cease and desist | Rescission ou dommages | Amende, prison |
| Faute exigée | Un motif légal et l'intérêt public | Aucune intention requise | Violation volontaire (willful) |
Un agent qui vend un titre non enregistré en mentant sur ses risques peut ainsi, pour cette seule vente, perdre son enregistrement (administratif), devoir rembourser le client (civil) et être condamné (pénal). L'Administrator n'intervient directement que dans la première voie. Dans les deux autres, il peut aider (saisir un tribunal, transmettre un dossier au procureur), mais il ne décide pas.
Un peu de vocabulaire de procédure. Un order est une décision qui vise une personne déterminée. Une hearing est une audience, où l'intéressé peut se défendre. Un subpoena est une convocation obligatoire à témoigner ou à produire des documents. Une injunction est l'ordre d'un tribunal de faire ou de ne pas faire quelque chose, dont la violation est punie comme outrage au tribunal (contempt). Un receiver est un administrateur nommé par le tribunal pour prendre le contrôle des biens du défendeur. La rescission annule la vente : chacun rend ce qu'il a reçu. La restitution rend aux victimes ce qu'elles ont perdu ; le disgorgement retire au fautif le profit qu'il a tiré de la violation.
L'antifraude : la règle sans exception
C'est le cœur de la loi, et la disposition la plus large. L'enregistrement a des exclusions et des exemptions par dizaines ; l'antifraude n'en a aucune. La raison est facile à voir : on peut admettre qu'une banque ou un bon du Trésor n'aient pas besoin d'être enregistrés, on ne peut pas admettre que quelqu'un ait le droit de mentir.
- USA § 101 : il est illégal pour toute personne, à l'occasion de l'offre, de la vente ou de l'achat de tout titre, d'employer un stratagème pour frauder, de faire une fausse déclaration sur un fait important ou d'omettre un fait important nécessaire pour ne pas induire en erreur, ou de se livrer à une pratique qui opère comme une fraude. Aucune exemption : titres exemptés, transactions exemptées, federal covered securities, personnes non enregistrées, tout est couvert. L'acheteur qui trompe un vendeur est visé comme le vendeur qui trompe un acheteur.
- USA § 102 : même interdiction pour quiconque est rémunéré pour conseiller sur des titres, y compris les personnes exclues de la définition d'investment adviser et les federal covered advisers.
- Fraud, deceit, defraud ne sont pas limités au dol de common law (§ 401(d)) : pas besoin de prouver l'intention de nuire ni une perte.
Trois notions à maîtriser. Un material fact est un fait qu'un investisseur raisonnable jugerait important pour décider : la situation financière de l'émetteur, un procès, une commission inhabituelle, le fait que la firme vend de son propre stock. La couleur des bureaux de l'émetteur n'en est pas un. Une omission est le silence sur un tel fait, quand ce silence rend trompeur ce qui a été dit : la demi-vérité est une fraude. Enfin, la fraude au sens de cette loi n'exige ni l'intention de nuire, ni que la victime ait perdu de l'argent : une affirmation fausse faite sans vérifier suffit.
- Un agent dit qu'une société « a doublé son bénéfice cette année », ce qui est vrai, sans dire que ce bénéfice vient de la vente unique de son siège. Fraude Demi-vérité : l'omission rend l'affirmation trompeuse.
- Un investisseur qui sait qu'une société va être rachetée à prix fort achète ses actions à une veuve en lui disant qu'elles « ne valent plus grand-chose ». Fraude L'acheteur qui trompe le vendeur est visé : § 101 couvre l'achat comme la vente.
- L'employé d'une ville, exclu de la définition d'agent, vend des obligations municipales exemptées en affirmant que la ville n'a jamais eu de déficit, ce qui est faux. Fraude Titre exempté, personne non enregistrée : l'antifraude s'applique quand même.
- Un agent dit de bonne foi à un client : « Je pense que cette action est sous-évaluée », après l'avoir étudiée. L'action baisse. Pas une fraude Une opinion sincère et fondée, présentée comme telle, n'est pas une fausse déclaration sur un fait.
- Un agent affirme qu'une obligation est notée AAA sans l'avoir vérifié ; elle est notée BB. Il ne voulait tromper personne. Fraude L'intention de nuire n'est pas requise.
- Un marchand vend des lingots d'or en mentant sur leur pureté. Hors du champ de l'USA L'or n'est pas une security. C'est une fraude de droit commun, pas une fraude sur titres.
Ce que l'Administrator peut faire
L'Administrator réunit trois fonctions qui, ailleurs, sont séparées : il écrit des règles, il enquête, et il juge les manquements des professionnels qu'il a enregistrés. Ses pouvoirs sont étendus tant qu'il reste dans le domaine administratif. Ils s'arrêtent là où commencent ceux des tribunaux : contraindre par la force, punir, indemniser.
- Édicter, modifier et abroger des rules, des formulaires et des orders (§ 412). Une rule est générale, un order vise des personnes déterminées. Il ne peut pas modifier la loi elle-même. Les règles sont publiées.
- Mener des investigations, publiques ou privées, dans l'État et en dehors, et publier des informations sur les violations (§ 407).
- Émettre des subpoenas, entendre des témoins sous serment, exiger des documents, y compris à la demande de l'Administrator d'un autre État.
- Émettre un cease and desist order, avec ou sans audience préalable (§ 408).
- Deny, suspend, revoke un enregistrement ; bar, censure, restreindre ou limiter les activités d'un enregistré (§ 204).
- Saisir un tribunal pour obtenir une injunction, la nomination d'un receiver ou conservator, et des ordres de rescission, restitution ou disgorgement. Le tribunal ne peut pas lui imposer de bond.
- Rendre des avis interprétatifs et des no-action determinations, contre des frais (§ 413).
- Transmettre les éléments d'une violation au procureur pour des poursuites pénales (§ 409).
- Coopérer avec les autres États, la SEC, la CFTC, SIPC et les SRO (§ 420).
Ce qu'il ne peut pas faire : arrêter quelqu'un, prononcer une peine de prison, émettre lui-même une injonction, accorder des dommages à un client. Lui et son personnel ne peuvent pas utiliser à leur profit une information non publique obtenue dans leurs fonctions (§ 406).
| Cease and desist order | Injunction | |
|---|---|---|
| Qui l'émet | L'Administrator | Un tribunal, saisi par l'Administrator |
| Audience préalable | Pas nécessaire | Décision du juge, « upon a proper showing » |
| Quand | Une violation a eu lieu ou est sur le point d'avoir lieu | Même condition |
| Si elle n'est pas respectée | L'Administrator doit aller en justice pour la faire appliquer | Contempt of court |
| Contre qui | Toute personne, enregistrée ou non | |
L'Administrator de Géorgie apprend qu'un promoteur non enregistré vend à des retraités d'Atlanta des « parts de forêt » avec rendement promis de 15 % par an.
- Enquête. Il ouvre une investigation, qu'il peut garder confidentielle. Elle peut s'étendre hors de Géorgie : le promoteur a ses comptes en Alabama.
- Subpoena. Il convoque le comptable du promoteur et exige les relevés bancaires. Le comptable ne vient pas. L'Administrator ne peut pas l'y forcer lui-même : il saisit un tribunal, qui ordonne au comptable de comparaître. Si le comptable désobéit encore, c'est le tribunal qui le punit pour contempt.
- Cease and desist. Les ventes continuent. L'Administrator ordonne au promoteur de cesser, sans audience préalable. Peu importe que le promoteur ne soit pas enregistré : l'ordre vise « toute personne ».
- Tribunal. Le promoteur ignore l'ordre. L'Administrator demande à un tribunal une injonction, la nomination d'un receiver pour geler ce qui reste des fonds, et la restitution aux investisseurs.
- Pénal. Il transmet le dossier au procureur, qui décide de poursuivre ou non.
À aucun moment l'Administrator n'a arrêté quelqu'un, prononcé une amende pénale ou rendu lui-même leur argent aux retraités : ce sont des pouvoirs de tribunaux.
Si quelqu'un ignore un subpoena (contumacy), l'Administrator saisit le tribunal, qui ordonne de comparaître ; c'est la désobéissance au tribunal qui est punie comme contempt. Nul ne peut refuser de témoigner au motif qu'il s'incriminerait ; mais celui qui est contraint de témoigner après avoir invoqué ce privilège ne peut pas être poursuivi pour les faits révélés, sauf parjure ou contempt (§ 407(d)).
Autres règles d'administration : les audiences sont publiques, sauf demande de huis clos de tous les intéressés ; l'Administrator tient un registre public des demandes, enregistrements et ordres ; un document est « filed » quand il le reçoit ; nul n'est responsable d'un acte accompli de bonne foi conformément à une règle ou un ordre, même annulé ensuite (§ 412(e)).
Refuser, suspendre, révoquer (§ 204)
Il faut deux conditions : que l'ordre soit dans l'intérêt public, et qu'il existe un motif prévu par la loi, concernant le demandeur ou, pour une firme, un de ses partners, officers, directors ou personnes de contrôle :
- demande d'enregistrement fausse ou incomplète sur un point important ;
- violation volontaire (willful) de la loi de l'État, d'une règle ou d'un ordre, ou des lois fédérales sur les titres ;
- condamnation dans les 10 ans pour un misdemeanor lié aux titres ou à l'activité titres, ou pour tout felony ;
- injonction en vigueur d'un tribunal concernant l'activité titres ;
- ordre de refus, suspension ou révocation d'un Administrator ; décision d'un autre régulateur dans les 10 ans ; sanction d'un régulateur étranger dans les 5 ans ;
- pratiques malhonnêtes ou contraires à l'éthique dans l'activité titres ;
- insolvabilité ;
- manque de qualification (formation, expérience, connaissances) ;
- défaut de supervision raisonnable ;
- frais impayés (refus seulement, levé dès le paiement).
- Le manque d'expérience seul ne suffit pas si le candidat est qualifié par sa formation ou ses connaissances.
- Un misdemeanor sans rapport avec les titres (trouble à l'ordre public, par exemple) n'est pas un motif ; un felony, quel qu'il soit, en est un pendant 10 ans.
- Willful signifie que la personne savait ce qu'elle faisait ; il n'est pas nécessaire qu'elle ait su violer la loi.
- L'Administrator ne peut pas fonder une suspension ou une révocation sur le seul fait d'un ordre judiciaire ou administratif définitif que le candidat lui avait fait connaître avant l'effet de l'enregistrement, sauf à agir dans les 90 jours. Pour un titre, le délai équivalent est de 30 jours (§ 306). Le texte original de 1956 disait 30 jours pour tout fait connu ; d'anciens manuels peuvent le reprendre. L'USA de 2002, non testé, dit un an.
Procédure. Avant un ordre définitif, l'intéressé (et son employeur s'il est agent ou IAR) a droit à : un préavis, une possibilité d'audience, et des conclusions écrites en fait et en droit. L'Administrator peut suspendre summarily en attendant ; si une audience est demandée par écrit, elle se tient dans les 15 jours. Recours devant un tribunal : dans les 60 jours, et le recours ne suspend pas l'ordre, sauf décision du tribunal (§ 411). Celui qui forme le recours est la personne lésée par l'ordre (aggrieved) ; le sursis éventuel s'appelle un stay. Le tribunal peut confirmer, modifier ou annuler l'ordre, en tout ou en partie ; les constatations de fait de l'Administrator s'imposent à lui si elles reposent sur des preuves suffisantes (competent, material and substantial evidence).
Les deux conditions sont cumulatives, et l'examen aime les séparer. Un motif légal sans intérêt public ne suffit pas ; l'intérêt public sans motif de la liste non plus. L'Administrator ne peut donc pas refuser un candidat parce qu'il le trouve antipathique, ni parce que le marché local compte déjà trop d'agents. Et la procédure protège l'intéressé : retirer à quelqu'un son métier est grave, la loi exige donc qu'il soit prévenu, entendu, et que la décision soit motivée par écrit. La seule entorse est la suspension sommaire, qui répond à l'urgence ; elle est compensée par le droit à une audience rapide.
L'Administrator de l'Arizona soupçonne un agent, M. Voss, d'avoir détourné les fonds de deux clients.
- 4 mai. Il suspend sommairement l'enregistrement de M. Voss, sans audience, en attendant l'issue de la procédure. Il notifie aussitôt M. Voss et sa firme, avec les motifs.
- 8 mai. L'Administrator reçoit la demande écrite d'audience de M. Voss. L'audience doit être fixée dans les 15 jours : au plus tard le 23 mai. S'il n'avait rien demandé, la suspension serait restée en vigueur.
- 10 juin. Après l'audience, l'Administrator rend un ordre définitif de révocation, avec ses conclusions écrites en fait et en droit.
- Recours. M. Voss a 60 jours pour saisir le tribunal : jusqu'au 9 août. Pendant ce temps, il reste révoqué : le recours ne suspend pas l'ordre, sauf si le tribunal en décide autrement.
- Felony pour fraude fiscale il y a 8 ans. Motif Tout felony dans les 10 ans.
- Felony pour vol de voiture il y a 13 ans. Pas un motif Plus de 10 ans. Il se déclare tout de même sur le Form U4.
- Misdemeanor pour avoir vendu des titres sans licence il y a 5 ans. Motif Misdemeanor lié à l'activité titres, dans les 10 ans.
- Misdemeanor pour conduite en état d'ivresse il y a 2 ans. Pas un motif Sans rapport avec les titres.
- Candidate diplômée en finance, examens réussis, aucune expérience professionnelle. Pas un motif Le manque d'expérience seul ne suffit pas.
- Candidat qui a « oublié » de mentionner une sanction d'un autre État sur sa demande. Motif Demande incomplète sur un point important ; la sanction de l'autre État est un motif distinct.
- Firme dont un administrateur est sous le coup d'une injonction pour fraude sur titres. Motif Le motif peut concerner un partner, officer, director ou une personne de contrôle.
Cinq mots à ne pas confondre
| Mesure | Qui décide | Nature | Détail |
|---|---|---|---|
| Deny | Administrator | Sanction | Refus d'une demande, pour un motif légal et dans l'intérêt public |
| Suspend | Administrator | Sanction temporaire | Peut être sommaire, en attendant l'issue d'une procédure |
| Revoke | Administrator | Sanction définitive | Motif légal, intérêt public, préavis, audience, conclusions écrites |
| Cancel | Administrator | Mesure administrative, pas une sanction | Le titulaire n'existe plus, a cessé son activité, est déclaré incapable, ou est introuvable |
| Withdraw | Le titulaire | Volontaire | Effectif après 30 jours ; l'Administrator peut encore agir pendant 1 an ; retrait conditionné si une procédure est engagée |
Pour les distinguer, pose deux questions. Qui prend l'initiative ? Si c'est le titulaire, c'est un withdrawal. Y a-t-il un reproche ? S'il n'y en a pas, c'est une cancellation : l'Administrator met ses registres à jour, rien de plus. S'il y en a un, c'est une sanction : denial si l'enregistrement n'a pas encore été accordé, suspension s'il est retiré pour un temps, revocation s'il est retiré pour de bon. La distinction a des conséquences durables : une révocation se déclare sur tous les formulaires futurs et constitue un motif de refus dans les autres États ; une cancellation ne laisse aucune tache.
- Un agent décède. Cancel Le titulaire n'existe plus.
- Une firme ferme sans prévenir ; le courrier de l'Administrator revient « inconnu à cette adresse ». Cancel Cessation d'activité, titulaire introuvable.
- Un agent est déclaré mentalement incapable par un tribunal. Cancel Aucune faute.
- Un candidat a menti sur sa demande, et l'Administrator s'en aperçoit avant l'effet. Deny Il n'y a pas encore d'enregistrement à retirer.
- Un agent enregistré depuis trois ans est reconnu coupable de churning. Suspend ou revoke Sanction, selon la gravité.
- Une agent prend sa retraite et dépose une demande de retrait. Withdraw Effectif après 30 jours.
- Un agent qui se sait sous enquête dépose une demande de retrait ; l'Administrator ouvre une procédure de révocation douze jours plus tard. Withdraw conditionné Le retrait ne prend effet qu'aux conditions fixées par l'Administrator, qui peut prononcer la révocation.
Sanctions pénales et civiles
Les deux colonnes du tableau qui suit ne répondent pas à la même question. Le pénal demande : cette personne mérite-t-elle d'être punie ? Il exige donc qu'elle ait agi volontairement, et la peine est prononcée par un juge. Le civil demande : cet investisseur doit-il récupérer son argent ? Il suffit pour cela que la vente ait été illégale ou trompeuse, même par simple négligence du vendeur.
| Criminal (§ 409) | Civil (§ 410) | |
|---|---|---|
| Sanction | Jusqu'à $5,000 d'amende et/ou 3 ans de prison | Rescission : prix payé + intérêts au taux légal + frais et honoraires d'avocat, moins les revenus perçus, contre remise du titre |
| Prescription | 5 ans | 3 ans après la vente ou 2 ans après la découverte, le premier des deux |
| Condition | Violation volontaire (willful) | Vente illégale, ou fausse déclaration ou omission, même sans intention |
| Qui décide | Un tribunal pénal, sur poursuite du procureur | Un tribunal civil, sur action du client |
- Celui qui prouve qu'il ignorait la rule ou l'order violé ne peut pas être emprisonné, mais peut être mis à l'amende. L'ignorance de la loi elle-même n'excuse rien.
- L'acheteur qui n'a plus le titre obtient des dommages : ce qu'il aurait récupéré, moins la valeur du titre lors de sa revente, avec intérêts.
- Le vendeur échappe à la responsabilité pour fausse déclaration s'il prouve qu'il ignorait l'inexactitude et n'aurait pas pu la connaître avec un soin raisonnable ; l'acheteur qui connaissait la vérité ne peut pas agir.
- Responsabilité conjointe et solidaire (§ 410(c)) : toute personne qui contrôle le responsable, ses partners, officers et directors, ses employés qui aident matériellement à la vente, et tout BD ou agent qui y aide matériellement, sauf preuve qu'ils ignoraient les faits sans faute de leur part. Les coresponsables ont un droit de contribution entre eux.
- Pour un conseil illégal ou frauduleux : remboursement des honoraires + pertes dues au conseil + intérêts + frais, moins les revenus tirés du conseil.
- L'action survit au décès du demandeur comme du défendeur.
- Celui qui a conclu un contrat en violation de la loi ne peut pas en demander l'exécution en justice.
- Une clause par laquelle le client renonce à ses droits sous la loi (waiver) est nulle.
- Ces recours s'ajoutent à ceux du droit commun ; la loi ne prévoit ni dommages punitifs ni multiple.
La responsabilité conjointe et solidaire (joint and several liability) signifie que le client peut réclamer la totalité de la somme à n'importe lequel des responsables : à l'agent, à sa firme, au dirigeant qui la contrôle. Celui qui a payé se retourne ensuite contre les autres (c'est la contribution). Pour le client, l'intérêt est évident : l'agent fautif est souvent insolvable, la firme non.
Mme Tran a acheté 1,000 actions à $20 d'un titre qui n'était ni enregistré ni exempté. Elle a touché $600 de dividendes. Deux ans après l'achat, elle agit en justice et obtient gain de cause ; ses frais et honoraires d'avocat sont de $1,500. Supposons un taux d'intérêt légal de 6 % par an.
- Prix payé : 1,000 × 20 = $20,000.
- Intérêts : 20,000 × 6 % × 2 ans = $2,400.
- Frais et honoraires : $1,500.
- Moins les revenus perçus : − $600.
- Total : 20,000 + 2,400 + 1,500 − 600 = $23,300, contre remise des 1,000 actions au vendeur.
Le cours actuel de l'action n'entre pas dans le calcul : que le titre vaille $5 ou $40, la rescission rend le prix payé. C'est pourquoi un acheteur dont le titre a monté ne demandera pas la rescission, et un acheteur dont le titre a chuté la demandera.
Variante : Mme Tran a déjà revendu ses actions $12,000. Elle ne peut plus les rendre : elle demande des dommages. Ce qu'elle aurait récupéré en les rendant (20,000 + 2,400 − 600 = $21,800), moins ce qu'elle a tiré de la revente ($12,000), soit $9,800, plus les intérêts depuis la revente et ses frais.
Une vente illégale a lieu le 10 janvier 2023. La prescription civile est de 3 ans après la vente ou 2 ans après la découverte, le premier terme atteint.
- L'acheteur découvre les faits en juillet 2023. Deux ans après la découverte : juillet 2025. Trois ans après la vente : 10 janvier 2026. Le premier terme est juillet 2025.
- Il les découvre en mars 2024. Deux ans après : mars 2026. Trois ans après la vente : 10 janvier 2026. Le premier terme est le 10 janvier 2026.
- Il les découvre en juin 2026. Les trois ans sont écoulés depuis le 10 janvier 2026 : trop tard, quelle que soit la date de découverte.
Le plafond de 3 ans est absolu. Au pénal, le procureur a 5 ans à compter de la violation : jusqu'au 10 janvier 2028.
- Un agent vend sciemment un titre non enregistré en inventant ses résultats. Pénal et civil Violation volontaire : jusqu'à $5,000 et 3 ans ; et le client peut demander la rescission.
- Un agent viole une règle de l'Administrator publiée le mois précédent et prouve qu'il n'en avait pas connaissance. Amende possible, pas de prison L'ignorance d'une rule ou d'un order évite l'emprisonnement seulement.
- Un agent soutient qu'il ignorait que la loi exige d'enregistrer les titres. Aucune excuse L'ignorance de la loi elle-même ne protège de rien.
- Un client a signé à l'ouverture du compte une clause par laquelle il « renonce à tout recours fondé sur la loi sur les titres ». Le client peut agir La clause est nulle.
- Un client qui savait parfaitement que l'affirmation de l'agent était fausse achète quand même, puis demande la rescission pour fausse déclaration. Action rejetée L'acheteur qui connaissait la vérité ne peut pas agir sur ce fondement.
- La cliente lésée décède avant le procès. L'action continue Elle passe à sa succession.
Le vendeur qui découvre sa faute peut offrir par écrit, avant tout procès, de rembourser le prix payé avec intérêts, moins les revenus perçus. Deux cas :
- l'acheteur possède encore le titre : s'il n'accepte pas l'offre dans les 30 jours de sa réception, il perd son droit d'agir ;
- l'acheteur ne possède plus le titre : il perd son droit d'agir, sauf s'il rejette l'offre par écrit dans les 30 jours.
L'offre de rescission est le moyen, pour un vendeur qui s'aperçoit de son erreur, de solder le problème avant un procès. La loi l'encourage, parce que l'investisseur est remboursé vite et sans frais. En échange, elle donne au vendeur une sécurité : passé 30 jours, il sait à quoi s'en tenir. La différence entre les deux cas tient à ce que l'acheteur peut encore faire. S'il a le titre, on lui propose une vraie annulation : il n'a qu'à accepter, et son silence vaut renoncement. S'il ne l'a plus, on lui propose une somme : il doit dire non par écrit s'il veut garder le droit de discuter le montant devant un juge.
Un broker-dealer découvre qu'il a vendu à deux clients, en mars, un titre qui n'était pas enregistré dans l'État. Le 1er septembre, chacun reçoit une offre écrite de rescission : remboursement du prix avec intérêts, moins les dividendes.
- M. Adler possède encore ses actions, qui ont perdu 40 %. S'il accepte avant le 1er octobre, il rend les actions et est remboursé. S'il laisse passer les 30 jours sans accepter, il garde ses actions et ne peut plus poursuivre la firme sur ce fondement.
- Mme Brandt a revendu les siennes à perte en juin. L'offre lui propose une somme qu'elle juge insuffisante. Si elle ne fait rien pendant 30 jours, elle perd son droit d'agir. Pour le conserver, elle doit rejeter l'offre par écrit dans les 30 jours. Un refus par téléphone ne suffit pas.
Dans les deux cas, le silence profite au vendeur. Le piège d'examen consiste à inverser les deux situations, ou à proposer un délai de 60 ou 90 jours.
Recours fédéraux et arbitrage
- SEC Rule 10b-5 : interdiction générale de la fraude à l'achat et à la vente de titres ; elle fonde les actions de la SEC et une action privée des investisseurs. L'USA § 101 en est la copie au niveau de l'État.
- Securities Act § 11 et § 12 : responsabilité pour une déclaration d'enregistrement ou un prospectus inexacts.
- Délit d'initié : pénalité civile jusqu'à trois fois le profit ; sanctions pénales fédérales (chapitre 9).
- Arbitrage FINRA : les conventions de compte contiennent en général une clause d'arbitrage ; la sentence est définitive et obligatoire, avec un contrôle judiciaire très limité.
Ces recours fédéraux existent en parallèle des recours d'État : le même mensonge viole à la fois l'USA § 101 et la Rule 10b-5, et la SEC comme l'Administrator peuvent agir. L'arbitrage est une justice privée : au lieu d'aller devant un tribunal, le client et la firme soumettent leur litige à des arbitres, selon une procédure organisée par FINRA. Le client s'y est engagé en signant la convention de compte. Retiens le lien avec ce qui précède : une clause d'arbitrage change le lieu où le litige est tranché, elle ne retire pas au client les droits que la loi lui donne ; une clause qui lui ferait renoncer à ces droits serait nulle.
SIPC
Le dernier filet de sécurité ne concerne ni la fraude ni les sanctions, mais un risque plus simple : que le broker-dealer qui garde tes titres fasse faillite et qu'ils ne soient plus là. SIPC a été créée par une loi fédérale de 1970 (le Securities Investor Protection Act) pour que la défaillance d'une firme ne ruine pas ses clients. Son rôle est de rendre au client ce qui était dans son compte, dans la limite d'un plafond, pas de le protéger contre un mauvais placement.
La Securities Investor Protection Corporation est un organisme à but non lucratif, financé par ses membres, les broker-dealers enregistrés. Elle intervient quand un BD membre fait défaut et que des titres ou des espèces de clients manquent.
- Plafond : $500,000 par separate customer, dont $250,000 au plus pour les espèces.
- Separate capacity : un compte individuel, un compte joint, un IRA, un Roth IRA, un compte de trust sont couverts séparément. Deux comptes détenus au même titre (un compte cash et un compte sur marge au même nom) sont cumulés.
- Couverts : actions, obligations, parts de fonds (les fonds monétaires comptent comme des titres), espèces détenues pour acheter des titres.
- Non couverts : la baisse de valeur des titres, un mauvais conseil, la fraude d'un émetteur, les contrats à terme sur matières premières, les devises, les contrats d'investissement non enregistrés.
- Un trustee liquide la firme ; les positions sont évaluées à la date de dépôt de la procédure ; les titres sont restitués quand c'est possible.
- SIPC n'est pas la FDIC : la FDIC assure des dépôts bancaires ; SIPC ne garantit la valeur d'aucun titre. Un agent ne peut pas dire qu'un compte est « assuré contre les pertes ».
Compte contenant $150,000 de titres et $290,000 d'espèces chez un BD en faillite : titres couverts $150,000 ; espèces plafonnées à $250,000 ; total $400,000. Les $40,000 restants deviennent une créance ordinaire dans la liquidation.
La méthode de calcul tient en trois étapes : (1) regroupe les comptes détenus au même titre ; (2) pour chaque groupe, plafonne les espèces à $250,000 ; (3) additionne titres et espèces retenues, et plafonne le total à $500,000.
Le broker-dealer est en liquidation et les actifs des clients manquent. Combien SIPC couvre-t-elle ?
- $600,000 de titres, pas d'espèces. Titres : $600,000, plafond global de $500,000. Couvert : $500,000. Non couvert : $100,000.
- $100,000 de titres et $450,000 d'espèces. Espèces plafonnées à $250,000. Total : 100,000 + 250,000 = $350,000. Non couvert : $200,000 d'espèces. Le plafond global n'est pas atteint, mais celui des espèces l'est.
- $400,000 de titres et $200,000 d'espèces. Les espèces sont sous leur plafond, mais le total de $600,000 dépasse $500,000. Couvert : $500,000.
- Un compte individuel de $450,000 de titres, et un compte joint avec son épouse de $400,000 de titres. Deux qualités différentes : chaque compte a son propre plafond. Couvert : $450,000 + $400,000 = $850,000.
- Un compte cash de $350,000 de titres et un compte sur marge de $250,000 d'equity, au même nom. Même qualité : on cumule, soit $600,000, puis on applique un seul plafond. Couvert : $500,000.
Dernier cas : les titres d'un client valaient $420,000 un an avant la faillite et $300,000 à la date de dépôt de la procédure. SIPC ne couvre pas la baisse de marché de $120,000 : elle rend les titres, ou leur valeur à la date de dépôt, soit $300,000.
- « Votre compte est assuré par SIPC jusqu'à $500,000 contre les pertes. » Trompeur SIPC ne couvre pas les pertes de valeur.
- « Notre firme est membre de SIPC, qui protège les titres et les espèces de votre compte, dans certaines limites, si la firme fait défaut. » Exact
- « SIPC, c'est comme la FDIC pour les banques. » Trompeur La FDIC assure des dépôts ; SIPC ne garantit la valeur d'aucun placement.
- « Vos contrats à terme sur le pétrole sont couverts aussi. » Faux Les commodity futures sont exclus.
- Antifraude (§ 101, § 102) : toute personne, tout titre, offre, vente et achat. Aucune exemption. Intention non requise.
- L'Administrator peut : rules et orders, enquêtes, subpoenas, cease and desist (avec ou sans audience), deny / suspend / revoke, saisir un tribunal, transmettre au procureur. Il ne peut pas : émettre une injonction, emprisonner, indemniser.
- Sanction d'un enregistrement : intérêt public et motif légal. Préavis, audience, conclusions écrites. Suspension sommaire : audience dans les 15 jours de la demande écrite. Recours : 60 jours, non suspensif.
- Felony : 10 ans ; misdemeanor : seulement lié aux titres. Le manque d'expérience seul ne suffit pas.
- Cancel : pas une sanction. Withdraw : volontaire, 30 jours, compétence 1 an.
- Pénal : willful, $5,000 et/ou 3 ans, prescription 5 ans. Ignorance d'une rule : pas de prison.
- Civil : rescission (prix + intérêts + frais − revenus), prescription 3 ans après la vente ou 2 ans après la découverte, le premier atteint. Waiver nul.
- Offre de rescission : 30 jours. Titre conservé : il faut accepter. Titre revendu : il faut rejeter par écrit.
- SIPC : $500,000 par separate capacity, dont $250,000 d'espèces. Pas la baisse de marché, pas les commodities.
Quiz du chapitre
Communication avec les clients et prospects
Tout ce que tu dis, écris, publies, fais signer, conserves ou omets. La règle générale : ne jamais tromper sur un material fact, c'est-à-dire un fait qu'un investisseur raisonnable jugerait important. La section couvre aussi les conventions de compte (nouveau compte, marge, options), les registres et la confidentialité.
Pourquoi la parole de l'agent est réglementée
Un titre ne se voit pas et ne s'essaie pas. Le client ne peut pas juger par lui-même une action ou une obligation comme il jugerait une voiture : il achète ce qu'on lui en dit. Dans ce métier, l'information est le produit. Voilà pourquoi un cinquième de l'examen porte sur la communication, et pourquoi les règles sont si détaillées. Elles se ramènent pourtant à quatre idées, qui organisent tout le chapitre :
- Ne rien dire de faux ni de trompeur, y compris par omission (déclarations interdites, normes de contenu de la publicité).
- Dire ce qui doit être dit, au bon moment et sous la bonne forme (confirmation, prospectus, documents de risque des options et de la marge, brochure de l'adviser).
- Faire relire par la firme ce qui s'adresse au public (approbation par un principal, supervision de la correspondance).
- Garder une trace de tout (registres, archivage des messages) et protéger ce que le client a confié (confidentialité).
La plupart des questions décrivent une phrase prononcée par un agent, un message envoyé ou un document remis, et demandent si c'est permis. Quand tu hésites, applique ces quatre idées dans l'ordre : est-ce exact et complet ? Le client a-t-il reçu le document requis ? Un principal l'a-t-il approuvé s'il le fallait ? La firme en a-t-elle une copie ?
Les déclarations interdites
Trois de ces interdictions sont nommées dans le plan d'examen : les fausses affirmations sur l'enregistrement, les garanties de performance, et plus largement tout ce qui trompe sur le produit.
- Dire que l'enregistrement d'un titre ou d'un professionnel, ou une exemption, signifie que l'Administrator l'a approuvé, recommandé ou jugé sur le fond (USA § 405). On peut dire qu'on est « registered », jamais « approved ».
- Garantir un rendement ou l'absence de perte. Un titre peut être dit « guaranteed » seulement si un tiers garantit le paiement du principal, des intérêts ou des dividendes (§ 401(e)).
- Promettre qu'un titre sera coté en bourse sans base réelle.
- Omettre un fait important, ou présenter une demi-vérité.
- Donner des cotations fictives ou des prix non bona fide.
- Présenter des projections comme des faits, cacher les risques, utiliser une présentation fondée sur des conjectures.
- Faire une déclaration fausse dans un document déposé auprès de l'Administrator (§ 404).
Ces règles valent pour l'oral comme pour l'écrit, et pour tout titre, exempté ou non. Un avertissement (disclaimer) ne corrige pas une affirmation trompeuse.
Pourquoi « registered » mais jamais « approved ». L'enregistrement est un contrôle de forme : le dossier est complet, les frais sont payés, rien ne s'y oppose. L'Administrator n'a pas vérifié que le titre est un bon placement, ni que l'agent est compétent ou honnête. Si un agent pouvait dire « l'État m'a approuvé », le client croirait à une caution officielle et baisserait sa garde. La loi interdit donc toute phrase qui transforme l'enregistrement en label de qualité. Dire « je suis enregistré dans cet État » est un fait exact, et permis. Dire « je suis enregistré, donc l'État garantit mon sérieux » est illégal, même si l'enregistrement est bien en vigueur.
Pourquoi aucune garantie. Personne ne peut garantir le cours d'un titre. Celui qui le promet ment, ou bien s'engage à rembourser de sa poche, ce qui est une autre violation. Le mot guaranteed a pourtant un usage légitime et étroit : quand une personne autre que l'émetteur s'est engagée à payer le principal, les intérêts ou les dividendes si l'émetteur ne le fait pas. Une obligation d'une filiale garantie par sa société mère est une « guaranteed bond ». La garantie porte sur les paiements, pas sur le prix de marché du titre, et l'agent doit le dire.
- « Ce titre est enregistré auprès de l'État, ce qui veut dire que l'Administrator l'a examiné et jugé solide. » Illégal L'enregistrement n'est pas une approbation.
- « Je suis agent enregistré dans cet État et ma firme l'est aussi. » Permis Fait exact, sans suggestion d'approbation.
- « Ce titre est exempté d'enregistrement : c'est la preuve que l'État le considère comme sûr. » Illégal Une exemption n'est pas non plus une approbation.
- « Les obligations du Trésor américain sont garanties par l'État fédéral quant au paiement des intérêts et du principal. » Permis Exact ; il ne dit pas que leur prix ne peut pas baisser.
- « Si l'action n'a pas monté de 10 % dans un an, je vous la rachète au prix d'achat. » Illégal Garantie contre la perte.
- « Cette société sera cotée au Nasdaq dans trois mois », alors qu'aucune demande n'a été déposée. Illégal Promesse de cotation sans base.
- « D'après nos analystes, le bénéfice pourrait progresser ; voici leurs hypothèses et les risques. » Permis Opinion présentée comme telle, avec ses fondements et ses risques.
- « Ce fonds a rapporté 12 % l'an dernier », sans préciser que la moyenne sur dix ans est de 3 %. Trompeur Demi-vérité.
- Un agent montre un cours de $14 pour une action peu négociée, alors que personne n'est prêt à acheter à ce prix. Illégal Cotation fictive.
Le dépôt de la documentation commerciale (USA § 403)
L'Administrator peut exiger, par règle ou par ordre, le dépôt de tout prospectus, brochure, circulaire, lettre type, publicité ou autre documentation commerciale destinée aux investisseurs potentiels, y compris aux clients d'un adviser, sauf si le titre ou la transaction est exempté (§ 402) ou si le titre est federal covered.
Autrement dit, l'État peut demander à voir la publicité avant qu'elle ne circule, pour les titres qu'il enregistre. Pour les titres exemptés et les federal covered securities, il ne peut pas l'exiger. Dans tous les cas, une publicité trompeuse reste une fraude : l'absence de dépôt ne protège pas son auteur.
Informations obligatoires
Ne pas mentir ne suffit pas : certaines informations doivent être données sans que le client ait à les demander. Elles répondent à des questions qu'il ne penserait pas à poser. Combien ai-je payé, et à qui ? Ma firme était-elle mon intermédiaire ou mon vendeur ? A-t-elle un intérêt dans ce titre ? Le plan d'examen appelle cela required product disclosures.
- Confirmation (SEC Rule 10b-10), au plus tard au dénouement de la transaction (at or before completion, c'est-à-dire le paiement et la livraison) : date, titre, quantité, prix, capacity (la firme a agi en agent, rémunérée par une commission, ou en principal, rémunérée par un markup ou un markdown), et montant de la commission en agency.
- Relevés de compte (FINRA Rule 2231) : au moins une fois par trimestre civil pour tout compte ayant une position, un solde ou une activité.
- Conflits d'intérêts : la firme est market maker, détient le titre, participe au placement, ou est liée à l'issuer par une relation de contrôle. À divulguer avant la transaction ; si la divulgation est orale, elle est complétée par écrit au plus tard au dénouement de la transaction (at or before completion).
- Frais : tout frais de service doit être raisonnable et divulgué.
- Prospectus : remis au plus tard à la date d'envoi de la confirmation d'une nouvelle émission.
- Produits nouveaux ou complexes : caractéristiques, coûts et risques présentés de façon juste et équilibrée.
- Performance : pas de projection ; rendement présenté net de frais et accompagné du rendement total standardisé pour les fonds.
- Retenue du courrier (FINRA Rule 3150) : seulement sur instructions écrites du client indiquant la durée ; au-delà de 3 mois consécutifs, un motif acceptable (sécurité) est requis. Confirmations et relevés ne sont jamais retenus à l'initiative de l'agent.
La confirmation est l'avis d'opéré : le document envoyé après chaque transaction, qui en fixe les termes. Le relevé de compte (account statement) récapitule périodiquement les positions et les mouvements. Ces deux documents sont le principal moyen pour le client de vérifier ce qui se passe dans son compte ; un agent qui les intercepte, les fait envoyer à sa propre adresse ou les « garde pour le client » prive celui-ci de ce contrôle, et c'est souvent le signe d'une fraude.
Un client achète 200 actions Delta Tools à $50.
- Si la firme a agi en agent, la confirmation indique : achat de 200 actions à $50.00 ; « as agent » ; commission $60 ; total $10,060. Le montant de la commission doit apparaître.
- Si la firme a agi en principal, elle indique : achat de 200 actions à $50.30 ; « as principal » ; total $10,060. La firme a vendu de son stock, et sa rémunération est dans le prix.
- Si la firme est market maker sur Delta Tools, ou si elle a participé au placement du titre, ce fait est un conflit d'intérêts à divulguer.
- Si les 200 actions viennent d'une nouvelle émission, le prospectus final accompagne la confirmation au plus tard.
Ouvrir un compte : FINRA Rule 4512
Le plan d'examen classe l'ouverture de compte parmi les customer agreements, avec la marge et les options. La raison de toutes ces informations est double. La firme doit savoir à qui elle a affaire (identité, majorité, capacité à contracter), et elle doit en savoir assez pour que ses recommandations conviennent au client (chapitre 9). Le formulaire d'ouverture (new account form) est rempli par l'agent avec le client, puis accepté par un principal, qui engage la firme.
Les principaux types de comptes : le cash account, où le client paie chaque achat en entier ; le margin account, où la firme lui prête une partie du prix ; le compte individual, à un seul titulaire ; le compte joint, à plusieurs titulaires, dont chacun peut donner des ordres ; le custodial account, tenu par un adulte pour un mineur ; le compte discretionary, où le client a autorisé par écrit quelqu'un à décider pour lui.
- À conserver pour chaque compte : nom et résidence du client ; s'il est majeur ; l'associé responsable du compte ; la signature du partner, officer ou manager qui accepte le compte ; pour une entité, les personnes autorisées à agir.
- Pour un compte non institutionnel, efforts raisonnables pour obtenir, avant le règlement de la première transaction : numéro fiscal ou Social Security number, profession et employeur, et si le client est associé d'un autre membre.
- Trusted contact person : la firme fait des efforts raisonnables pour obtenir le nom et les coordonnées d'une personne de confiance de 18 ans ou plus. Son absence n'empêche pas d'ouvrir le compte. La firme informe par écrit le client qu'elle peut la contacter et lui divulguer des informations pour traiter une possible exploitation financière, ou pour confirmer les coordonnées du client, son état de santé, ou l'identité d'un tuteur, exécuteur, trustee ou mandataire. Le trusted contact n'a aucun pouvoir sur le compte.
- Compte discrétionnaire : la firme conserve la signature datée de chaque associé autorisé à exercer la discrétion.
Le trusted contact est une invention récente, liée au vieillissement des clients. Quand la firme soupçonne qu'un client âgé est manipulé, ou n'arrive plus à le joindre, elle a besoin de quelqu'un à appeler. Mais le secret professionnel lui interdit en principe de parler du compte à un tiers. La règle résout le problème à l'avance : à l'ouverture, on demande au client de désigner une personne que la firme pourra contacter dans ces situations. Cette personne ne peut ni passer d'ordre, ni retirer de l'argent, ni consulter le compte : elle n'est qu'un interlocuteur.
Mme Garnier, 71 ans, veuve, veut ouvrir un compte individuel chez un broker-dealer.
- L'agent recueille son nom, son adresse, sa date de naissance (elle est majeure), puis s'efforce d'obtenir son Social Security number, sa profession (retraitée) et le fait qu'elle n'est pas associée à un autre broker-dealer. Il recueille aussi son profil d'investisseur (objectifs, situation financière, expérience), nécessaire pour toute recommandation.
- Il lui demande un trusted contact. Elle hésite et préfère ne nommer personne. L'agent a fait des efforts raisonnables : le compte peut être ouvert. Il n'a pas à insister ni à refuser le compte. Si elle avait désigné sa fille, la firme l'aurait informée par écrit des cas où elle pourrait la contacter.
- Un principal examine le dossier et signe pour accepter le compte. La firme doit conserver cette signature ; l'acceptation intervient avant le premier ordre ou promptement après, selon ses procédures.
- Dans les 30 jours, la firme envoie à Mme Garnier une copie de sa fiche de compte pour qu'elle la vérifie ; elle la lui renverra au moins tous les 36 mois.
- Deux ans plus tard, le neveu de Mme Garnier appelle pour vendre des titres « de la part de sa tante ». Sans procuration écrite au dossier, l'agent refuse l'ordre.
- Un prospect refuse de donner sa profession et son employeur. L'agent le note et ouvre le compte après accord du principal. Permis La règle demande des efforts raisonnables pour obtenir ces informations.
- Un agent ouvre un compte et y exécute des ordres ; aucun principal ne voit jamais le dossier. Non conforme Le compte doit être accepté par un partner, officer ou manager.
- Un jeune de 16 ans veut ouvrir un compte à son nom avec ses économies. Refusé Mineur : il faut un custodial account tenu par un adulte.
- Une cliente désigne son frère comme trusted contact ; le frère appelle pour connaître le solde. Refusé Le trusted contact n'a aucun droit d'accès ni pouvoir sur le compte.
- Pour aider un client qui ne veut pas que sa femme connaisse ses placements, un agent ouvre le compte au nom d'un cousin du client. Violation Compte fictif.
Les registres du broker-dealer : SEC Rules 17a-3 et 17a-4
Un régulateur qui arrive dans une firme ne peut reconstituer ce qui s'est passé qu'à partir des documents. La firme doit donc tout consigner au moment où cela se produit, et le garder. La logique des durées : ce qui décrit la comptabilité et les comptes (qui possède quoi, ce qui est entré et sorti) se garde le plus longtemps, 6 ans ; ce qui décrit les échanges du quotidien (ordres, confirmations, messages, publicité) se garde 3 ans ; ce qui décrit l'existence même de la firme se garde tant qu'elle existe. Dans tous les cas, les 2 premières années, les documents doivent pouvoir être produits immédiatement.
La Rule 17a-3 dit quels registres créer ; la Rule 17a-4 dit combien de temps les conserver. La NASAA n'a pas de règle modèle sur ce sujet : le droit fédéral interdit aux États d'exiger plus.
| Registre | Durée de conservation |
|---|---|
| Blotters (journal quotidien des achats, ventes, entrées et sorties), grand livre, comptes clients (ledgers), registre des positions | 6 ans, dont les 2 premiers en lieu facilement accessible |
| Fiches et documents d'ouverture et de tenue du compte client | 6 ans après la clôture du compte |
| Mémorandums d'ordres, confirmations, communications reçues et envoyées (e-mails compris), accords écrits, procurations, publicités | 3 ans, dont les 2 premiers en lieu facilement accessible |
| Dossiers des associés, registre des plaintes écrites | 3 ans après la fin de l'association ; plaintes : au moins 3 ans (FINRA Rule 4513 : 4 ans) |
| Statuts, procès-verbaux, registres des actions | Toute la vie de la firme et de son successeur |
- Fiche de compte (Rule 17a-3(a)(17)) : copie envoyée au client dans les 30 jours de l'ouverture, puis au moins tous les 36 mois, et dans les 30 jours d'un changement.
- Conservation électronique : format non réinscriptible et non effaçable (WORM), ou système gardant une piste d'audit horodatée complète.
- Côté USA (§ 203) : l'Administrator peut exiger des registres dans la limite fédérale et les examiner à tout moment.
La réponse attendue par les anciennes questions est souvent 3 ans pour le BD contre 5 ans pour l'adviser. Si les options distinguent les types de registres, applique le tableau : 6 ans pour les blotters, ledgers et dossiers de comptes ; 3 ans pour les communications, ordres et confirmations ; la vie de la firme pour les documents constitutifs.
Quelques termes. Un blotter est le journal chronologique de toutes les opérations du jour. Un ledger est un livre de comptes : le grand livre de la firme, ou le compte de chaque client. Un order memorandum (ou order ticket) est la fiche de chaque ordre : titre, quantité, sens, heure de réception et d'exécution, et si l'ordre était sollicité ou discrétionnaire. Un agent qui indiquerait « unsolicited » sur un ordre qu'il a recommandé falsifierait un registre de la firme.
Communications avec le public : FINRA Rule 2210
Le plan d'examen appelle cette partie correspondence and advertising. FINRA classe toute communication écrite selon son audience, et le niveau de contrôle suit le risque : plus le message touche de particuliers, plus il doit être contrôlé avant de partir. Un message à quelques clients est relu après coup, par sondage. Un message de masse est approuvé avant. Un message réservé à des professionnels relève des procédures internes. Note que la règle ne vise que l'écrit, papier ou électronique : une conversation téléphonique n'est pas une « communication » au sens de la Rule 2210, même si tout ce que l'agent y dit reste soumis à l'antifraude.
| Catégorie | Définition | Contrôle |
|---|---|---|
| Retail communication | Communication écrite ou électronique distribuée ou mise à disposition de plus de 25 investisseurs particuliers sur 30 jours calendaires | Approbation préalable par un principal ; dépôt auprès de FINRA dans certains cas |
| Correspondence | Communication à 25 investisseurs particuliers ou moins sur 30 jours calendaires | Pas d'approbation préalable ; supervision et revue selon les procédures de la firme (Rule 3110) |
| Institutional communication | Communication réservée aux investisseurs institutionnels | Procédures écrites de la firme ; ne doit pas être transmise à des particuliers |
- Normes de contenu, pour toutes les catégories : loyauté et bonne foi ; présentation juste et équilibrée, donnant une base solide pour évaluer les faits ; pas d'omission qui rende le message trompeur ; pas d'affirmation fausse, exagérée ou promissoire ; pas de prédiction ni de projection de performance (une illustration hypothétique de principes mathématiques est permise).
- Témoignages : mentionner qu'ils ne sont pas forcément représentatifs, qu'ils ne garantissent rien, et qu'ils sont rémunérés si la valeur versée dépasse $100.
- Dépôt auprès de FINRA : pendant la première année d'un nouveau membre, au moins 10 jours ouvrables avant la première utilisation ; pour les retail communications sur des fonds, dans les 10 jours ouvrables après la première utilisation.
- Conservation : 3 ans, avec le nom du principal qui a approuvé et la date.
- Chaque site web de la firme porte un lien visible vers BrokerCheck.
Une agent rédige un commentaire de marché d'une page et veut l'envoyer par e-mail.
- Elle l'envoie à 18 clients particuliers en mars. 25 ou moins sur 30 jours : correspondence. Pas d'approbation préalable ; la firme la supervise et l'archive.
- Deux semaines plus tard, elle envoie le même texte à 12 autres particuliers. Cela fait 30 destinataires particuliers en moins de 30 jours : le texte est devenu une retail communication, qui aurait dû être approuvée par un principal avant l'envoi.
- Elle l'envoie à 300 personnes, toutes gérantes de fonds de pension ou de compagnies d'assurance. Institutional communication : pas d'approbation préalable exigée par la règle, mais les procédures de la firme s'appliquent, et le texte ne doit pas être retransmis à des particuliers.
- Elle le publie sur le site de la firme. Accessible à tous : retail communication, approbation préalable.
Le seuil est « plus de 25 » : 25 destinataires, c'est encore de la correspondence ; 26, c'est une retail communication. Et quel que soit le classement, le contenu doit être juste et équilibré : la catégorie change le contrôle, pas les normes.
Réseaux sociaux, e-mail, messagerie
- C'est le contenu qui compte, pas l'appareil ni le compte : un message d'affaires est une communication de la firme, à superviser et à archiver (Rule 17a-4), même envoyé d'un téléphone personnel.
- Contenu statique (profil, page, publication qui reste affichée) : retail communication, donc approbation préalable d'un principal.
- Contenu interactif en temps réel (échanges dans un forum, commentaires) : pas d'approbation préalable, mais supervision comme de la correspondence.
- Contenu de tiers : la firme en répond si elle a participé à sa préparation (entanglement) ou si elle l'a approuvé ou endossé, par exemple en l'aimant ou en le partageant (adoption).
- Utiliser une application ou un compte non approuvé et non archivé pour parler affaires est une violation, quel que soit le contenu.
- Une recommandation publiée sur un réseau social reste soumise à la suitability et à Regulation Best Interest.
Un site web est lisible depuis tous les États. La NASAA admet qu'un broker-dealer, un agent, un investment adviser ou un IAR qui publie des informations sur internet ne « fait pas affaire » dans un État où il n'est pas enregistré, à quatre conditions :
- la communication porte une mention claire qu'il ne peut traiter qu'avec les résidents des États où il est enregistré, ou exempté ou exclu ;
- des pare-feux l'empêchent de répondre de façon personnalisée aux résidents d'un État où il n'est pas enregistré : pas de transaction, pas de conseil personnalisé, tant qu'il ne l'est pas ;
- pour un agent ou un IAR, le site indique clairement la firme à laquelle il est rattaché, et la firme supervise ses communications ;
- les autres règles (antifraude, publicité, registres) continuent de s'appliquer.
Les règles n'ont pas été réécrites pour internet : FINRA applique les catégories existantes aux nouveaux outils. La distinction utile est celle du statique et de l'interactif. Une page de profil ou une publication qui reste en ligne ressemble à une publicité : on a le temps de la faire approuver avant. Un échange en direct ressemble à une conversation : l'approbation préalable est impossible, donc la firme contrôle après coup. Dans les deux cas, la firme doit pouvoir archiver : c'est la raison pour laquelle les messageries qu'elle ne peut pas enregistrer sont interdites pour les affaires, même si le client les préfère.
- Un agent crée un profil professionnel décrivant ses services, sans le soumettre à sa firme. Violation Contenu statique : approbation préalable d'un principal.
- Sur une plateforme approuvée et archivée par sa firme, un agent répond en direct aux questions d'un forum, sans approbation préalable de chaque réponse. Permis Contenu interactif, supervisé comme de la correspondence.
- Un client écrit à son agent sur une messagerie privée chiffrée pour demander son avis sur une action ; l'agent répond sur la même application, que la firme n'archive pas. Violation Communication d'affaires hors des canaux approuvés. Il doit ramener l'échange sur un canal de la firme.
- Un client publie sur la page de l'agent : « Grâce à lui, j'ai gagné 30 % ! » L'agent ne réagit pas. Pas adopté Contenu de tiers que l'agent n'a ni préparé ni endossé.
- L'agent clique « J'aime » sur ce commentaire et le partage. Adopté Le commentaire devient sa communication : règles des témoignages, et interdiction des affirmations exagérées.
- Un agent envoie de son adresse personnelle un e-mail à un ami, sans rapport avec les titres. Hors du champ C'est le contenu qui compte : ce n'est pas une communication d'affaires.
- Un agent écrit sur son profil : « Conseiller financier · performances garanties ». Violation Garantie, et titre de « conseiller » trompeur s'il n'est pas IAR (chapitre 9).
Options : droits, obligations et valorisation
Le plan d'examen inclut les options à deux titres : l'accord de compte d'options (un customer agreement) et la valorisation des options. Il faut donc comprendre le produit avant ses règles. Les calculs sont simples une fois le mécanisme acquis, et ce sont des points sûrs.
Ce qu'est une option
Une option est un contrat entre deux personnes sur une action (le sous-jacent). L'acheteur paie une somme, la prime (premium), et reçoit en échange un droit : celui d'acheter ou de vendre l'action à un prix convenu d'avance, le strike price (prix d'exercice), jusqu'à une date limite, l'expiration. Le vendeur encaisse la prime et accepte l'obligation correspondante : si l'acheteur exerce son droit, il doit s'exécuter. L'acheteur n'est jamais obligé d'exercer : si l'opération ne lui est pas favorable, il laisse l'option expirer et ne perd que la prime.
- Un call donne le droit d'acheter. On l'achète quand on pense que l'action va monter : on pourra l'acheter au strike, moins cher que le marché.
- Un put donne le droit de vendre. On l'achète quand on pense que l'action va baisser : on pourra la vendre au strike, plus cher que le marché. On l'achète aussi pour protéger des actions qu'on possède.
- L'acheteur est dit holder ou long ; le vendeur, writer ou short. Exercer, c'est utiliser son droit ; être assigné, c'est, pour le vendeur, être désigné pour s'exécuter.
- Une option se lit ainsi : « 1 XYZ October 50 call at 3 » = un contrat, sur l'action XYZ, expirant en octobre, strike 50, de type call, prime de 3 dollars par action. Comme le contrat porte sur 100 actions, il coûte 3 × 100 = $300.
Pourquoi vendre une option, puisqu'on prend une obligation ? Pour encaisser la prime. Le vendeur parie que l'option ne sera pas exercée : s'il a raison, il garde la prime sans rien livrer. S'il a tort, sa perte peut être très supérieure à la prime, ce qui explique les règles particulières sur la vente à découvert. Un call est covered quand le vendeur possède les actions qu'il devrait livrer ; il est uncovered (ou naked) quand il ne les possède pas et devrait les acheter au prix du marché, quel qu'il soit.
| Acheteur (holder, long) | Vendeur (writer, short) | |
|---|---|---|
| Call | Droit d'acheter au strike. Haussier. Perte max : la prime. Gain max : illimité. | Obligation de vendre au strike. Baissier ou neutre. Gain max : la prime. Perte max : illimitée si le call est à découvert. |
| Put | Droit de vendre au strike. Baissier. Perte max : la prime. Gain max : (strike − prime) × 100. | Obligation d'acheter au strike. Haussier ou neutre. Gain max : la prime. Perte max : (strike − prime) × 100. |
- Un contrat porte sur 100 actions. La prime est cotée par action : une prime de 3 coûte $300.
- Prime = valeur intrinsèque + valeur temps. La valeur intrinsèque est le montant in the money ; la valeur temps dépend de la durée restante, de la volatilité et des taux, et tombe à zéro à l'échéance.
- Sens des effets sur la valeur temps : plus de temps restant ou plus de volatilité, prime plus élevée, pour les calls comme pour les puts ; la valeur temps s'érode à mesure que l'échéance approche (time decay) ; une option out of the money ou at the money n'a que de la valeur temps. La valeur intrinsèque n'est jamais négative.
- Call in the money : cours > strike. Put in the money : cours < strike. At the money : cours = strike. Sinon out of the money : valeur intrinsèque nulle.
- Point mort à l'échéance : call = strike + prime ; put = strike − prime (pour l'acheteur comme pour le vendeur).
- Covered call (actions détenues + call vendu) : gain max = (strike − prix d'achat) + prime ; point mort = prix d'achat − prime.
- Protective put (actions détenues + put acheté) : perte max = (prix d'achat − strike) + prime ; point mort = prix d'achat + prime.
Pour comprendre d'où viennent ces formules, suis une position jusqu'à l'échéance en faisant varier le cours. La méthode est toujours la même : (1) que vaut le droit à l'échéance ? (2) retranche ou ajoute la prime ; (3) multiplie par 100.
Achat de 1 XYZ 70 call à 5 (coût : $500).
- XYZ finit à 62 : acheter à 70 ce qui vaut 62 n'a aucun intérêt. L'option expire sans valeur. Perte : la prime, $500.
- XYZ finit à 72 : le droit vaut 2, mais la prime a coûté 5. Résultat : (2 − 5) × 100 = − $300.
- XYZ finit à 75 : le droit vaut 5, égal à la prime. Résultat nul : c'est le point mort, 70 + 5.
- XYZ finit à 88 : le droit vaut 18. Résultat : (18 − 5) × 100 = + $1,300. Plus l'action monte, plus le gain grandit, sans plafond.
Vente à découvert de 1 XYZ 80 call à 6 (prime reçue : $600). C'est le miroir exact de l'acheteur.
- XYZ finit à 74 : le call n'est pas exercé. Gain : la prime, $600. C'est le maximum.
- XYZ finit à 86 : le vendeur doit livrer à 80 des actions qui en valent 86, perte de 6, compensée par la prime de 6. Point mort : 80 + 6.
- XYZ finit à 95 : perte de 15 à la livraison, moins la prime de 6 : (6 − 15) × 100 = − $900. Si XYZ finit à 200, la perte est de $11,400. Il n'y a pas de limite.
Achat de 1 ABC 25 put à 1.50 (coût : $150).
- ABC finit à 28 : vendre à 25 ce qui vaut 28 n'a aucun intérêt. Perte : $150.
- ABC finit à 23.50 : le droit vaut 1.50, égal à la prime. Point mort : 25 − 1.50.
- ABC finit à 18 : le droit vaut 7. Résultat : (7 − 1.50) × 100 = + $550. Au mieux, ABC tombe à zéro : (25 − 1.50) × 100 = $2,350.
Vente de 1 ABC 35 put à 3 (prime reçue : $300).
- ABC finit à 37 : le put n'est pas exercé. Gain : $300, le maximum.
- ABC finit à 28 : le vendeur doit acheter à 35 des actions qui en valent 28, perte de 7, moins la prime : (3 − 7) × 100 = − $400.
- Au pire, ABC tombe à zéro : il paie 35 pour un titre sans valeur, moins la prime : (35 − 3) × 100 = $3,200. La perte est grande, mais plafonnée, parce qu'une action ne descend pas sous zéro.
- Point mort : « call up, put down ». Call : strike plus prime. Put : strike moins prime. Le point mort est le même pour l'acheteur et pour le vendeur.
- L'acheteur a un droit et risque sa prime ; le vendeur a une obligation et gagne au plus sa prime. Le gain maximal de l'un est la perte maximale de l'autre.
- « Illimité » ne concerne que le call : gain de l'acheteur, perte du vendeur à découvert. Pour un put, le maximum est toujours (strike − prime) × 100.
- Haussiers : acheteur de call, vendeur de put. Baissiers : acheteur de put, vendeur de call.
La prime se partage toujours en deux : ce que l'option vaudrait si on l'exerçait tout de suite (valeur intrinsèque), et ce que le marché paie en plus pour le temps qui reste (valeur temps).
- DEF cote 67. Le 70 put vaut 4.75. Un put est in the money quand le cours est sous le strike : valeur intrinsèque 70 − 67 = 3. Valeur temps : 4.75 − 3 = 1.75.
- DEF cote 67. Le 65 put vaut 0.90. Le cours est au-dessus du strike : out of the money. Valeur intrinsèque 0 (jamais − 2). Valeur temps : 0.90, toute la prime. La même option à échéance plus lointaine vaudrait plus cher, puisqu'elle n'a que de la valeur temps.
- DEF cote 67. Le 65 call vaut 3.40. Call in the money de 67 − 65 = 2. Valeur temps : 3.40 − 2 = 1.40.
- Le jour de l'échéance, DEF cote 67. Il ne reste plus de temps : le 65 call vaut exactement 2, le 70 put exactement 3, le 65 put et le 70 call ne valent rien.
À cours inchangé, une option perd donc de la valeur chaque jour qui passe : le temps joue contre l'acheteur et pour le vendeur.
Covered call. Un client possède 100 actions DEF achetées à 62 et vend 1 DEF 70 call à 3. Il encaisse $300 et s'engage à livrer ses actions à 70 si on le lui demande.
- DEF finit à 78 : ses actions sont appelées à 70. Gain : (70 − 62) + 3 = 11 par action, soit $1,100. Il ne profite pas de la hausse au-delà de 70 : c'est le prix de la prime.
- DEF finit à 59 : le call expire. Il a perdu 3 sur l'action et gagné 3 de prime. Point mort : 62 − 3 = 59.
- DEF finit à 50 : perte de 12 sur l'action, moins la prime : (12 − 3) × 100 = $900. La prime amortit la baisse, elle ne la supprime pas.
Protective put. Un client achète 100 actions GHI à 84 et, pour se protéger, 1 GHI 80 put à 2.50. C'est une assurance : il peut toujours vendre à 80.
- GHI finit à 60 : il exerce et vend à 80. Perte : (84 − 80) + 2.50 = 6.50 par action, soit $650, quoi qu'il arrive en dessous de 80.
- GHI finit à 86.50 : le put expire. Gain de 2.50 sur l'action, coût de 2.50 pour le put. Point mort : 84 + 2.50 = 86.50.
- GHI finit à 95 : gain de 11 sur l'action, moins la prime : (11 − 2.50) × 100 = $850. Le gain reste illimité.
Le compte d'options : FINRA Rule 2360
- Options Disclosure Document (ODD, « Characteristics and Risks of Standardized Options ») : remis au plus tard au moment de l'approbation du compte pour les options.
- Diligence sur le client (objectifs, emploi, revenu, patrimoine, patrimoine liquide, situation familiale, âge, expérience), puis approbation écrite par un Registered Options Principal (ou un principal qualifié) avant le premier ordre.
- Dans les 15 jours suivant l'approbation : les informations recueillies sont envoyées au client pour vérification, et la firme obtient l'accord d'options signé, par lequel le client s'engage à respecter les règles et les limites de position et d'exercice.
- Limites de position et d'exercice : nombre maximal de contrats du même côté du marché (long calls + short puts, ou long puts + short calls) sur un même sous-jacent.
- La vente d'options à découvert exige des procédures et une approbation spécifiques, et une notice de risque particulière.
- L'Options Clearing Corporation (OCC) émet et garantit les options cotées ; à l'exercice, elle assigne un membre vendeur, qui assigne à son tour l'un de ses clients selon une méthode équitable.
Les options sont un produit à effet de levier, où l'on peut perdre toute sa mise en quelques semaines, et davantage si l'on vend à découvert. Un compte ordinaire ne permet donc pas d'en traiter : il faut une approbation distincte, précédée d'un document de risque et suivie d'un engagement signé. L'ordre des étapes est ce que l'examen teste.
M. Dumas, client depuis un an, veut acheter des calls.
- L'agent lui remet l'ODD, le document standard sur les caractéristiques et les risques des options, au plus tard au moment où le compte est approuvé pour les options.
- L'agent recueille les informations sur sa situation, ses objectifs et son expérience.
- Le Registered Options Principal approuve le compte par écrit, le mardi 3 juin, en précisant le niveau d'opérations permis (achats seulement, par exemple).
- M. Dumas passe son premier ordre le 4 juin. C'est permis : l'approbation est acquise. L'accord signé n'est pas exigé avant le premier ordre.
- La firme doit recevoir l'accord d'options signé dans les 15 jours de l'approbation : au plus tard le 18 juin. À défaut, M. Dumas ne peut plus ouvrir de nouvelles positions ; il peut seulement clôturer celles qu'il a.
Le piège habituel : croire que l'accord signé doit précéder le premier ordre. Ce qui doit le précéder, c'est l'ODD et l'approbation du principal. L'Administrator, lui, n'approuve aucun compte.
Marge : Regulation T et FINRA Rule 4210
Acheter sur marge, c'est acheter des titres avec de l'argent emprunté à son broker-dealer. Le client apporte une partie du prix, la firme prête le reste et garde les titres en garantie. Le prêt porte intérêt. L'attrait est l'effet de levier : avec $10,000, le client contrôle $20,000 d'actions, et ses gains comme ses pertes sont doublés. Si les actions montent de 20 %, à $24,000, il gagne $4,000 sur une mise de $10,000, soit 40 %. Si elles baissent de 20 %, à $16,000, il perd 40 % de sa mise, et il doit toujours $10,000 à la firme.
Trois niveaux de règles s'empilent, et l'examen demande de savoir qui fixe quoi :
| Exigence | Fixée par | Niveau | Moment |
|---|---|---|---|
| Marge initiale | Federal Reserve Board (Regulation T) | 50 % | À l'achat |
| Equity minimale | FINRA Rule 4210 | $2,000 | Pour ouvrir une position sur marge |
| Marge de maintien | FINRA Rule 4210 | 25 % long · 30 % short | Tant que la position existe |
| Exigences « maison » | La firme | Égales ou supérieures | À tout moment, sans préavis |
Trois mots à connaître. Le debit balance est ce que le client doit à la firme. L'equity est ce qui appartient vraiment au client : la valeur des titres moins sa dette. Un margin call est la demande de la firme de reconstituer l'equity quand elle est tombée trop bas, en déposant des fonds ou des titres ; si le client ne le fait pas, la firme vend.
- Regulation T (Federal Reserve Board) : dépôt initial de 50 % pour l'achat d'actions marginables. Le paiement est dû dans un payment period : le cycle de règlement standard plus 2 jours ouvrables. À défaut, la position est liquidée et le compte gelé 90 jours.
- FINRA Rule 4210 : equity minimale de $2,000 pour acheter sur marge (ou le prix total de l'achat s'il est inférieur) ; marge de maintien de 25 % de la valeur de marché pour les positions longues, 30 % pour les positions vendeuses. Les firmes fixent souvent des exigences « maison » plus élevées.
- Equity (compte long) = valeur de marché − solde débiteur. Le débit ne bouge pas quand le cours baisse ; c'est l'equity qui encaisse la perte.
- Seuil d'appel de marge de maintien (compte long) = solde débiteur ÷ 0,75.
- Compte short (vente à découvert) : equity = solde créditeur − valeur de marché des titres vendus. Le solde créditeur (produit de la vente + dépôt) ne bouge pas ; l'equity baisse quand le cours monte. Seuil d'appel de marge de maintien (30 %) = solde créditeur ÷ 1,30 : au-dessus de cette valeur de marché, l'equity passe sous 30 %.
- Documents : credit agreement (conditions du prêt) et hypothecation agreement (les titres servent de garantie), obligatoires ; loan consent (prêt des titres à des tiers), facultatif. NASAA exige l'accord de marge écrit promptly après la première transaction.
- Margin disclosure statement (FINRA Rule 2264), remis au plus tard à l'ouverture du compte : on peut perdre plus que le dépôt ; la firme peut vendre les titres sans prévenir ; le client ne choisit pas les titres vendus ; la firme peut relever ses exigences sans préavis ; aucune prolongation n'est due.
- La firme ne peut pas renantir (rehypothecate) plus de 140 % du solde débiteur du client ; le surplus doit être ségrégué.
- Ne sont pas marginables à l'achat : options (prime payée en entier), nouvelles émissions pendant 30 jours.
Premier achat de $3,400 : Reg T demande 50 %, soit $1,700, mais le minimum de $2,000 s'applique : dépôt de $2,000. Premier achat de $1,500 : le client paie les $1,500 en entier. Premier achat de $6,000 : Reg T demande $3,000, au-dessus du minimum : dépôt de $3,000.
Une cliente achète 800 actions à $30 sur marge, soit $24,000.
- À l'achat. Reg T : elle dépose 50 %, soit $12,000. La firme prête $12,000 : c'est le solde débiteur. Equity : 24,000 − 12,000 = $12,000 (50 %).
- Le cours monte à $36. Valeur de marché $28,800 ; débit inchangé $12,000 ; equity $16,800, soit 58,3 %.
- Le cours tombe à $25. Valeur $20,000 ; débit $12,000 ; equity $8,000, soit 8,000 ÷ 20,000 = 40 %. Au-dessus de 25 % : pas d'appel.
- Le cours tombe à $19. Valeur $15,200 ; débit $12,000 ; equity $3,200, soit 21,1 %. Le minimum est 25 % × 15,200 = $3,800. Il manque 3,800 − 3,200 = $600 : c'est le montant de l'appel de marge.
- À partir de quel cours l'appel se déclenche-t-il ? Quand l'equity vaut exactement 25 % de la valeur, le débit en vaut 75 % : valeur = 12,000 ÷ 0,75 = $16,000, soit $20 par action.
Le débit ne bouge pas quand le cours bouge : retiens cela, et tous les calculs en découlent. Vérification du seuil : à $16,000, l'equity est de 4,000, et 4,000 ÷ 16,000 = 25 %. Le résultat ne tombe pas toujours rond : avec un débit de $7,000, le seuil serait 7,000 ÷ 0,75 = $9,333.
La vente à découvert (short sale) est le pari inverse. Le client pense qu'une action va baisser : il l'emprunte par l'intermédiaire de sa firme, la vend tout de suite, et devra la racheter plus tard pour la rendre. Si le cours a baissé, il rachète moins cher et garde la différence. Si le cours a monté, il rachète plus cher et perd, sans limite puisqu'un cours peut monter indéfiniment. Une vente à découvert se fait toujours dans un compte sur marge. Le produit de la vente reste bloqué chez la firme, avec le dépôt du client : c'est le solde créditeur, qui ne bouge pas. Ce qui bouge, c'est le coût du rachat.
Un client vend à découvert 600 actions à $50.
- À la vente. Produit : $30,000. Dépôt Reg T de 50 % : $15,000. Solde créditeur : $45,000. Equity : 45,000 − 30,000 = $15,000 (50 % de la valeur vendue).
- Le cours baisse à $40. Racheter coûterait $24,000. Equity : 45,000 − 24,000 = $21,000. Le client gagne.
- Le cours monte à $60. Equity : 45,000 − 36,000 = $9,000, soit 25 % de 36,000. Sous le minimum de 30 %.
- Montant de l'appel à $60. Minimum : 30 % × 36,000 = $10,800. Il manque 10,800 − 9,000 = $1,800.
- Seuil. Quand l'equity vaut exactement 30 % de la valeur, le crédit en vaut 130 % : valeur = 45,000 ÷ 1,30 = $34,615, soit $57.69 par action.
Compare les deux comptes : dans un compte long, c'est le débit qui est fixe et l'on divise par 0,75 ; dans un compte short, c'est le crédit qui est fixe et l'on divise par 1,30. Le compte long souffre de la baisse, le compte short de la hausse.
Deux autres notions de la liste. L'hypothecation est le nantissement : le client donne ses titres en garantie du prêt, par l'accord qu'il signe. La rehypothecation est le fait, pour la firme, de redonner ces titres en garantie à une banque pour financer le prêt qu'elle consent. La limite de 140 % empêche la firme d'engager plus de titres du client que nécessaire : pour un débit de $12,000, elle peut renantir au plus 12,000 × 1,40 = $16,800 de titres ; le reste est mis à part. Quant au délai de paiement : depuis mai 2024, les opérations sur actions se règlent le jour ouvrable suivant (T+1) ; un achat fait un lundi doit donc être payé au plus tard le jeudi, soit T+3.
- Un client reçoit un appel de marge et demande trois jours de délai ; la firme vend ses titres le lendemain sans l'en avertir. Permis La firme peut vendre sans prévenir et n'est tenue à aucune prolongation ; le margin disclosure statement l'en a informé.
- Le même client exige que la firme vende ses actions A plutôt que ses actions B. La firme n'y est pas tenue Elle choisit les titres à vendre.
- Un agent laisse un client acheter sur marge pendant deux mois avant de lui faire signer l'accord de marge. Pratique malhonnête NASAA : accord écrit obtenu promptly après la première transaction.
- Un agent dit à un client : « Sur marge, vous ne pouvez pas perdre plus que votre dépôt. » Faux On peut perdre plus que le dépôt.
- Un État veut imposer aux broker-dealers enregistrés à la SEC une marge initiale de 60 %. Impossible Les exigences de marge sont fédérales ; l'État ne peut pas y ajouter.
- Une cliente veut acheter sur marge des calls. Impossible La prime d'une option achetée se paie en entier.
- Un client ouvre un compte sur marge pour acheter $1,800 d'actions. Il paie $1,800 Sous $2,000, le prix total est dû : la firme ne prête rien.
Jusqu'au 3 juin 2026, un pattern day trader (quatre day trades ou plus en cinq jours ouvrables) devait maintenir une equity de $25,000. Depuis le 4 juin 2026, FINRA Rule 4210 a remplacé cette règle par des exigences de marge intrajournalière (intraday margin) ; les firmes peuvent étaler leur mise en œuvre jusqu'au 20 octobre 2027 (FINRA Regulatory Notice 26-10). Une question ancienne peut encore attendre « $25,000 ».
Confidentialité : SEC Regulation S-P
Pour ouvrir un compte, le client a livré ce qu'il a de plus sensible : son identité, son numéro de sécurité sociale, ses revenus, son patrimoine. Regulation S-P (le « P » vaut pour privacy) encadre ce que la firme fait de ces données, autour de trois obligations : dire au client ce qu'elle en fait (les avis), lui laisser refuser qu'elles soient transmises à des tiers extérieurs (l'opt-out), et les protéger contre le vol, de leur collecte jusqu'à leur destruction. Un affiliate est une société du même groupe ; un tiers non affilié est une société extérieure, par exemple un courtier en prêts ou une société de marketing.
- Nonpublic personal information : information financière permettant d'identifier une personne (soldes, opérations, numéro de compte, listes de clients), hors ce qui est publiquement disponible.
- Consumer : personne physique qui obtient un produit ou service financier à des fins personnelles. Customer : consumer avec lequel la relation est continue.
- Avis de confidentialité initial (initial privacy notice) au customer, au plus tard à l'établissement de la relation ; avis annuel pendant la relation, sauf exception quand la firme ne partage que dans les cas permis et n'a pas modifié ses pratiques.
- Opt-out : avant de partager avec un tiers non affilié (nonaffiliated third party), la firme donne un avis et un délai raisonnable pour refuser (exemple de la règle : 30 jours). Exceptions : exécuter une opération demandée, prestataires sous accord de confidentialité, obligations légales et régulateurs.
- Safeguards rule : politiques écrites comportant des garanties administratives, techniques et physiques.
- Disposal rule : destruction des informations par des moyens empêchant tout accès non autorisé.
- Amendements de 2024 : programme écrit de réponse aux incidents (incident response), et notification des personnes dont les informations sensibles ont été, ou ont probablement été, consultées sans autorisation, dès que possible et au plus tard 30 jours après en avoir eu connaissance. Les prestataires préviennent la firme sous 72 heures.
- Un agent donne à un ami, courtier en prêts immobiliers, la liste de ses clients qui ont beaucoup de liquidités. Violation Partage avec un tiers non affilié sans avis ni possibilité d'opt-out.
- La firme transmet le nom et l'adresse d'un client à la société qui imprime et envoie ses relevés, liée par un accord de confidentialité. Permis Prestataire qui exécute un service pour la firme.
- L'Administrator demande, dans le cadre d'une enquête, les relevés d'un client. La firme les fournit sans demander l'accord du client. Permis Obligation légale et demande d'un régulateur.
- Une firme jette d'anciens formulaires d'ouverture de compte dans une benne ouverte. Violation Disposal rule.
- Un agent quitte sa firme en copiant sur une clé USB les fiches de ses clients, numéros de sécurité sociale compris. Violation Ce sont des informations personnelles non publiques, protégées par la firme.
- Une firme découvre le 1er mai une intrusion dans ses fichiers clients et prévient les personnes concernées le 20 mai. Dans le délai Dès que possible, et au plus tard 30 jours après en avoir eu connaissance.
Communications de l'investment adviser
L'adviser a ses propres obligations d'information, plus lourdes que celles du broker-dealer parce qu'il est fiduciaire. Le client doit savoir avant de s'engager qui est la firme, ce qu'elle facture et où sont ses conflits d'intérêts : c'est la fonction de la brochure. La règle des 48 heures lui donne le temps de la lire ; l'alternative des 5 jours lui donne le droit de changer d'avis après l'avoir lue.
Brochure rule
- L'IA remet Form ADV Part 2 au moins 48 heures avant la signature du contrat, ou à la signature si le client peut résilier sans pénalité dans les 5 jours ouvrables.
- Mise à jour remise ou offerte chaque année, dans les 120 jours après la fin de l'exercice.
- Pas requis pour les clients qui sont des investment companies, ni pour du conseil impersonnel à moins de $500 par an.
- Un adviser remet sa brochure à une prospecte le lundi à 10 h ; elle signe le contrat le mercredi à 15 h. Plus de 48 heures avant la signature : conforme.
- Il remet la brochure au moment de la signature, et le contrat prévoit que la cliente peut résilier sans pénalité dans les 5 jours ouvrables. Conforme : c'est la seconde branche de la règle.
- Il remet la brochure au moment de la signature, et le contrat ne prévoit aucun droit de résiliation sans pénalité. Non conforme : ni les 48 heures, ni les 5 jours.
- L'exercice de la firme se clôt le 31 décembre. Elle met à jour son Form ADV dans les 90 jours (avant fin mars) et remet ou propose la brochure à jour à ses clients dans les 120 jours (avant fin avril).
Performance fees
Un honoraire lié aux gains place l'adviser dans la position d'un joueur qui mise l'argent d'un autre : si le pari réussit, il touche sa part ; s'il échoue, seul le client perd. Il est donc tenté de prendre trop de risques. La loi interdit ce mode de rémunération pour le client ordinaire, et ne l'admet que pour des clients assez fortunés pour comprendre l'incitation et supporter la perte.
- Une rémunération fondée sur une part des plus-values est interdite (USA § 102(c)), sauf pour les qualified clients (Advisers Act Rule 205-3).
- Seuils en vigueur depuis le 29 juin 2026 : au moins $1.4M gérés par l'adviser, ou un net worth supérieur à $2.7M, résidence principale exclue. Seuils précédents (2021 à 2026) : $1.1M et $2.2M. La SEC les réajuste tous les cinq ans ; une question d'examen peut encore citer les anciens. Retiens surtout le principe.
- Un honoraire en pourcentage des actifs gérés, ou fondé sur la valeur moyenne du compte sur une période, n'est pas un performance fee.
Publicité de l'adviser
- Pas de témoignage trompeur, pas de sélection des seules recommandations gagnantes (la liste complète sur au moins un an est permise, avec avertissement), pas d'outil présenté comme infaillible, pas de service « gratuit » qui ne l'est pas, aucune mention d'approbation par l'Administrator.
- Un adviser facture 1 % par an de la valeur du compte, calculée chaque trimestre. Le compte monte, l'honoraire aussi. Permis pour tout client Pourcentage des actifs : ce n'est pas un performance fee, même s'il augmente avec les gains.
- Un adviser facture à un instituteur « 20 % des plus-values de l'année, rien si le compte baisse ». Interdit Part des plus-values, et le client n'est pas un qualified client.
- Le même honoraire est proposé à une cliente qui confie $2M à l'adviser. Permis Qualified client par les actifs gérés (seuil de $1.4M).
- Un adviser publie : « Notre méthode graphique indique à coup sûr quand acheter. » Trompeur Outil présenté comme infaillible.
- Un adviser publie les cinq recommandations de l'an dernier qui ont le plus monté, sans les autres. Trompeur Sélection des seules recommandations gagnantes.
Si une réponse contient « guarantee », « approved by the Administrator », « no risk » ou « oral disclosure is sufficient », elle décrit presque toujours la pratique interdite. Si elle contient « fair and balanced », « prior written », « approved by a principal » ou « retained by the firm », elle décrit presque toujours la bonne conduite.
- « Registered », jamais « approved ». Aucune garantie de résultat ; « guaranteed » ne vaut que pour un paiement garanti par un tiers. Un disclaimer ne corrige rien.
- Confirmation : capacity (agent ou principal) et commission. Relevé au moins trimestriel. Prospectus au plus tard avec la confirmation.
- Nouveau compte (FINRA 4512) : nom, résidence, majorité, signature d'un principal ; trusted contact demandé, pas obligatoire, sans pouvoir.
- Registres du BD : 6 ans (blotters, ledgers, dossiers de comptes), 3 ans (communications, ordres, confirmations), 2 ans accessibles. IA : 5 ans.
- FINRA 2210 : plus de 25 particuliers en 30 jours = retail communication, approbation préalable d'un principal ; 25 ou moins = correspondence, supervision. Statique : approbation ; interactif : supervision. Tout message d'affaires est archivé.
- Options : 1 contrat = 100 actions ; prime = intrinsèque + temps ; point mort call = strike + prime, put = strike − prime ; perte illimitée pour le call vendu à découvert.
- Compte d'options : ODD au plus tard à l'approbation ; approbation écrite du ROP avant le premier ordre ; accord signé dans les 15 jours.
- Marge : 50 % à l'achat (Reg T, Fed) ; $2,000 minimum ; maintien 25 % long, 30 % short (FINRA) ; seuil long = débit ÷ 0,75 ; seuil short = crédit ÷ 1,30. La firme peut vendre sans prévenir.
- Regulation S-P : avis initial et annuel, opt-out avant partage avec un tiers non affilié, protection et destruction, notification sous 30 jours.
- Adviser : brochure 48 heures avant, ou à la signature avec 5 jours ouvrables de résiliation ; performance fee réservé aux qualified clients.
Quiz du chapitre
Pratiques éthiques et obligations
Quinze questions, la plus grosse section. La plupart décrivent une situation et demandent si elle est permise. Apprends les conditions exactes qui rendent chaque pratique acceptable, et la source de chaque règle : État (NASAA) ou fédéral (SEC, FINRA).
Ce que « éthique » veut dire ici
Le mot ne renvoie pas à une morale générale. Il désigne une liste précise de comportements qui, s'ils sont établis, permettent à l'Administrator de suspendre ou de révoquer un enregistrement au titre des « dishonest or unethical practices » (USA § 204). L'agent se trouve en permanence dans une situation de conflit : il est payé quand le client achète ou vend, il a accès à son argent et à ses informations, et il en sait plus que lui. Chaque règle de ce chapitre ferme une des façons d'abuser de cette position. Le plan d'examen les range en trois familles, que le chapitre suit :
- La rémunération : honoraires, commissions, markups, et leur divulgation. L'agent ne doit ni surfacturer, ni cacher ce qu'il gagne.
- Les fonds et titres du client : custody, discrétion, autorisations, norme de conduite. L'agent ne doit ni se servir des actifs du client, ni décider à sa place sans y être autorisé.
- Les conflits d'intérêts et les activités illicites : transactions excessives, prêts, partage de profits, délit d'initié, selling away, manipulation, comptes extérieurs, exploitation des personnes vulnérables.
Pour chaque pratique, pose trois questions. Est-elle toujours interdite (garantir contre une perte, manipuler un cours) ? Est-elle permise sous condition, et laquelle exactement (un écrit ? de qui ? avant ou après ?) ? Ou est-elle simplement à divulguer ? La plupart des mauvaises réponses de l'examen proposent la bonne pratique avec la mauvaise condition : un accord oral au lieu d'un écrit, l'accord du client sans celui de la firme, une notification après coup au lieu d'avant.
| Source | Niveau | Ce qu'elle régit |
|---|---|---|
| NASAA, Statement of Policy de 1983 | État | Pratiques malhonnêtes des broker-dealers et des agents |
| NASAA, Statement of Policy de 1997 | État | Vente de parts de fonds |
| NASAA, Model Act de 2016 | État | Adultes vulnérables |
| NASAA, Model Rule 102(a)(4)-1 | État | Pratiques des advisers et des IAR |
| SEC, Regulation Best Interest | Fédéral | Recommandations des broker-dealers aux particuliers |
| FINRA Rules 2111, 2121 | Fédéral (SRO) | Suitability ; prix et commissions |
| Exchange Act § 28(e) | Fédéral | Soft dollars |
| Uniform Prudent Investor Act | Loi modèle d'État | Placements des trustees |
Regulation Best Interest (SEC Rule 15l-1)
C'est la norme de conduite (standard of care) du broker-dealer envers les particuliers, en vigueur depuis 2020. Avant elle, il suffisait qu'une recommandation soit « adaptée » (suitable) au client. Entre deux produits adaptés, l'agent pouvait donc choisir celui qui le payait le mieux. Reg BI a fermé cette marge : la recommandation doit être dans le meilleur intérêt du client, et l'agent ne peut pas faire passer sa rémunération avant. Elle ne va pas jusqu'au devoir fiduciaire de l'adviser : elle s'applique au moment de la recommandation, sans obligation de suivre le compte ensuite, et elle admet que l'agent soit payé à la commission.
Quand un broker-dealer ou son agent recommande à un retail customer une transaction, une stratégie ou un type de compte (y compris un rollover, le transfert d'un plan de retraite d'entreprise vers un IRA), il doit agir dans le meilleur intérêt du client au moment de la recommandation, sans placer son intérêt financier ou autre avant celui du client. Le retail customer est une personne physique (ou son représentant légal) qui utilise la recommandation à des fins personnelles, familiales ou domestiques.
| Obligation | Contenu |
|---|---|
| Disclosure | Par écrit, au plus tard à la recommandation : capacité (la firme agit comme broker-dealer), frais et coûts, type et étendue des services, limites de la gamme de produits, et tous les faits importants sur les conflits d'intérêts |
| Care | Diligence, soin et compétence raisonnables : comprendre les risques, avantages et coûts ; base raisonnable de croire que la recommandation est dans le meilleur intérêt de ce client au vu de son profil ; qu'une série de transactions n'est pas excessive |
| Conflict of Interest | Politiques écrites pour identifier et au minimum divulguer, ou éliminer, les conflits ; atténuer ceux qui incitent un associé à faire passer son intérêt d'abord ; éliminer les concours de vente, quotas, bonus et rémunérations non monétaires liés à la vente de titres précis sur une période limitée |
| Compliance | Politiques et procédures écrites raisonnablement conçues pour respecter l'ensemble de la règle |
- Form CRS (relationship summary) : résumé court remis aux particuliers au plus tard à la première recommandation, au premier ordre ou à l'ouverture du compte : services, frais, conflits, norme de conduite, antécédents disciplinaires.
- Un BD qui n'est pas aussi investment adviser, et ses agents, ne doivent pas se présenter sous le titre « adviser » ou « advisor » : c'est présumé contraire à l'obligation de divulguer leur capacité.
- Reg BI ne crée pas d'obligation de suivi continu du compte et ne s'applique pas aux institutionnels.
| Broker-dealer et agent | Investment adviser et IAR | |
|---|---|---|
| Norme | Best interest (Reg BI) pour les particuliers ; suitability (FINRA 2111) pour les autres | Devoir fiduciaire : loyauté et diligence |
| Quand | À chaque recommandation | Pendant toute la relation, avec un suivi adapté |
| Conflits | Divulguer, atténuer, parfois éliminer | Éliminer ou divulguer pleinement, avec consentement éclairé |
| Rémunération type | Commission, markup | Honoraires |
M. Lee, 58 ans, veut placer $100,000 pour sa retraite. Son agent hésite entre deux fonds d'actions aux objectifs et aux risques comparables. Le fonds A coûte 0,6 % de frais annuels et rapporte à l'agent une commission de $1,000. Le fonds B coûte 1,4 % par an et lui rapporte $4,000.
- Care. L'agent doit comprendre les deux produits et comparer leurs coûts : le coût est toujours un facteur. À caractéristiques égales, il ne peut pas raisonnablement croire que le plus cher est dans le meilleur intérêt de M. Lee.
- Conflict of interest. L'écart de commission est une incitation à recommander B. La firme doit avoir des politiques pour l'identifier et l'atténuer.
- Disclosure. Divulguer la commission ne suffit pas à rendre la recommandation de B conforme : la divulgation ne remplace pas l'obligation de care.
- Conclusion. Recommander B parce qu'il paie mieux viole Reg BI. Recommander B serait défendable seulement s'il présentait pour M. Lee un avantage réel que A n'a pas.
Reg BI n'impose pas le produit le moins cher dans l'absolu : elle impose de ne pas faire passer son intérêt avant celui du client, et de pouvoir justifier le choix.
- Une firme organise un concours : l'agent qui vend le plus de parts d'un fonds donné ce trimestre gagne un voyage. Interdit Concours de vente lié à un titre précis sur une période limitée : à éliminer, pas seulement à divulguer.
- Une firme verse une prime annuelle fondée sur le total des actifs que chaque agent suit, tous produits confondus. Non visé par l'interdiction Pas lié à un titre précis ; le conflit se divulgue et s'atténue.
- Un agent recommande à une cliente de transférer son plan 401(k) vers un IRA chez sa firme. Reg BI s'applique Une recommandation de type de compte ou de rollover est couverte.
- Un client passe de lui-même un ordre d'achat, sans aucune recommandation. Reg BI ne s'applique pas Elle se déclenche par une recommandation.
- Un agent recommande une obligation à la trésorerie d'une compagnie d'assurance. Reg BI ne s'applique pas Client institutionnel : c'est la suitability de FINRA 2111 qui joue.
- Un agent d'une firme qui n'est que broker-dealer imprime « Financial Advisor » sur ses cartes. Présumé contraire Il trompe sur la capacité en laquelle il agit.
- Six mois après une recommandation, le titre a baissé et l'agent n'a pas rappelé le client. Pas un manquement à Reg BI Aucune obligation de suivi continu, sauf engagement de la firme.
Suitability : FINRA Rule 2111
La suitability reste la norme pour les clients qui ne sont pas des particuliers, et sa logique à trois étages structure aussi l'obligation de care de Reg BI. Chaque étage répond à une question : ce produit convient-il à quelqu'un ? convient-il à ce client ? et l'ensemble des opérations, mis bout à bout, lui convient-il ?
- Reasonable-basis : après une diligence raisonnable, comprendre le produit et croire qu'il convient à au moins certains investisseurs. Recommander un produit qu'on ne comprend pas viole déjà la règle.
- Customer-specific : une blanket recommendation, la même recommandation envoyée à tous les clients sans regarder leur situation, viole cette obligation. Il faut croire que la recommandation convient à ce client, au vu de son investment profile : âge, autres placements, situation et besoins financiers, statut fiscal (tax status), objectifs, expérience, horizon de placement (time horizon : la durée avant que le client ait besoin de son argent), besoins de liquidité (liquidity needs : ce qu'il doit pouvoir récupérer vite en espèces), tolérance au risque (risk tolerance).
- Quantitative : une série de transactions, même adaptées une à une, ne doit pas être excessive. Indicateurs : turnover rate, cost-equity ratio, in-and-out trading.
- Client institutionnel : l'obligation customer-specific est satisfaite si la firme croit raisonnablement qu'il sait évaluer les risques seul et s'il déclare exercer un jugement indépendant.
- Côté État (NASAA 1983) : recommander sans motifs raisonnables, après une enquête raisonnable sur les objectifs, la situation financière et les besoins du client, est une pratique malhonnête.
- Reasonable-basis. Une firme lance un produit structuré complexe. Un agent le vend sans avoir compris comment son rendement est calculé. Même si le produit convenait par hasard à son client, l'agent a violé la règle : il ne pouvait pas avoir de base raisonnable pour le recommander à qui que ce soit.
- Customer-specific. Mme Roy, 76 ans, vit de sa pension et de $150,000 d'épargne dont elle a besoin pour ses dépenses courantes. Son agent, qui connaît bien le titre, lui recommande d'en placer la moitié dans les actions d'une petite société de biotechnologie. Le produit peut convenir à un investisseur jeune et fortuné ; il ne convient pas à ce profil (âge, besoin de liquidité, faible tolérance au risque).
- Quantitative. Le compte de M. Vidal a une valeur moyenne de $100,000. En un an, son agent, qui contrôle de fait le compte, y fait acheter pour $600,000 de titres, et les commissions totalisent $22,000. Le turnover rate est de 600,000 ÷ 100,000 = 6 : le portefeuille a été renouvelé six fois. Le cost-equity ratio est de 22,000 ÷ 100,000 = 22 % : le compte devait gagner 22 % dans l'année rien que pour payer ses frais. Chaque achat, pris seul, pouvait sembler adapté ; la série ne l'est pas. C'est du churning.
Deux précisions. Le in-and-out trading désigne l'achat d'un titre suivi de sa revente rapide, puis le réinvestissement du produit dans un autre titre, et ainsi de suite : c'est la signature habituelle du churning. Et le consentement du client ne couvre pas l'agent : un client qui a « approuvé » chaque opération sur la recommandation de l'agent peut tout de même avoir été victime de transactions excessives.
Prix et commissions : FINRA Rule 2121
C'est la première famille du plan d'examen : la rémunération. Un broker-dealer se paie de deux façons selon son rôle (chapitre 2) : une commission quand il agit en agent, un markup (à la vente) ou un markdown (à l'achat) quand il agit en principal. Dans les deux cas, la règle est la même : le prix doit être juste. La commission se voit sur la confirmation. Le markup, lui, est noyé dans le prix : c'est là que le risque d'abus est le plus grand, d'où une politique dédiée.
- Le prix d'une opération en principal doit être raisonnablement lié au prix de marché courant ; la commission d'une opération en agency doit être raisonnable.
- La politique des 5 % est un guide, pas une règle : un markup de 5 % ou moins peut être injuste, un markup supérieur peut se justifier.
- Le markup se mesure à partir du prix de marché ; à défaut d'autre preuve, le coût contemporain du dealer en est la meilleure indication.
- Facteurs pertinents : type de titre, disponibilité sur le marché, prix du titre, montant de l'opération, divulgation, pratique habituelle de la firme, nature de son activité. La divulgation seule ne justifie pas un prix excessif.
- La politique ne s'applique pas aux titres vendus au prix d'offre publique d'un prospectus (nouvelles émissions, parts de fonds).
- Markup. Un dealer vend à un client 1,000 actions à $21.00. Le prix de marché courant, attesté par ce que le dealer vient lui-même de payer à un autre dealer, est de $20.00. Markup : 21 − 20 = $1 par action, soit 1 ÷ 20 = 5 %. Le pourcentage se calcule sur le prix de marché, pas sur le prix payé par le client.
- Le piège du vieux stock. Le dealer avait acheté ces actions $12 il y a deux ans. Son markup n'est pas de 21 − 12 = 9. Le point de départ est le marché actuel ($20) : son gain sur le stock est un profit de marché, pas un markup. À l'inverse, s'il les avait payées $25, il ne pourrait pas vendre à $26 en parlant d'un markup de 4 % : par rapport au marché de $20, c'est 30 %.
- Markdown. Un client vend 500 actions au dealer. Le marché est à $10.00 ; le dealer paie $9.60. Markdown : 0.40 ÷ 10 = 4 %.
- Commission. En agency, un client achète pour $8,000 de titres et paie $200 de commission : 200 ÷ 8,000 = 2,5 %.
Ces pourcentages sont-ils justes ? Cela dépend des facteurs. Un markup de 5 % sur une action très liquide, pour un ordre de $21,000 exécuté sans effort, peut être jugé excessif. Un markup de 6 % sur une petite obligation rare, difficile à trouver, pour un ordre de $600, peut être justifié. D'où la formule à retenir : a guide, not a rule.
- Une firme applique 5 % de markup à toutes ses opérations, en disant que « 5 % est toujours permis ». Faux 5 % n'est pas un plafond autorisé d'office ; chaque prix s'apprécie selon les facteurs.
- Une firme prévient ses clients par écrit qu'elle applique 12 % de markup. Insuffisant La divulgation ne justifie pas à elle seule un prix excessif.
- Une firme facture $75 pour transférer un compte vers un concurrent, tarif publié dans sa grille. Permis Frais de service raisonnable et divulgué.
- Une firme facture $900 pour le même transfert, sans l'avoir annoncé. Pratique malhonnête Frais déraisonnable et non divulgué.
- Un agent vend des parts de fonds au prix d'offre publique, frais d'entrée de 5,75 % compris. Hors de la politique des 5 % Titre vendu au prix d'offre fixé par un prospectus.
- Un dealer qui est le seul à négocier un titre le vend « au prix du marché ». Pratique malhonnête Dire « at the market » quand il n'y a pas d'autre marché que celui que la firme fait elle-même.
Le compte du client
Deuxième famille : ce que l'agent peut faire dans le compte. Le principe est que le compte appartient au client et que chaque opération procède de sa volonté. L'agent propose, le client décide. Toutes les règles de cette section organisent les exceptions : quand, et à quelles conditions, quelqu'un d'autre que le client peut décider.
La discretion est le pouvoir de décider sans consulter le client avant chaque ordre. Elle se reconnaît aux trois « A » : l'agent choisit l'Asset (quel titre), l'Amount (combien) ou l'Action (acheter ou vendre). S'il ne choisit que le moment ou le prix, alors que le client a fixé les trois A, ce n'est pas de la discrétion. Une trading authorization (procuration, en anglais courant power of attorney) est le document par lequel le client autorise un tiers à passer des ordres dans son compte : limitée (ordres seulement) ou complète (ordres et retraits).
| Pratique | Règle |
|---|---|
| Unauthorized trading | Interdit. Il faut l'ordre ou l'accord du client avant chaque transaction, même « dans son intérêt ». |
| Discretion (agent de BD) | Autorisation écrite préalable. Sans elle, l'agent ne peut décider que du moment et du prix, jamais du titre (asset), de la quantité (amount) ou du sens (action). |
| Discretion (IA) | Autorisation orale acceptée pendant les 10 premiers jours ouvrables après la première transaction, puis écrit obligatoire. |
| Ordre d'un tiers (conjoint, enfant, avocat) | Interdit sans trading authorization écrite du client. |
| Churning | Transactions excessives en taille ou en fréquence au regard des ressources et du caractère du compte. |
| Comptes fictifs | Ouvrir ou tenir un compte avec de fausses informations pour permettre des transactions sinon interdites : pratique malhonnête. |
L'agent n'a aucune autorisation discrétionnaire écrite. Peut-il exécuter ?
- « Achète 300 XYZ aujourd'hui, au moment et au prix que tu jugeras les meilleurs. » Titre, quantité et sens fixés par le client ; l'agent choisit le moment et le prix. Oui.
- « Achète-moi des XYZ, autant que tu trouves raisonnable. » La quantité est laissée à l'agent. Non, sans écrit.
- « J'ai $20,000 à placer dans une bonne valeur technologique : choisis. » Le titre est laissé à l'agent. Non.
- « Fais ce qu'il faut avec mes XYZ selon les résultats de demain. » Le sens (garder, vendre, renforcer) est laissé à l'agent. Non.
- « Vends 200 XYZ si le cours atteint 60. » Tout est fixé, y compris le prix : simple ordre à cours limité. Oui.
Dans les cas 2 à 4, l'agent d'un broker-dealer a besoin d'une autorisation écrite avant le premier ordre, et sa firme doit avoir accepté le compte comme discrétionnaire. Un investment adviser, lui, pourrait agir sur autorisation orale pendant 10 jours ouvrables.
- Le cours d'un titre s'effondre ; l'agent n'arrive pas à joindre son client et vend pour limiter la perte. Violation Unauthorized trading, même si la vente a évité une perte plus grande.
- L'épouse d'un client appelle : « Mon mari est en voyage, vendez ses 500 actions ABC. » Le compte est au seul nom du mari, sans procuration. Refuser Ordre d'un tiers sans trading authorization écrite.
- Même appel, mais le compte est un compte joint des deux époux. Exécuter Elle est titulaire du compte : chaque titulaire peut donner des ordres.
- L'avocat d'une cliente hospitalisée présente une procuration générale signée et notariée. Exécuter Après que la firme a versé le document au dossier.
- Un agent, sans avoir d'autorisation discrétionnaire, achète pour un client et l'appelle ensuite pour « confirmer ». Le client approuve. Violation L'accord doit précéder l'ordre ; une ratification après coup ne régularise pas.
- Un agent ouvre un second compte au nom de la mère d'un client, avec de fausses informations, pour que le client dépasse une limite de souscription. Violation Compte fictif.
L'argent et les titres du client
L'agent est à portée de main des actifs de ses clients et entretient avec eux une relation de confiance : c'est la situation idéale pour leur demander un service, et c'est pourquoi la loi interdit presque tout mélange entre ses affaires personnelles et les leurs. La logique commune à ce tableau : l'argent et les titres du client vont à la firme, jamais à l'agent ; ils restent séparés de ceux de la firme ; et l'agent n'a aucun intérêt financier personnel dans le compte d'un client, sauf accord écrit des deux parties qui le surveillent.
| Pratique | Règle |
|---|---|
| Borrowing / lending | Emprunter de l'argent ou des titres à un client, ou lui en prêter : pratique malhonnête. Le Statement of Policy NASAA de 1983 (2.a) l'interdit sans exception écrite pour l'agent. La réponse attendue à l'examen admet toutefois l'emprunt auprès d'un client qui est une institution dont le métier est de prêter (banque) : cette exception vient de la règle modèle des advisers (102(a)(4)-1) et de FINRA Rule 3240. Cette dernière ajoute des cas limités (famille proche, relation personnelle ou d'affaires hors courtage), sous procédures écrites de la firme et avec son approbation préalable. |
| Agent dépositaire | L'agent ne garde ni argent, ni titres, ni stock power signé d'un client. Tout va à la firme sans délai. |
| Commingling | Mélanger les fonds ou titres du client avec ceux de la firme ou les siens : interdit. Les titres entièrement payés sont ségrégués. |
| Sharing in an account | L'agent peut partager gains et pertes avec l'autorisation écrite du client et du BD ; FINRA exige en plus un partage proportionnel à sa mise. |
| Hypothecation | Nantir les titres du client : consentement écrit obtenu promptly après la première transaction, dans les limites des règles SEC. |
| Margin | Accord de marge écrit obtenu promptly après la première transaction. |
| Guaranteeing against loss | Interdit, y compris racheter le titre à prix garanti ou rembourser une perte de sa poche. |
| Livraison et paiement | Des retards répétés, déraisonnables et injustifiables dans la livraison des titres ou le paiement des soldes sont une pratique malhonnête. |
Vocabulaire : le commingling est le fait de mélanger dans un même compte ou un même coffre les actifs de clients avec ceux de la firme ou de l'agent ; les titres fully paid sont ceux que le client a payés en entier, que la firme ne peut ni utiliser ni nantir. Un stock power est le document signé qui permet de transférer la propriété d'un certificat d'actions : un agent qui en détient un signé en blanc peut vendre les titres du client.
Un agent et son client veulent investir ensemble dans un compte commun. Le client apporte $30,000, l'agent $10,000.
- Autorisations. Il faut l'accord écrit du client et celui du broker-dealer. L'un sans l'autre ne suffit pas.
- Proportion. L'agent a apporté 10,000 ÷ 40,000 = 25 % du capital. Selon FINRA, il partage gains et pertes dans cette proportion.
- Résultat. Le compte gagne $8,000 : $2,000 pour l'agent, $6,000 pour le client. Il perd $4,000 : $1,000 pour l'agent, $3,000 pour le client.
Ce qui est interdit : un arrangement où l'agent toucherait la moitié des gains sans rien apporter, ou prendrait à sa charge toutes les pertes (ce serait une garantie). Ne confonds pas avec le partage de commissions, qui se fait entre agents de la même firme, ni avec le performance fee de l'adviser.
- Un agent emprunte $5,000 à une cliente qui est aussi sa tante. Pratique malhonnête selon la liste NASAA Aucune exception écrite pour la famille dans le texte de 1983. FINRA admet le cas de la famille proche sous procédures de la firme ; si la question vise NASAA ou « the USA », réponds interdit.
- Un agent obtient un prêt automobile auprès de la banque qui est cliente de sa firme, aux conditions du public. Permis Institution dont le métier est de prêter.
- Un agent prête $2,000 à un client pour couvrir un appel de marge. Pratique malhonnête Prêter à un client est visé comme emprunter.
- Un client remet à l'agent un chèque à l'ordre de l'agent « pour aller plus vite ». L'agent le dépose sur son compte et vire la somme à la firme. Violation Commingling, et détention de fonds de client. Le chèque doit être à l'ordre de la firme.
- Un client part trois mois à l'étranger et laisse à son agent ses certificats et un stock power signé, « au cas où ». Violation L'agent ne garde ni titres ni stock power.
- Après une perte de $3,000 due à son erreur de conseil, un agent propose au client de lui rembourser la somme de sa poche pour éviter une plainte. Violation Garantie contre la perte ; et la plainte doit être transmise à la firme.
- Une firme corrige, par son compte d'erreurs, un ordre qu'elle a mal exécuté (achat de 1,000 actions au lieu de 100). Permis Corriger une erreur d'exécution de la firme n'est pas garantir le client contre une perte de marché.
La liste NASAA de 1983
Statement of Policy on Dishonest or Unethical Business Practices of Broker-Dealers and Agents. Elle fonde le motif de sanction « dishonest or unethical practices » (USA § 204). Outre ce qui précède, elle vise, pour le broker-dealer :
- un prix sans rapport raisonnable avec le marché, une commission ou un profit déraisonnable ;
- ne pas remettre le prospectus au plus tard à la date de la confirmation ;
- des frais de service déraisonnables et inéquitables (transfert, garde, encaissement) ;
- offrir d'acheter ou de vendre à un prix affiché sans être prêt à le faire ;
- dire qu'un titre est offert « at the market » alors qu'il n'existe pas de marché autre que celui fait ou contrôlé par la firme ;
- toute manipulation (voir ci-dessous) ;
- publier une transaction ou une cotation qui n'est pas bona fide ;
- une publicité ou une présentation trompeuse ;
- ne pas divulguer que la firme contrôle l'émetteur, est contrôlée par lui ou sous contrôle commun, avant la transaction, par écrit au plus tard au dénouement de la transaction (at or before completion) ;
- ne pas faire une offre publique bona fide de tous les titres qui lui sont alloués : garder pour soi ou ses proches une partie d'une émission très demandée (free-riding and withholding) ;
- ne pas fournir une information due au client, ou ne pas répondre à une plainte écrite.
Pour l'agent, la liste ajoute : emprunter, prêter ou garder les actifs d'un client ; selling away (transactions non inscrites dans les livres du BD, sans son autorisation écrite préalable) ; comptes fictifs ; partage dans un compte sans les deux autorisations écrites ; partage de commissions avec une personne qui n'est pas agent enregistré du même BD ou d'un BD sous contrôle commun. La liste n'est pas limitative : faux, détournement, omission ou toute pratique trompeuse sont aussi des motifs.
Le selling away mérite une explication, car c'est l'une des fautes les plus fréquentes dans la réalité. Un agent ne peut vendre des titres que par l'intermédiaire de sa firme, qui supervise l'opération et l'inscrit dans ses livres. S'il vend à ses clients, « à côté », un placement que sa firme ne connaît pas (les parts de la société d'un ami, un billet à ordre, un placement immobilier structuré), personne ne contrôle rien, et le client croit pourtant traiter avec un professionnel encadré. Peu importe que l'agent ne soit pas payé, que le placement soit honnête ou que le client soit ravi : sans autorisation écrite préalable de la firme, c'est une violation.
- Un agent propose à trois clients d'investir dans le restaurant de son beau-frère, par des parts de société, sans en parler à sa firme et sans commission. Selling away Transaction sur titres hors des livres de la firme, sans autorisation écrite préalable.
- Le même agent décrit d'abord l'opération par écrit à sa firme, qui l'autorise par écrit et l'inscrit dans ses livres. Permis
- Une firme membre du syndicat d'une émission très demandée réserve une partie de son allocation à ses dirigeants et à leurs familles. Pratique malhonnête Pas d'offre publique bona fide de tous les titres alloués.
- Un client envoie une lettre de réclamation ; l'agent la range dans son tiroir en espérant que le client se calmera. Pratique malhonnête Une plainte écrite se transmet à la firme, qui y répond.
- Une firme affiche une offre d'achat à $8 sur un titre, mais refuse d'acheter quand un vendeur se présente à ce prix. Pratique malhonnête Cotation qu'elle n'est pas prête à honorer.
- Un agent sait que sa firme va exécuter dans l'heure un ordre d'achat de 400,000 actions pour un fonds de pension. Il achète 1,000 actions pour lui juste avant. Front running
- Une firme vend à ses clients les obligations d'une société dont elle détient 60 % du capital, sans le leur dire. Pratique malhonnête Relation de contrôle à divulguer avant la transaction, par écrit au plus tard à son dénouement (completion).
Manipulation de marché
Un cours de bourse est censé résulter de la rencontre d'acheteurs et de vendeurs réels. Manipuler, c'est fabriquer une fausse image de cette rencontre (un volume qui n'existe pas, une demande qui n'existe pas, un prix qui n'est pas celui du marché) pour amener les autres à acheter ou à vendre. Le point commun de toutes les techniques du tableau est l'intention de tromper sur l'activité ou sur le prix : les opérations elles-mêmes peuvent sembler ordinaires.
| Pratique | Description |
|---|---|
| Wash trade | Achat et vente sans changement réel de propriétaire, pour créer du volume |
| Matched orders | Ordres de même taille, même prix, même moment, passés de concert en sens opposés |
| Painting the tape | Série de transactions entre complices pour donner une apparence d'activité |
| Marking the close | Ordres en fin de séance pour influencer le cours de clôture |
| Spoofing | Ordres placés sans intention de les laisser s'exécuter, pour tromper sur l'offre et la demande, puis annulés |
| Layering | Variante du spoofing : plusieurs ordres fictifs échelonnés à différents prix d'un même côté, pour pousser le cours et exécuter de l'autre côté |
| Pump and dump | Faire monter un titre par des affirmations fausses ou exagérées, puis vendre |
| Bear raid, rumeurs | Faire baisser un titre par des ventes concertées ou de fausses nouvelles |
| Capping, pegging | Empêcher un cours de monter ou de bouger, par exemple pour protéger une position d'options |
Ne sont pas des manipulations : l'arbitrage, la vente à découvert régulière, un agency cross de bonne foi, et la stabilisation encadrée pendant une offre publique. Front running : négocier pour soi ou pour la firme avant un ordre client important dont on a connaissance ; interdit.
- Deux amis s'entendent : lundi à 10 h, l'un passe un ordre d'achat de 5,000 actions d'une petite société à $3.00, l'autre un ordre de vente de 5,000 actions au même prix. Ils recommencent chaque jour. Le volume affiché attire d'autres acheteurs. Ordres de même taille, même prix, même moment, de concert : matched orders, dans une série qui peint une activité fictive (painting the tape).
- Un investisseur achète et vend le même titre entre ses deux propres comptes. Le propriétaire réel ne change pas : wash trade.
- Un trader place 50,000 actions à l'achat juste sous le cours, sans intention d'acheter, pour faire croire à une forte demande ; le cours monte, il vend ses propres actions, puis annule ses ordres d'achat. Spoofing. S'il échelonne plusieurs ordres fictifs à des prix différents, layering.
- Un gérant dont la prime dépend du cours de clôture de fin de trimestre achète massivement dans les deux dernières minutes de la séance. Marking the close.
- Un groupe achète une action à quelques cents, diffuse sur les réseaux sociaux de fausses nouvelles de contrat géant, puis vend à ceux qui se précipitent. Pump and dump.
À l'inverse : acheter un titre à New York et le vendre au même moment plus cher sur une autre place, pour profiter d'un écart réel, est de l'arbitrage, parfaitement licite. Et l'underwriter qui soutient le cours d'une nouvelle émission dans les conditions annoncées au prospectus fait de la stabilisation.
Délit d'initié
Le marché repose sur l'idée que tous les investisseurs ont accès à la même information au même moment. Celui qui négocie en connaissant un fait décisif que les autres ignorent, et qu'il tient d'une position de confiance, vole ses contreparties : elles n'auraient pas vendu, ou pas à ce prix, si elles avaient su. La règle se résume par disclose or abstain : tant que l'information n'est pas publique, on s'abstient de négocier et de la répéter.
- Éléments : une information material (qu'un investisseur raisonnable jugerait importante) et nonpublic (pas encore diffusée au marché), utilisée pour négocier ou transmise en violation d'un devoir de confiance.
- Sont responsables : l'initié classique (dirigeant, employé, conseil) ; le tipper qui transmet et le tippee qui négocie en sachant d'où vient l'information ; celui qui détourne une information confiée (misappropriation theory), même sans lien avec l'émetteur.
- Sanctions fédérales : pénalité civile jusqu'à trois fois le profit réalisé ou la perte évitée ; au pénal, jusqu'à 20 ans de prison et $5 millions d'amende pour un individu ($25 millions pour une entité). Les investisseurs ayant négocié au même moment en sens inverse (contemporaneous traders) ont une action privée. La firme qui n'a pas prévenu la fraude peut aussi être sanctionnée.
- Les BD et les advisers doivent avoir des procédures écrites pour prévenir l'usage abusif d'informations privilégiées : barrières d'information entre services ; restricted list, la liste diffusée dans la firme des titres sur lesquels plus personne ne peut négocier ni recommander ; watch list, la liste confidentielle, connue de la seule conformité, des titres dont les opérations sont surveillées.
- Conduite attendue de l'agent : ne pas négocier, ne pas transmettre, signaler au superviseur ou au compliance.
Le directeur financier de Orion Pharma apprend le lundi que sa société sera rachetée, avec une prime de 40 %. L'annonce publique est prévue pour le vendredi.
- Le directeur financier achète des actions Orion le mardi. Initié classique : information importante, non publique, utilisée en violation de son devoir envers la société et ses actionnaires.
- Il en parle à son frère, qui achète le mercredi. Le directeur est tipper, le frère tippee : tous deux sont responsables, y compris le directeur s'il n'a pas acheté lui-même.
- L'avocate du cabinet qui prépare l'opération achète des actions. Elle n'a aucun lien avec Orion, mais elle détourne une information confiée à son cabinet : misappropriation.
- Le frère appelle son agent : « Achète-moi 2,000 Orion, mon frère me dit qu'ils sont rachetés vendredi. » L'agent ne doit pas exécuter sans en référer, ne doit pas acheter pour lui ni pour d'autres clients, et signale immédiatement à son superviseur ou au compliance.
- Vendredi, l'annonce est publiée. Une fois l'information diffusée et absorbée par le marché, chacun peut négocier.
Sanction civile : si le frère a gagné $40,000, la pénalité peut atteindre 3 × 40,000 = $120,000, en plus de la restitution du profit. La même règle vaut pour une perte évitée : vendre avant une mauvaise nouvelle confidentielle est le même délit.
Ce qui n'est pas un délit d'initié : acheter sur la base de sa propre analyse de documents publics, même brillante ; ou surprendre par hasard une rumeur sans savoir qu'elle vient d'un initié ayant violé un devoir. Dans le doute, la réponse d'examen est toujours la même : ne pas négocier et signaler.
Parts de fonds : la liste NASAA de 1997
Statement of Policy on Dishonest or Unethical Business Practices … in Connection with Investment Company Shares.
Comment fonctionne un fonds, et ce qu'il coûte
Un mutual fund réunit l'argent de milliers d'investisseurs et l'investit dans un portefeuille géré par un professionnel. Chaque soir, on calcule la valeur du portefeuille par part : c'est la net asset value (NAV). Le fonds émet des parts neuves à chaque achat et les rachète à chaque vente (redemption), toujours à la NAV. C'est le produit le plus vendu aux particuliers, et sa difficulté tient à ses frais, qui prennent plusieurs formes :
- Sales load (frais de vente) : la commission qui rémunère le vendeur. Payée à l'achat, c'est un front-end load : le prix payé, le public offering price, est la NAV plus le load. Payée à la revente si elle intervient dans les premières années, c'est un back-end load ou contingent deferred sales load (CDSC), qui diminue avec le temps.
- 12b-1 fee : un prélèvement annuel sur l'actif du fonds, qui finance sa commercialisation. L'investisseur ne le voit pas passer, mais il réduit son rendement chaque année.
- Breakpoint : palier de montant à partir duquel le front-end load baisse.
| Classe de parts | Frais d'entrée | Frais annuels (12b-1) | Frais de sortie | Convient plutôt à |
|---|---|---|---|---|
| Class A | Oui, réduits par les breakpoints | Faibles | Non, en général | Un montant important détenu longtemps |
| Class B | Non | Élevés | CDSC dégressif | Un montant modeste détenu assez longtemps pour que le CDSC s'éteigne |
| Class C | Non | Élevés, sans diminution | Faibles, la première année en général | Une détention courte |
Barème supposé d'un fonds, à titre d'illustration : load de 5 % jusqu'à $99,999, 3,5 % de $100,000 à $249,999, 2,5 % au-delà. Le load se calcule sur le montant versé.
- Mme Petit verse $95,000. Load : 95,000 × 5 % = $4,750. Montant réellement investi : $90,250.
- Si elle versait $100,000. Load : 100,000 × 3,5 % = $3,500. Montant investi : $96,500. Pour $5,000 de plus, elle aurait $6,250 de plus au travail, et paierait $1,250 de frais en moins.
- Elle n'a que $95,000 aujourd'hui, mais versera $10,000 dans six mois. Une letter of intent lui donne le taux de 3,5 % dès le premier versement, puisqu'elle s'engage à atteindre $100,000 dans les 13 mois.
- Elle détient déjà $80,000 de parts de la même famille de fonds et ajoute $25,000. Par les rights of accumulation, son total de $105,000 lui donne le taux de 3,5 % sur le nouvel achat.
L'agent qui encaisse les $95,000 sans rien dire de tout cela touche une commission plus élevée aux dépens de sa cliente : c'est la breakpoint sale. Répartir $180,000 entre trois familles de fonds à $60,000 chacune, sans raison de diversification, produit le même effet et se juge de la même façon.
Sont des pratiques malhonnêtes selon la liste de 1997 :
- ne pas divulguer tous les frais de vente, y compris les frais sur actifs et les frais de sortie différés ;
- dire qu'un fonds est « no-load » s'il a un front-end load, un contingent deferred sales load (CDSC), ou des frais 12b-1 et de service dépassant au total 0,25 % de l'actif net moyen par an ;
- ne pas signaler un breakpoint (réduction du load à partir d'un montant) ou une letter of intent (engagement d'investir le montant sur 13 mois) ; les rights of accumulation permettent aussi d'atteindre le seuil en cumulant les avoirs déjà détenus ; vendre juste sous le seuil est une breakpoint sale ;
- recommander une classe de parts (A, B, C) sans motifs raisonnables de croire que sa structure de frais convient au client ;
- faire détenir plusieurs fonds aux objectifs similaires, ou recommander un switch d'un fonds vers un autre semblable, sans justification au vu des frais ;
- citer le rendement courant sans donner le rendement total annuel moyen sur 1, 5 et 10 ans et expliquer la différence ;
- comparer un fonds à un compte d'épargne ou un CD (certificate of deposit, dépôt bancaire à terme) sans préciser l'absence d'assurance FDIC et les différences de risque ;
- invoquer l'assurance ou la qualité des titres en portefeuille sans exposer les autres risques (taux, marché, liquidité, change) ;
- selling dividends : présenter l'achat juste avant la date ex-dividende comme avantageux ; ou présenter une distribution de plus-values comme un rendement ;
- projeter la performance future, ou s'appuyer sur une information non publique.
Remettre le prospectus est nécessaire, mais ne suffit pas à prouver que le client a été pleinement informé.
Un fonds a une NAV de $20.00 et va distribuer $1.00 par part. Un agent presse un client d'acheter « avant vendredi, pour toucher le dividende ».
- Le client achète 1,000 parts à $20.00 : $20,000.
- À la date ex-dividende, le fonds verse $1.00 par part et sa NAV tombe d'autant, à $19.00. Le client a 1,000 parts à $19 ($19,000) et $1,000 de dividende : toujours $20,000.
- Mais le dividende est imposable. Le client a transformé $1,000 de son propre capital en revenu taxé. Il est moins riche qu'avant.
Présenter cet achat comme une bonne affaire est le selling dividends. Le conseil honnête serait plutôt d'attendre le lendemain de la date ex-dividende.
- Un agent décrit comme « sans frais » un fonds qui n'a pas de frais d'entrée mais un CDSC de 5 % dégressif. Pratique malhonnête Un fonds avec CDSC n'est pas « no-load ».
- Un fonds n'a ni load ni CDSC, et un 12b-1 de 0,20 %. L'agent le dit « no-load ». Permis Sous le seuil de 0,25 %.
- Un agent recommande des parts de Class B à un client qui investit $500,000 pour quinze ans. Pratique malhonnête Avec ce montant et cette durée, la Class A avec breakpoint coûterait moins : pas de motif raisonnable pour cette classe.
- Un agent fait vendre à un client son fonds de croissance, avec frais de sortie, pour acheter le fonds de croissance d'une autre famille, avec frais d'entrée. Pratique malhonnête Switch entre fonds semblables sans justification ; l'agent touche une nouvelle commission.
- Un agent dit qu'un fonds d'obligations d'État « rapporte 5 %, c'est comme un CD en mieux ». Pratique malhonnête Comparaison sans préciser l'absence d'assurance FDIC ni le risque de taux ; rendement courant cité seul.
- Un agent remet le prospectus et explique oralement les frais d'entrée, les frais annuels et le breakpoint dont le client est proche. Conforme
Protéger les adultes vulnérables
NASAA, Model Act to Protect Vulnerable Adults from Financial Exploitation (2016).
Les personnes âgées détiennent une grande part de l'épargne et sont la cible d'escroqueries et d'abus, souvent commis par un proche. L'agent est bien placé pour s'en apercevoir : un retrait inhabituel, un nouvel « ami » qui parle à la place du client, un changement soudain de bénéficiaire. Autrefois, il ne pouvait rien faire : exécuter l'instruction était son devoir, et parler du compte à un tiers violait la confidentialité. Le Model Act lui donne trois outils et le protège quand il s'en sert de bonne foi : signaler (une obligation), prévenir un tiers (une faculté) et retarder le décaissement (une faculté de la firme). L'exploitation financière couvre le fait de prendre ou d'utiliser indûment les fonds d'une personne, y compris par abus d'une procuration ou d'une tutelle.
- Eligible adult : personne de 65 ans ou plus, ou adulte relevant de la loi de protection des adultes de l'État.
- Qualified individual : agent, IAR, ou personne exerçant une fonction de supervision, de compliance ou juridique pour un BD ou un IA.
- Signalement obligatoire : dès qu'il croit raisonnablement qu'une exploitation financière a eu lieu, a été tentée ou est tentée, le qualified individual notifie promptly l'Administrator et Adult Protective Services (APS).
- Tiers : il peut aussi prévenir un tiers préalablement désigné par le client, sauf si ce tiers est lui-même suspecté.
- Retard de décaissement : la firme peut retarder un décaissement si, après avoir engagé un examen interne, elle croit raisonnablement qu'il aboutirait à une exploitation. Elle doit alors, dans les 2 jours ouvrables, notifier par écrit toutes les personnes autorisées sur le compte (sauf un suspect) et les deux agences, puis rendre compte de son examen dans les 7 jours ouvrables.
- Durée : 15 jours ouvrables au plus ; portée à 25 jours ouvrables au total si l'Administrator ou APS le demande ; au-delà, sur décision d'un tribunal.
- Immunité administrative et civile pour le signalement, la notification du tiers et le retard, si la personne a agi de bonne foi et avec un soin raisonnable. Pas d'immunité pénale.
- Registres : la firme donne accès aux documents pertinents à APS et aux forces de l'ordre.
| NASAA Model Act | FINRA Rule 2165 | |
|---|---|---|
| Personnes protégées | 65 ans ou plus, ou adulte protégé par la loi de l'État | 65 ans ou plus, ou 18 ans et plus avec une déficience empêchant de protéger ses intérêts |
| Signalement aux autorités | Obligatoire | Non imposé par la règle |
| Mesure | Retard d'un décaissement | Hold temporaire sur un décaissement ou une transaction |
| Durée | 15 jours ouvrables, 25 sur demande d'une agence | 15 jours ouvrables, prolongeable de 10 par la firme, puis de 30 si elle a saisi une autorité |
| Personne à prévenir | Tiers désigné par le client | Trusted contact person (FINRA Rule 4512) et personnes autorisées, sous 2 jours ouvrables |
M. Hart, 82 ans, client depuis vingt ans, demande le lundi 3 mars de virer $80,000 à une personne rencontrée récemment, qui l'accompagne et répond à sa place. Son agent trouve la demande anormale.
- Signalement. L'agent, qualified individual, croit raisonnablement à une tentative d'exploitation : il le signale à sa firme, et la notification part promptly à l'Administrator et à Adult Protective Services. C'est obligatoire.
- Tiers. M. Hart avait désigné sa fille comme personne à prévenir. La firme peut l'appeler. Si la personne suspectée était la fille elle-même, elle ne le ferait pas.
- Retard. La firme ouvre un examen interne et décide de retarder le virement. Au plus tard le mercredi 5 mars (2 jours ouvrables), elle en informe par écrit les personnes autorisées sur le compte, sauf le suspect, ainsi que l'Administrator et APS.
- Compte rendu. Dans les 7 jours ouvrables, elle rapporte les résultats de son examen aux deux agences.
- Fin du retard. Au plus tard 15 jours ouvrables après le 3 mars, soit le lundi 24 mars. Si l'Administrator ou APS le demande, jusqu'à 25 jours ouvrables au total, soit le lundi 7 avril. Au-delà, il faut un tribunal.
La firme n'a pas liquidé le compte ni bloqué les ordres de bourse de M. Hart : le Model Act ne vise que le décaissement. Si le soupçon se révèle infondé, l'agent et la firme, qui ont agi de bonne foi et avec soin, ne peuvent être poursuivis ni au civil ni sur le plan administratif.
Uniform Prudent Investor Act
Un trust est un patrimoine confié à un trustee, qui le gère pour des bénéficiaires. Pendant longtemps, le droit a jugé le trustee placement par placement et lui a imposé des listes de titres « sûrs » : une seule action risquée qui baissait engageait sa responsabilité. Cette loi modèle a remplacé cette approche par la théorie moderne du portefeuille : ce qui compte est l'équilibre de l'ensemble, et un titre risqué peut y avoir sa place s'il est compensé par le reste. Un agent la rencontre quand son client est un trustee.
Loi modèle de la Uniform Law Commission, applicable aux trustees et aux fiduciaires qui investissent pour autrui.
- La prudence se juge sur le portefeuille dans son ensemble et la stratégie globale, pas titre par titre.
- L'arbitrage entre risque et rendement est au centre : objectifs adaptés au trust.
- Les circonstances à considérer, que le texte énumère : les conditions économiques générales ; l'effet possible de l'inflation ou de la déflation ; les conséquences fiscales attendues des décisions ; le rôle de chaque placement dans l'ensemble du portefeuille ; le rendement total attendu (revenu et plus-value) ; les autres ressources des bénéficiaires ; les besoins de liquidité, de revenu régulier et de préservation ou d'appréciation du capital ; le lien particulier d'un actif avec l'objet du trust ou avec un bénéficiaire. Une question qui propose ces éléments attend « tous ».
- Diversifier est un devoir, sauf circonstances particulières.
- Aucun type de placement n'est interdit en soi ; plus de « liste légale » (legal list, l'ancienne liste de placements autorisés aux trustees).
- La délégation de la gestion est permise, avec soin dans le choix de l'agent, la définition de sa mission et son suivi.
- Devoirs de loyauté, d'impartialité entre bénéficiaires, et de limiter les coûts à ce qui est raisonnable. Le fiduciaire doté de compétences particulières doit les utiliser.
- Le respect de la règle se juge au moment de la décision, pas avec le recul des résultats (hindsight).
- Un trustee place la totalité du trust dans les actions d'une seule société qu'il connaît bien. Manquement Devoir de diversifier, sauf circonstances particulières.
- Un trustee inclut 5 % d'actions de petites sociétés dans un portefeuille diversifié ; l'une d'elles perd 60 %. Pas de manquement de ce seul fait Le portefeuille se juge dans son ensemble, au moment de la décision.
- Un trustee sans compétence financière confie la gestion à un adviser enregistré, qu'il a choisi avec soin et qu'il contrôle chaque trimestre. Permis Délégation prudente.
- Un trustee refuse tout placement autre que des obligations d'État « parce que la loi l'exige ». Faux Il n'y a plus de liste légale ; aucun type de placement n'est imposé ni interdit en soi.
Soft dollars : Exchange Act § 28(e)
Un adviser qui gère des comptes choisit le broker-dealer qui exécute les ordres de ses clients, et ce sont les clients qui paient les commissions. Certains broker-dealers offrent à l'adviser, en échange de ce flux d'ordres, des services de recherche. L'adviser paie donc sa recherche avec l'argent de ses clients : d'où le nom de soft dollars, par opposition aux hard dollars qu'il sortirait de sa propre caisse. C'est un conflit d'intérêts évident. La loi le tolère dans une limite précise : ce que l'adviser reçoit doit servir à mieux gérer les comptes des clients, pas à faire tourner son entreprise.
- Un gérant qui exerce une discrétion peut faire payer à ses clients une commission supérieure à la plus basse disponible sans manquer à son devoir fiduciaire, s'il juge de bonne foi qu'elle est raisonnable au regard des services de courtage et de recherche reçus. C'est un safe harbor. L'appréciation se fait sur la transaction ou sur l'ensemble des comptes que le gérant gère avec discrétion : la recherche peut profiter à tous ses comptes, pas seulement à celui qui a payé la commission. Un client ne peut donc pas objecter que son propre compte ne détient pas les titres étudiés.
- Dans le safe harbor : rapports de recherche, analyses, logiciels d'analyse de portefeuille, données de marché, frais d'inscription à une conférence de recherche.
- Hors du safe harbor : loyer, mobilier, matériel de bureau général, salaires, voyages, hôtel, repas, frais de marketing.
- Produit à usage mixte : seule la part recherche est payée en soft dollars ; le reste est payé par l'adviser.
- L'arrangement est un conflit d'intérêts : il se divulgue dans la brochure (Form ADV Part 2A).
Un broker-dealer fournit à un adviser un terminal de données d'une valeur de $10,000 par an. L'adviser l'utilise à 70 % pour analyser des titres et à 30 % pour sa comptabilité.
- Part recherche : 10,000 × 70 % = $7,000. Elle peut être payée en soft dollars, par les commissions des clients.
- Part administrative : 10,000 × 30 % = $3,000. L'adviser la paie de sa poche.
- L'arrangement figure dans sa brochure, puisqu'il l'incite à choisir ce broker-dealer.
Test rapide pour une liste d'examen : ce qui aide à décider d'un placement est dans le safe harbor ; ce qui aide à tenir le cabinet (loyer, salaires, mobilier) ou à se faire plaisir (voyage, hôtel, repas) n'y est pas.
Conflits d'intérêts et rémunération
Un conflit d'intérêts existe chaque fois que l'agent ou la firme a une raison personnelle de préférer une solution à une autre. Il n'est pas toujours interdit : il doit être connu. De la firme d'abord, qui doit pouvoir le surveiller ; du client ensuite, qui doit pouvoir en tenir compte. D'où le mot qui revient dans toute cette section : une notification écrite et préalable.
- Divulgation de la rémunération : commission ou markup sur la confirmation ; frais de compte ; frais de fonds (loads, 12b-1) ; paiements de tiers qui incitent à recommander (revenue sharing, commissions différenciées). Sous Reg BI, ces conflits sont divulgués par écrit et atténués.
- Outside business activity (FINRA Rule 3270) : exige une notification écrite préalable à la firme toute activité rémunérée hors de la firme, ou tout poste d'employé, de prestataire indépendant, d'entrepreneur individuel, de dirigeant (officer), d'administrateur (director) ou d'associé d'une autre entité, même non rémunéré. Les deux cas sont reliés par « or » : l'un ou l'autre suffit. Un placement purement passif n'est pas visé.
- Private securities transaction (FINRA Rule 3280) : notification écrite préalable détaillée ; si l'associé est rémunéré, la firme approuve ou refuse par écrit, et en cas d'approbation enregistre et supervise l'opération. Sans cela, c'est du selling away.
- Cadeaux (FINRA Rule 3220) : pas plus de $300 par personne et par an en lien avec l'activité de l'employeur du bénéficiaire (plafond relevé le 30 mars 2026 ; il était de $100 auparavant).
- Plaintes écrites : à transmettre à la firme sans délai ; la firme les consigne et y répond.
- Confidentialité : ne divulguer les informations d'un client qu'avec son accord ou sur exigence légale (détail de Regulation S-P au chapitre 8).
- Un agent donne le week-end des cours de tennis rémunérés, sans en informer sa firme. Violation Toute activité rémunérée extérieure se notifie par écrit, à l'avance, même sans rapport avec les titres.
- Un agent sert des repas le week-end dans une association caritative, sans rémunération ni fonction de dirigeant. Hors de la Rule 3270 Ni rémunération, ni poste dans une autre entité. La firme peut tout de même exiger une déclaration.
- Un agent siège bénévolement, sans rémunération, au conseil d'administration de la même association. Notification écrite préalable La règle vise tout poste d'officer ou de director d'une autre entité, rémunéré ou non.
- Un agent vend à des clients, contre commission, les parts d'un placement privé que sa firme ne distribue pas, après l'avoir seulement prévenue par oral. Selling away Il fallait une notification écrite détaillée et, puisqu'il est rémunéré, l'approbation écrite de la firme.
- Un agent reçoit d'un gérant de fonds, pour le remercier de ses ventes, une montre de $1,200. Violation Au-dessus du plafond annuel des cadeaux ($300 depuis 2026, $100 auparavant).
- Un agent ouvre un compte de bourse chez un concurrent pour y négocier sans que sa firme le voie. Violation FINRA 3210 : consentement écrit préalable de l'employeur (chapitre 3).
- La firme d'un agent est market maker sur le titre qu'il recommande ; il le dit au client avant l'ordre et la confirmation le mentionne. Conforme Conflit divulgué.
La SEC a approuvé le 15 septembre 2026 la FINRA Rule 3290 (Outside Activities Requirements), qui remplacera les Rules 3270 et 3280. Sa date d'effet n'est pas encore fixée : tant qu'elle ne l'est pas, les Rules 3270 et 3280 décrites ci-dessus restent en vigueur et ce sont elles que l'examen attend. Le principe est conservé (notification écrite préalable ; pour une transaction sur titres rémunérée hors de la firme, décision écrite de la firme, qui approuve, approuve sous conditions ou refuse), mais la nouvelle règle se concentre sur les activités liées à l'investissement. Vérifie la date d'effet sur finra.org avant ton examen.
Conflits propres aux advisers
- Principal transaction (l'IA vend de son propre stock au client, ou lui achète) : divulgation écrite de la capacité et consentement du client avant la fin de la transaction (USA § 102(a)(3)).
- Agency cross (l'IA conseille un côté et sert de courtier aux deux) : consentement écrit préalable, confirmation à chaque opération, relevé annuel, et l'IA ne peut pas recommander l'opération aux deux côtés.
- Fiduciary duty : l'IA place toujours l'intérêt du client avant le sien et divulgue tout conflit par écrit avant de conseiller.
Cybersécurité et protection des données
- Politiques écrites de protection des informations des clients (Regulation S-P pour les BD ; règle NASAA de 2019 pour les advisers d'État).
- Bonnes pratiques attendues : authentification à plusieurs facteurs, chiffrement des données et des appareils portables, mots de passe individuels jamais partagés, mises à jour, contrôle des accès à distance, vérification par rappel téléphonique des instructions de virement reçues par e-mail (hameçonnage), formation du personnel.
- Appareil perdu ou accès suspect : signalement immédiat à la firme, qui applique son plan de réponse aux incidents et notifie les personnes concernées.
- Vol d'identité : programme de détection des signaux d'alerte (red flags) à l'ouverture et pendant la vie du compte.
- Ne jamais se connecter au compte d'un client avec les identifiants du client.
- « Le client est d'accord » ne suffit pas pour emprunter à un client, garantir une perte ou agir sans autorisation écrite là où elle est exigée.
- Un ordre « acheter 100 actions XYZ quand tu juges le moment bon » n'est pas discrétionnaire. « Investis $20,000 dans la technologie, choisis » l'est.
- Rembourser de sa poche une perte pour calmer un client est une violation.
- Partager une commission avec un agent de la même firme est permis ; avec un comptable non enregistré ou un agent d'une firme sans lien, non.
- Le signalement d'une exploitation d'adulte vulnérable est obligatoire sous le Model Act ; le retard de décaissement et la notification d'un tiers sont facultatifs.
- Reg BI : meilleur intérêt du particulier à chaque recommandation ; quatre obligations (disclosure, care, conflict of interest, compliance) ; concours de vente sur un titre précis à éliminer ; pas de suivi continu. L'adviser, lui, est fiduciaire en permanence.
- Suitability : reasonable-basis, customer-specific, quantitative. Churning = turnover et coûts excessifs.
- Markup : mesuré sur le prix de marché courant ; 5 % est un guide, pas une règle ; ne vise pas les titres vendus sur prospectus.
- Discrétion de l'agent : écrit préalable, sauf moment et prix. Trois A : asset, amount, action. Ordre d'un tiers : procuration écrite.
- Emprunter ou prêter à un client : interdit, sauf institution prêteuse. Partage dans un compte : écrit du client et de la firme. Garantie contre la perte : toujours interdite. Commingling : interdit.
- Selling away : aucune transaction hors des livres de la firme sans son autorisation écrite préalable. Commissions partagées seulement entre agents de la même firme.
- Manipulation : wash trade, matched orders, painting the tape, marking the close, spoofing, layering, pump and dump. Licites : arbitrage, stabilisation.
- Délit d'initié : information importante et non publique, en violation d'un devoir ; tipper et tippee ; trois fois le profit ; ne pas négocier, signaler.
- Fonds : pas de « no-load » avec load, CDSC ou plus de 0,25 % de 12b-1 ; signaler breakpoints et letter of intent (13 mois) ; classe de parts adaptée ; pas de switch injustifié ni de selling dividends.
- Adultes vulnérables (65 ans) : signalement obligatoire à l'Administrator et à APS ; retard de décaissement facultatif, 15 puis 25 jours ouvrables ; notification sous 2 jours ouvrables ; immunité civile et administrative.
- Soft dollars : recherche et courtage dans le safe harbor ; frais généraux, voyages et repas en dehors ; à divulguer.
- Activité extérieure rémunérée, ou poste d'employé, de dirigeant, d'administrateur ou d'associé d'une autre entité même bénévole, et transaction privée : notification écrite préalable ; cadeaux plafonnés à $300.
Quiz du chapitre
Chiffres clés
Tous les délais et seuils du cours, sur une page, classés par thème. La colonne de droite donne la source, pour savoir quel niveau (État ou fédéral) la question vise.
L'examen
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| 65 / 60 / 5 | Questions au total / notées / de pré-test non notées | NASAA |
| 43 sur 60 | Seuil de réussite (72 %) | NASAA |
| 75 minutes | Durée | NASAA |
| 120 jours | Fenêtre pour passer l'examen après l'inscription | NASAA / FINRA |
| 30 / 30 / 180 jours | Attente après le 1er, le 2e, puis le 3e échec et les suivants ; 60 jours au lieu de 180 pour les fenêtres d'examen ouvertes à partir du 4 janvier 2027 | NASAA |
| 2 ans | Validité de l'examen sans enregistrement | Model rule NASAA |
Enregistrement des personnes
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| midi, 30e jour | Prise d'effet d'un enregistrement (BD, agent, IA, IAR) | USA § 202 |
| 31 décembre | Expiration de tous les enregistrements de personnes | USA § 201(e) |
| 30 jours / 1 an | Effet d'un withdrawal / compétence résiduelle de l'Administrator | USA § 204(e) |
| 45 jours | Délai de la SEC pour accorder l'enregistrement d'un BD ou ouvrir une procédure de refus | Exchange Act § 15(b)(1) |
| 60e jour | Effet du Form BDW au niveau fédéral | SEC Rule 15b6-1 |
| 30 jours / 10 jours | Mise à jour du Form U4 / en cas de disqualification statutaire | FINRA By-Laws |
| 30 jours | Dépôt du Form U5 après la fin de l'association, avec copie à l'intéressé | FINRA By-Laws |
| 5 ans / 10 ans | Historique de résidence / d'emploi sur le Form U4 | Form U4 |
| sans limite / 10 ans / impayés | Divulgation sur le Form U4 : tout felony (condamnation ou inculpation) / faillites et concordats / jugements et privilèges | Form U4, questions 14A, 14K, 14M |
| 30 jours calendaires | Consentement de l'employeur pour un compte ouvert ailleurs avant l'embauche | FINRA 3210 |
| 30 j. + 14 j. | Ancienneté du compte et de l'attribution à l'agent, pour servir un client de passage | Exchange Act § 15(i)(3)-(4) |
| 10 jours ouvrables | Dépôt de la demande d'agent quand le client séjourne 30 jours ou déménage | Exchange Act § 15(i)(3)-(4) |
| 1 an / 3 ans | Inspection des OSJ / des succursales non superviseuses ; réunion de conformité annuelle | FINRA 3110 |
| 5 clients | De minimis pour un IA ou un IAR sans bureau dans l'État (12 mois) | USA § 201(c) |
| $25M / $100M / $110M / $90M | Small adviser / seuil SEC facultatif / SEC obligatoire / retour à l'État | Advisers Act § 203A, Rule 203A-1 |
| $200M · 15 États | Pension consultants / multi-state advisers admis à la SEC | SEC Rule 203A-2 |
| $150M | Private fund advisers exemptés d'enregistrement SEC | Advisers Act § 203(m) |
| $35,000 / $10,000 | Net worth minimum IA avec custody / avec discrétion | NASAA 202(d)-1 |
| $500, 6 mois | Honoraires prépayés : net worth positif et bilan | NASAA 202(d)-1 |
| jour ouvrable suivant | Notification à l'Administrator d'un net worth insuffisant | NASAA 202(d)-1 |
| 90 jours / 120 jours | Mise à jour annuelle du Form ADV / remise annuelle de la brochure | Form ADV, brochure rule |
| 3 jours ouvrables | Renvoi de titres reçus par erreur ; transmission d'un chèque de tiers (pas de custody) | NASAA 102(e)(1)-1 |
| trimestriel · annuel | Relevés du dépositaire / vérification surprise par un CPA (custody) | NASAA 102(e)(1)-1 |
Titres
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| 1 an | Validité de l'enregistrement d'un titre (ou tant que dure la distribution) | USA § 305(i) |
| 5 jours ouvrables | Dossier en dépôt pour un enregistrement par filing | USA § 302(c) |
| 10 jours / 2 jours ouvrables | Coordination : déclaration en dépôt / prix et commissions en dépôt | USA § 303(c) |
| 36 mois · $4M · $5 | Filing : ancienneté de l'émetteur, net worth, prix minimum par action | USA § 302(a) |
| trimestriel | Fréquence maximale des rapports exigibles pendant un enregistrement | USA § 305(j) |
| 10 offres | Private placement sous l'USA (12 mois, non-institutionnels dans l'État) | USA § 402(b)(9) |
| 10 souscripteurs | Pre-organization certificates | USA § 402(b)(10) |
| 90 jours | Titre en circulation pour la manual exemption ; warrants des porteurs existants | USA § 402(b)(2), (11) |
| 270 jours, $50,000, 3 notes | Commercial paper exempté | USA § 402(a)(10) |
| 20 jours | Cooling-off period minimale d'une offre publique | Securities Act |
| 15 jours | Form D après la première vente (SEC et notice filing d'État) | Reg D ; USA § 307 |
| $200,000 / $300,000 / $1M | Accredited investor : revenu seul / avec conjoint / net worth hors résidence principale | Reg D, Rule 501 |
| 35 | Acheteurs non accrédités au plus sous Rule 506(b) | Reg D |
| 2/3 | Diffusion hors de l'État d'un journal : pas d'offre dans l'État | USA § 414(e) |
Procédure et sanctions
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| $5,000 / 3 ans | Amende et prison maximales | USA § 409 |
| 5 ans | Prescription pénale | USA § 409 |
| 3 ans / 2 ans | Prescription civile : depuis la vente / depuis la découverte, le premier des deux | USA § 410(f) |
| 30 jours | Offre de rescission : accepter (titre conservé) ou rejeter par écrit (titre revendu) | USA § 410(g) |
| 10 ans | Ancienneté max d'une condamnation motivant un refus | USA § 204(a)(2)(C) |
| 15 jours | Audience après un ordre sommaire, sur demande écrite | USA § 204(c), 306(b), 402(c) |
| 60 jours | Recours judiciaire contre un ordre (non suspensif) | USA § 411 |
| 90 jours / 30 jours | Procédure fondée sur le seul ordre judiciaire ou administratif définitif déclaré par le candidat avant l'effet (personnes, hors renouvellement) / sur un fait connu à l'effet (titres) | USA 1956 amendé § 204(a), dernier alinéa ; § 306(a) |
| $500,000 / $250,000 | SIPC : plafond par client / dont espèces | SIPA |
| 3 fois | Pénalité civile fédérale du délit d'initié : le profit ou la perte évitée | Exchange Act § 21A |
Communications, comptes, registres
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| 6 ans / 3 ans / 2 ans | Registres du BD : blotters, ledgers, dossiers de comptes / communications, ordres, confirmations / période facilement accessible | SEC 17a-4 |
| vie de la firme | Documents constitutifs du BD | SEC 17a-4(d) |
| 5 ans, dont 2 | Registres de l'IA, dont au bureau principal | NASAA 203(a)-2 |
| 30 jours / 36 mois | Fiche de compte envoyée au client : après l'ouverture / périodicité | SEC 17a-3(a)(17) |
| trimestriel | Relevé de compte minimal d'un BD | FINRA 2231 |
| 3 mois | Retenue du courrier sans motif particulier | FINRA 3150 |
| 25 personnes / 30 jours | Frontière entre correspondence et retail communication | FINRA 2210 |
| 10 jours ouvrables | Dépôt FINRA : avant usage (nouveau membre, 1 an) / après usage (fonds) | FINRA 2210 |
| $100 | Témoignage rémunéré à signaler dans une publicité de BD | FINRA 2210 |
| 15 jours | Accord d'options signé après l'approbation du compte | FINRA 2360 |
| 100 actions | Taille d'un contrat d'option | |
| 50 % | Marge initiale | Regulation T |
| 25 % / 30 % | Marge de maintien : position longue / vendeuse | FINRA 4210 |
| débit ÷ 0,75 · crédit ÷ 1,30 | Seuil d'appel de marge de maintien : compte long (valeur plancher) / compte short (valeur plafond) | FINRA 4210 |
| $2,000 | Equity minimale d'un compte sur marge | FINRA 4210 |
| règlement + 2 jours ouvrables | Délai de paiement d'un achat (payment period) | Regulation T |
| 140 % | Rehypothecation maximale, en proportion du solde débiteur | SEC 15c3-3 |
| $25,000 (ancien) | Pattern day trader, règle supprimée le 4 juin 2026 (mise en œuvre échelonnée jusqu'au 20 octobre 2027) | FINRA 4210 (ancienne version) ; Regulatory Notice 26-10 |
| 30 jours | Opt-out (exemple de délai raisonnable) ; notification d'une violation de données | Regulation S-P |
| 48 h / 5 jours ouvrables | Remise de la brochure IA / résiliation sans pénalité | Brochure rule |
| $1.4M / $2.7M | Qualified client depuis le 29 juin 2026 : actifs gérés / net worth (avant : $1.1M / $2.2M) | Advisers Act Rule 205-3 |
Éthique
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| 5 % | Politique de markup : un guide, pas une règle | FINRA 2121 |
| 0,25 % | Frais 12b-1 et de service au-delà desquels un fonds n'est pas « no-load » | NASAA 1997 |
| 1, 5 et 10 ans | Rendement total à fournir avec le rendement courant d'un fonds | NASAA 1997 |
| 10 jours ouvrables | Discrétion orale tolérée pour un IA | NASAA 102(a)(4)-1 |
| 65 ans | Eligible adult (ou adulte protégé par la loi de l'État) | NASAA Model Act |
| 2 / 7 jours ouvrables | Notification du retard de décaissement / compte rendu de l'examen interne | NASAA Model Act |
| 15 → 25 jours ouvrables | Durée du retard / maximum sur demande d'une agence | NASAA Model Act |
| 15 + 10 + 30 | Hold temporaire FINRA, en jours ouvrables | FINRA 2165 |
| $300 | Plafond annuel des cadeaux par personne depuis le 30 mars 2026 (avant : $100) | FINRA 3220 |
Fiches
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Glossaire
Les termes que tu liras à l'écran le jour de l'examen, avec leur sens en français. Tape quelques lettres pour filtrer.
Examens blancs
65 questions, 75 minutes, comme le jour J : 60 questions notées réparties selon la pondération officielle, plus 5 questions de pré-test non notées que rien ne distingue. Il faut 43 bonnes réponses sur 60. Les corrections s'affichent à la fin.
- Les examens A, B et C sont composés de questions absentes des quiz des chapitres et ne se recoupent pas. L'examen « tirage aléatoire » puise dans toute la banque, avec la même répartition.
- Une question à la fois ; tu peux marquer une question « à revoir » et y revenir par la grille.
- Le chronomètre ne s'arrête pas, même si tu changes de page ou recharges : l'examen en cours est sauvegardé et reprend là où tu l'as laissé.
- Livre fermé : pas de retour au cours pendant l'épreuve. La recherche est désactivée tant qu'un examen est en cours, mais le site ne bloque pas la navigation : c'est à toi de ne pas ouvrir les chapitres, sinon ton score ne veut plus rien dire.
Grille : case pleine = répondue · bord ambre = à revoir · bord épais = question affichée.
À retravailler
Chaque question ratée dans un quiz de chapitre ou un examen blanc arrive ici, et revient en boucle dans le désordre. Une question ratée revient quelques questions plus loin ; une question sort de la liste quand tu la réussis deux fois de suite, ici ou ailleurs.