Publier de la recherche dans les règles, en sept chapitres.
La Series 86 vérifie que tu sais analyser une société ; la Series 87 vérifie que tu sais publier ton analyse sans enfreindre la loi. Elle porte sur les conflits d'intérêts entre la recherche et la banque d'affaires, les mentions obligatoires des rapports, la certification de l'analyste, la recherche autour des offres de titres et la diffusion de l'information. C'est un examen de règles, court et précis : chaque délai et chaque seuil compte.
Ce que l'examen pèse
Répartition officielle FINRA des 50 questions notées (content outline des Series 86/87 révisé en 2023). Clique sur une ligne pour ouvrir le premier chapitre de la fonction. La préparation des rapports vaut 72 % de la note, et la Rule 2241 en est le cœur.
Les 5 questions restantes sont des questions de pré-test, non notées, mélangées aux autres sans signe distinctif.
Les chapitres et les fonctions officielles
| Fonction FINRA | Chapitres du cours | Questions |
|---|---|---|
| 4. Preparation of Research Reports : règles de fond et de contenu | 1. Le cadre et les acteurs 2. Les conflits d'intérêts (Rule 2241) 3. Mentions obligatoires et certification 4. Rédiger le rapport | 36 (72 %) |
| 5. Dissemination and Marketing of Information : diffusion et responsabilité | 5. La recherche et les offres de titres 6. Diffuser la recherche 7. Responsabilité et manipulation | 14 (28 %) |
Comment utiliser ce cours
- Lis les chapitres dans l'ordre. Le chapitre 1 pose les définitions (research report, public appearance, household) dont dépendent toutes les règles.
- Apprends les chiffres par cœur avec la page « Chiffres clés » : 10 et 3 jours, 12 mois et 3 mois, 1 %, 15 personnes, 6 sociétés, 30 et 120 jours, 3 ans. L'examen les teste directement.
- Fais les quiz en bas de chaque chapitre. Les questions sont en anglais ; les corrections, en français, expliquent chaque mauvaise réponse.
- Termine par l'examen blanc : 55 questions en 1 h 45, notées sur 50. Vise 80 % avant de réserver ta date.
Plan d'étude sur deux semaines
| Période | Travail | Durée |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | « L'examen en pratique », chapitres 1 et 2, et leurs quiz | 1 h 30 / jour |
| Jours 4 à 6 | Chapitres 3 et 4 : mentions, Reg AC, Reg FD, rédaction | 1 h 30 / jour |
| Jours 7 à 9 | Chapitres 5 à 7 : offres de titres, diffusion, responsabilité | 1 h 30 / jour |
| Jours 10 à 14 | Chiffres clés et fiches chaque jour ; examen blanc A puis tirage aléatoire ; relire les sections ratées | 1 h 45 + revue |
La Series 87 est un examen FINRA. Il faut être parrainé par une firme membre (Form U4). L'enregistrement comme research analyst (FINRA Rule 1220(b)(6)) exige la Series 86, la Series 87 et le SIE. Les titulaires des niveaux I et II du CFA (ou, pour les analystes techniques, des niveaux I et II du CMT) peuvent être dispensés de la Series 86, jamais de la Series 87.
L'inscription, le jour J et les délais après un échec sont décrits dans .
Ce cours suit le content outline FINRA des Series 86/87 révisé en 2023 et le texte des règles tel que publié par FINRA et la SEC (eCFR) en octobre 2026. Les frais ($195) et les modalités peuvent changer : confirme-les sur finra.org. Le seuil de 74 est un score mis à l'échelle ; 37 bonnes réponses sur 50 en sont une approximation.
L'examen en pratique
Comment on s'inscrit, ce qui se passe au centre, et comment lire une question de réglementation.
S'inscrire
- Ta firme te parraine et dépose le Form U4 ; la fenêtre d'examen dure 120 jours.
- Le SIE et la Series 86 sont des co-requis : l'ordre importe peu, mais l'enregistrement exige les trois.
- Après un échec : 30 jours d'attente après le premier et le deuxième, 180 jours après trois échecs consécutifs.
Le jour J
- 55 questions à quatre choix en 1 h 45, sans document. Pas de pénalité pour une mauvaise réponse : réponds à tout.
- Moins de 2 minutes par question : c'est un examen de connaissance plus que de calcul. Ne t'attarde pas ; marque et reviens.
- Résultat à l'écran à la fin, sur une échelle commune (seuil 74).
Comment lire une question de réglementation
- Identifie qui agit. L'analyste, la firme, la banque d'affaires, l'émetteur ? La même action peut être permise à l'un et interdite à l'autre (l'émetteur peut vérifier les faits d'un projet de rapport, la banque d'affaires ne peut pas le relire du tout).
- Identifie le document. Rapport de recherche, apparition publique, rapport de tiers, compendium ? Les obligations ne sont pas les mêmes.
- Cherche le chiffre. 10 jours ou 3 jours ? 12 mois ou 3 mois ? 1 % ou 5 % ? Les mauvaises réponses sont souvent les bons chiffres d'une autre règle.
- Méfie-toi des absolus inverses. « Must never » quand la règle prévoit une exception (événement significatif, approbation de la conformité) ; « may » quand la règle interdit.
- Pour les questions EXCEPT, relis chaque option en te demandant « la règle l'exige-t-elle vraiment ? ».
Comment savoir que tu es prêt
- Tu récites de mémoire la liste des mentions obligatoires d'un rapport (chapitre 3).
- Tu sais dire, pour chaque situation de la page « Chiffres clés », quel délai ou quel seuil s'applique.
- Tu obtiens au moins 80 % à l'examen blanc.
Le cadre : pourquoi la recherche est réglementée
Un analyste vend une opinion. Si cette opinion est achetée par la banque d'affaires de sa propre firme, l'investisseur est trompé. Toutes les règles de la Series 87 découlent de cette idée : protéger l'indépendance et l'honnêteté de la recherche, et dire au lecteur tout ce qui pourrait la biaiser.
Pourquoi ces règles existent
À la fin des années 1990, pendant la bulle internet, des analystes vedettes recommandaient à l'achat des sociétés qu'ils dénigraient en privé, parce que leur banque voulait gagner les mandats d'introduction en Bourse de ces sociétés. Leur rémunération dépendait des mandats gagnés. Après l'éclatement de la bulle, les enquêtes ont abouti en 2003 au Global Research Analyst Settlement entre les régulateurs et dix grandes banques.
Le Congrès a réagi en 2002 avec la loi Sarbanes-Oxley, dont la section 501 a ajouté au Securities Exchange Act la section 15D (Securities Analysts and Research Reports). Elle charge la SEC et les organismes d'autorégulation d'adopter des règles qui séparent la recherche de la banque d'affaires et imposent la publication des conflits d'intérêts. Les règles de la NASD et de la NYSE qui en sont issues ont été fusionnées en 2015 dans la FINRA Rule 2241 (actions), complétée par la Rule 2242 pour la recherche sur la dette. La SEC a de son côté adopté Regulation AC (certification de l'analyste, chapitre 3).
La Rule 2241 a une particularité : elle exige surtout des politiques et procédures écrites (written policies and procedures) que la firme doit établir, maintenir et faire respecter. Mais chaque personne associée doit aussi respecter ces procédures, et adopter personnellement l'un des comportements qu'elles doivent interdire est une violation de la règle (Supplementary Material .09).
Les définitions de la Rule 2241
Research report
Une communication écrite (électronique comprise) qui contient une analyse des actions (equity securities) de sociétés ou de secteurs et qui fournit une information raisonnablement suffisante pour fonder une décision d'investissement. Les fonds ouverts non cotés sont exclus. Ne sont pas des research reports :
| Exclusion | Exemples |
|---|---|
| Communications limitées à certains contenus | Commentaires sur des indices larges ; commentaires économiques, politiques ou de marché ; analyse technique de l'offre et de la demande d'un secteur, d'un indice ou d'une industrie ; résumés statistiques de données financières de plusieurs sociétés (y compris des listes de notes) ; recommandations de surpondérer ou sous-pondérer un secteur ; avis de changement de note ou d'objectif de cours, à condition de renvoyer en même temps au dernier rapport complet avec ses mentions à jour |
| Même s'ils analysent une action précise | Toute communication adressée à moins de 15 personnes ; rapports périodiques aux actionnaires d'un fonds ou aux clients d'une gestion discrétionnaire, qui commentent les décisions passées ; communications internes non remises aux clients |
| Documents d'offre | Prospectus déposés avec une registration statement ; mémorandums de placement privé (sauf s'ils se présentent comme de la recherche) |
Research analyst
La personne associée principalement responsable de la préparation du contenu d'un rapport, et toute personne qui lui rend compte pour cette préparation, quel que soit son titre. Un associé junior qui construit le modèle est donc research analyst au sens de la règle.
Public appearance
Toute participation à une conférence téléphonique, un séminaire, un forum (électronique interactif compris) ou toute intervention publique devant 15 personnes ou plus, ou devant un ou plusieurs représentants des médias ; une interview à la radio, à la télévision ou dans la presse ; la rédaction d'un article de presse ; dès lors que l'analyste y fait une recommandation ou donne une opinion sur une action. Exception : un webcast ou une conférence protégés par mot de passe devant 15 clients existants ou plus, si tous ont déjà reçu le dernier rapport avec ses mentions, et si l'analyste corrige pendant l'événement les mentions devenues inexactes.
Household et research analyst account
- Member of a research analyst's household : toute personne dont la résidence principale est celle de l'analyste. Pas un colocataire sans lien de parenté, si les deux sont financièrement indépendants.
- Research analyst account : tout compte dans lequel l'analyste ou un membre de son foyer a un intérêt financier, ou sur lequel l'analyste a un pouvoir de décision. Exclus : un fonds enregistré qu'il gère sans y avoir d'intérêt autre qu'une commission de gestion ou de performance, et un blind trust géré par un tiers dont il ignore les opérations.
Autres termes
- Subject company : la société dont les actions font l'objet du rapport ou de l'apparition publique.
- Investment banking services : placement de titres (underwriter, membre d'un syndicat de vente), conseil en fusions-acquisitions, capital-risque, lignes de crédit en actions, agent de placement privé.
- Third-party research report : rapport produit par une autre personne que la firme. Il est independent si son auteur n'a aucun lien d'affaires avec la firme susceptible d'en influencer le contenu, et décide de ce contenu sans intervention de la firme.
- Emerging Growth Company (EGC) : catégorie de petits émetteurs créée par le JOBS Act de 2012 (Exchange Act § 3(a)(80)), qui bénéficie d'assouplissements (chapitres 2 et 5).
Qui doit être enregistré
| Fonction | Règle | Qualification |
|---|---|---|
| Research analyst : fonction principale de recherche, principal responsable du contenu d'un rapport sur actions | Rule 1220(b)(6) | SIE + Series 86 + Series 87. Dispense de la 86 pour CFA niveaux I et II, ou CMT niveaux I et II (analystes techniques). Jamais de dispense de la 87. |
| Supervisory analyst : principal qui approuve le contenu des rapports de recherche (actions, dette, rapports de tiers) et d'autres communications de recherche | Rule 1220(a)(14) | Examen de supervisory analyst (Series 16) ; la partie analyse financière est dispensée pour le titulaire du niveau I du CFA. |
La supervision : Rules 3110 et 3120
- Rule 3110 : chaque firme a un système de supervision raisonnablement conçu pour faire respecter les lois et les règles : procédures écrites, principals désignés pour chaque activité, revue des communications, inspections. Pour la recherche, cela comprend la revue des rapports avant publication et la surveillance des comptes des analystes.
- Rule 3120 : la firme désigne des principals qui testent et vérifient au moins une fois par an que ses procédures de supervision fonctionnent, et adressent un rapport à la direction.
- Selon la Rule 2210 (chapitre 6), un rapport de recherche destiné au public est approuvé avant publication par un principal qualifié, et le supervisory analyst peut remplir ce rôle pour les rapports sur actions et sur dette.
- Sarbanes-Oxley § 501 → Exchange Act § 15D → règles des SRO, fusionnées en FINRA Rule 2241 (2015). Reg AC = SEC.
- Research report : écrit, analyse d'actions, base suffisante pour décider. Pas un rapport si moins de 15 destinataires, commentaire de marché, analyse technique d'un secteur, avis de changement de note avec renvoi au dernier rapport.
- Public appearance : 15 personnes ou plus, ou un journaliste ; exception du webcast protégé pour clients ayant reçu le rapport.
- Household : même résidence principale (pas le colocataire indépendant).
- Research analyst : 1220(b)(6), SIE + 86 + 87. Supervisory analyst : 1220(a)(14), Series 16.
- 3110 : système de supervision ; 3120 : tests annuels.
Quiz du chapitre
Les conflits d'intérêts : séparer la recherche de la banque
La Rule 2241 impose à la firme des politiques écrites qui identifient et gèrent les conflits liés à la préparation, au contenu et à la diffusion des rapports, aux apparitions publiques et aux relations entre les analystes et le reste du monde : banque d'affaires, vente et négociation, sociétés suivies, clients. Ce chapitre détaille ce que ces politiques doivent interdire ou limiter.
L'objectif
Les procédures doivent promouvoir une recherche objective et fiable, qui reflète les opinions réellement tenues par l'analyste, et empêcher qu'on utilise les rapports ou les analystes pour manipuler le marché ou favoriser les intérêts de la firme ou de certains clients.
La banque d'affaires tenue à distance
| Règle (2241(b)(2)) | Contenu |
|---|---|
| (A) Relecture avant publication | Interdite aux personnes de la banque d'affaires. Restreinte ou interdite aux autres personnes extérieures à la recherche, sauf le juridique et la conformité. |
| (B) Décisions de couverture | L'avis de la banque d'affaires est limité : la direction de la recherche prend seule les décisions finales sur les sociétés suivies. |
| (C) Supervision | La banque d'affaires ne supervise pas les analystes et n'influence pas l'évaluation ni la fixation de leur rémunération. |
| (D) Budget | Le budget de la recherche est fixé par la direction générale, sans les dirigeants de la banque d'affaires. |
| (E) Rémunération | Interdite si elle est fondée sur des opérations de banque d'affaires précises ou sur la contribution de l'analyste à cette activité. |
| (F) Comité de rémunération | La rémunération de l'analyste principal est revue et approuvée au moins une fois par an par un comité qui rend compte au conseil d'administration (ou, à défaut de conseil, à un dirigeant), sans représentant de la banque d'affaires. Il prend en compte : la performance individuelle (productivité, qualité), la corrélation entre les recommandations et la performance des titres, les notes des clients, de la force de vente et des pairs indépendantes de la banque d'affaires, et les classements indépendants. Il documente sa décision. |
| (G) Barrières d'information | Les analystes sont protégés de toute pression ou supervision de la banque d'affaires et des autres personnes susceptibles d'être biaisées, y compris la vente et la négociation. |
| (H) Représailles | Interdiction des représailles ou menaces contre un analyste à cause d'un rapport ou d'une intervention défavorable. |
La rémunération de l'analyste peut dépendre, parmi d'autres facteurs, des revenus globaux de banque d'affaires de la firme : c'est permis, mais doit alors être mentionné dans le rapport (chapitre 3). Ce qui est interdit, c'est de le payer pour une opération précise.
La relecture par la société suivie
La société suivie ne peut relire un projet de rapport que pour vérifier des faits (2241(b)(2)(N)). Selon le Supplementary Material .05, des sections du projet peuvent être soumises à la société ou à des personnes hors banque d'affaires si :
- les sections soumises ne contiennent ni le résumé de la recherche, ni la note, ni l'objectif de cours ;
- un projet complet a d'abord été remis au juridique ou à la conformité ;
- si, après cette relecture, la recherche veut changer la note ou l'objectif de cours, elle doit d'abord fournir une justification écrite au juridique ou à la conformité et obtenir leur autorisation écrite.
La firme conserve le projet et la version finale pendant 3 ans après publication.
L'analyste et les opérations de banque d'affaires
- (K) Interdiction de toute promesse, explicite ou implicite, de recherche favorable, d'une note ou d'un contenu particulier pour obtenir des affaires ou une rémunération.
- (L) Interdiction pour l'analyste de participer aux présentations de démarchage (pitches) et autres sollicitations de mandats, et aux road shows ou autres actions de commercialisation pour un émetteur. Les documents de démarchage ne peuvent pas suggérer une couverture favorable : y mettre le classement de l'analyste dans un palmarès est interdit ; mentionner que la firme couvre la société et le nom de l'analyste est permis (Supplementary Material .01).
- Exception EGC : l'analyste peut assister à une réunion de démarchage pour l'introduction en Bourse d'une Emerging Growth Company à laquelle participe la banque d'affaires, sans y solliciter d'affaires.
- (M) La banque d'affaires ne peut pas demander à l'analyste de faire des efforts de vente ou de communiquer avec des clients sur une opération. L'analyste ne peut pas communiquer avec un client ou prospect en présence de la banque d'affaires ou de la direction de la société au sujet d'une opération (Supplementary Material .03), et toute communication liée à une opération doit être équilibrée et non trompeuse.
- Due diligence conjointe : interdite en présence de la banque d'affaires avant que l'émetteur ait choisi ses underwriters (Supplementary Material .02).
Les périodes de silence (quiet periods)
La firme doit définir des périodes pendant lesquelles elle ne publie pas de rapport et ses analystes ne font pas d'apparition publique sur l'émetteur :
| Opération | Qui est concerné | Durée minimale |
|---|---|---|
| Introduction en Bourse (IPO) | Toute firme ayant participé comme underwriter ou dealer | 10 jours après la date de l'IPO |
| Offre secondaire | La firme manager ou co-manager | 3 jours après la date de l'offre |
- Exception de l'événement significatif : un rapport ou une intervention sur les effets d'une nouvelle ou d'un événement significatif est permis pendant ces périodes, si le juridique ou la conformité l'autorise avant publication.
- La période de 3 jours ne s'applique pas à un rapport publié selon la Rule 139 (chapitre 5) sur une société aux titres activement négociés (Regulation M : volume quotidien moyen d'au moins 1 M$ et flottant d'au moins 150 M$).
- Aucune période de silence pour l'IPO ou l'offre secondaire d'une Emerging Growth Company (JOBS Act), ni pour certains fonds couverts par la Rule 139b.
Beaucoup de supports de préparation reprennent encore l'ancienne NASD Rule 2711, remplacée en 2015 par la Rule 2241 : périodes de silence de 40 jours après une IPO et de 25 jours pour les autres participants, interdiction de publier autour de l'expiration du lock-up, « comité de revue » obligatoire des changements de note. Le texte actuel de la Rule 2241, sur lequel repose ce cours, prévoit 10 jours après une IPO et 3 jours après une offre secondaire, et ne contient ni règle de lock-up ni comité de revue des notes. Si une question propose 40 et 10, choisis la règle actuelle.
Les opérations personnelles des analystes
Les règles de la firme vont souvent plus loin que la Rule 2241 (autorisation préalable des opérations des analystes, interdiction de détenir les titres suivis). Toute personne associée qui ouvre un compte chez un autre membre de FINRA doit en outre obtenir l'accord écrit préalable de sa firme, qui peut demander copie des relevés (FINRA Rule 3210).
La firme doit restreindre les opérations des research analyst accounts sur les titres suivis, leurs dérivés et les fonds dont la performance en dépend fortement (2241(b)(2)(J)) :
- ces comptes, les superviseurs des analystes et toute personne qui peut influencer le contenu d'un rapport ne doivent pas profiter de leur connaissance du contenu ou du calendrier d'un rapport avant que ses destinataires aient eu une chance raisonnable d'agir ;
- aucun research analyst account ne peut acheter ou vendre dans un sens contraire à la dernière recommandation publiée de l'analyste, sauf cas de difficultés financières définis par la firme (changement important et imprévu de la situation personnelle) ; une politique qui interdit aux analystes de détenir les titres de leur univers, avec un plan de liquidation approuvé par la conformité, n'est pas considérée comme une violation ;
- aucun research analyst account ne peut acheter ni recevoir des titres d'un émetteur avant son IPO si cet émetteur exerce principalement dans le même type d'activité que les sociétés suivies par l'analyste.
La recherche de tiers (2241(h))
- Un principal ou un supervisory analyst examine et approuve (signature ou initiales) tout rapport de tiers distribué, sauf pour le contrôle d'exactitude des rapports indépendants.
- La firme ne distribue pas un rapport de tiers qu'elle sait ou devrait savoir non objectif ou non fiable, et veille à ce qu'il ne contienne rien de faux ou trompeur qu'elle devrait voir à la lecture ou connaît par ailleurs.
- Le rapport de tiers est accompagné des conflits importants qui ont pu influencer le choix du fournisseur ou de la société étudiée (notamment opérations de banque d'affaires, détention de 1 % ou plus, tenue de marché).
- La recherche indépendante mise à disposition sur demande, sur le site de la firme, ou à la demande d'un client informé de sa disponibilité lors d'une sollicitation, n'est pas considérée comme « distribuée » pour ces mentions.
- Le rapport est clairement présenté comme rapport de tiers.
L'exemption des petites banques (2241(i))
Les firmes qui, en moyenne sur les 3 dernières années, ont participé comme manager ou co-manager à 10 opérations ou moins par an et en ont tiré 5 M$ ou moins de revenus bruts de banque d'affaires par an sont dispensées des règles (A), (B), (C), (D), (F) et (G) ci-dessus. Elles doivent quand même protéger leurs analystes de la pression de la banque d'affaires et de la vente, et conserver 3 ans les communications concernées. Les autres règles (rémunération par opération, promesses, quiet periods, opérations personnelles, mentions) restent applicables.
- Le banquier responsable d'un client demande à relire le projet de rapport « pour éviter un incident diplomatique ». Interdit Aucune relecture par la banque d'affaires.
- La société suivie reçoit la section « historique et activité » du projet pour vérifier les chiffres, après envoi du projet complet à la conformité. Permis Vérification des faits, sans note ni objectif de cours.
- Après la relecture de la société, l'analyste veut passer de « buy » à « hold ». Possible Avec justification écrite à la conformité et son autorisation écrite.
- Une analyste participe au road show de l'IPO d'un client de la banque. Interdit (b)(2)(L).
- Une firme co-manager d'une offre secondaire publie un rapport 2 jours après l'offre sur une société très liquide, dans le cadre de la Rule 139. Permis Exception des titres activement négociés.
- La conjointe d'un analyste achète des actions d'une société qu'il note « sell ». Interdit Compte du foyer, sens contraire à la recommandation (sauf difficulté financière admise).
- Banque d'affaires : pas de relecture, pas de supervision, pas d'influence sur la rémunération ni le budget ; décision de couverture à la recherche.
- Rémunération : jamais par opération ; comité annuel sans banque d'affaires, rattaché au conseil.
- Société suivie : vérification des faits seulement, sans résumé, note ni objectif ; projet complet à la conformité ; changement de note après relecture = autorisation écrite.
- Pas de pitch, pas de road show, pas de promesse de recherche favorable.
- Quiet periods : IPO 10 jours (underwriter ou dealer) ; secondaire 3 jours (manager, co-manager). Exceptions : événement significatif approuvé, Rule 139 sur titres activement négociés (secondaire), EGC.
- Comptes d'analyste : pas de trading contraire à la recommandation, pas d'actions pré-IPO du secteur suivi.
- Petites firmes : ≤ 10 opérations et ≤ 5 M$ par an en moyenne sur 3 ans.
Quiz du chapitre
Mentions obligatoires et certification
Le lecteur d'un rapport doit savoir sur quoi repose la recommandation et ce qui pourrait la biaiser. La Rule 2241 fixe la liste des mentions, Regulation AC impose à l'analyste de certifier ses opinions, et d'autres règles imposent de déclarer les liens de la firme avec l'émetteur.
Le fond : une base raisonnable
La firme doit avoir des procédures écrites qui garantissent que (2241(c)(1)) :
- les faits présentés reposent sur des informations fiables ;
- toute recommandation, note ou objectif de cours a une base raisonnable et s'accompagne d'une explication claire de la méthode de valorisation et d'une présentation équilibrée des risques qui pourraient empêcher de l'atteindre.
Le système de notation
- Chaque rapport définit clairement chaque note du système, avec son horizon et ses éventuels indices de référence. La définition doit correspondre au sens courant du mot (« buy » ne peut pas vouloir dire « vendre »).
- Quel que soit le système, tout rapport qui contient une note indique la répartition des notes : le pourcentage des titres notés par la firme qu'elle classerait en « buy », « hold » et « sell ».
- Il indique aussi, pour chacune des trois catégories, le pourcentage de sociétés auxquelles la firme a fourni des services de banque d'affaires dans les 12 derniers mois.
- Ces chiffres sont à jour à la fin du dernier trimestre civil (ou de l'avant-dernier si le rapport paraît moins de 15 jours civils après la fin du trimestre).
Le graphique de cours
Si le rapport contient une note ou un objectif de cours, et que la firme a noté le titre depuis au moins un an, il comprend un graphique linéaire des cours de clôture quotidiens sur la période de notation ou sur 3 ans, la plus courte des deux. Il indique les dates et le contenu de chaque note et objectif attribués ou modifiés, et il est à jour à la fin du dernier trimestre civil (même règle des 15 jours).
Les mentions de conflits dans un rapport (2241(c)(4))
| Le rapport doit dire si… | Période |
|---|---|
| L'analyste ou un membre de son foyer a un intérêt financier dans les titres (actions ou dette) de la société, et sa nature (options, droits, warrants, futures, position longue ou courte) | À la publication |
| L'analyste a reçu une rémunération fondée (entre autres) sur les revenus de banque d'affaires de la firme | — |
| La firme ou un affilié a dirigé ou co-dirigé une offre publique de la société | 12 derniers mois |
| La firme ou un affilié a reçu une rémunération de banque d'affaires de la société | 12 derniers mois |
| La firme ou un affilié s'attend à recevoir ou cherchera une rémunération de banque d'affaires de la société | 3 prochains mois |
| La firme ou un affilié a reçu une rémunération pour d'autres services que la banque d'affaires | 12 derniers mois (arrêtés à la fin du mois précédent) |
| La société est ou a été cliente de la firme, avec le type de services : banque d'affaires, services liés aux titres hors banque d'affaires, services non liés aux titres | 12 derniers mois |
| La firme ou ses affiliés détiennent 1 % ou plus d'une catégorie d'actions ordinaires de la société (calcul comme pour le Schedule 13D) | À la publication |
| La firme est teneur de marché (market maker) sur les titres | Au moment de la publication |
| L'analyste a reçu une rémunération de la société | 12 derniers mois |
| Tout autre conflit important connu de l'analyste ou d'une personne qui peut influencer le contenu (par exemple, l'analyste est administrateur ou dirigeant de la société) | À la publication |
- Une mention n'est pas exigée si elle révélerait une information privilégiée sur une future opération de banque d'affaires précise.
- Les mentions figurent en première page, ou la première page indique la page où elles se trouvent ; un rapport électronique peut renvoyer par lien hypertexte. Elles doivent être claires, complètes et visibles.
- Un compendium couvrant 6 sociétés ou plus peut indiquer où obtenir les mentions : lien hypertexte pour un rapport électronique ; numéro vert ou adresse postale (et éventuellement un site) pour un rapport papier.
- Les mentions de la Rule 2210 et des lois fédérales s'ajoutent à celles-ci (2241(e)).
Les mentions lors d'une apparition publique (2241(d))
L'analyste dit, lors de l'apparition publique :
- si lui ou un membre de son foyer a un intérêt financier dans les titres de la société, et sa nature ;
- si la firme ou ses affiliés détiennent 1 % ou plus d'une catégorie d'actions ordinaires ;
- si, à sa connaissance, la firme ou un affilié a reçu une rémunération de la société dans les 12 derniers mois ;
- si lui-même a reçu une rémunération de la société dans les 12 derniers mois ;
- si, à sa connaissance, la société est ou a été cliente de la firme dans les 12 derniers mois, et le type de services s'il le connaît ;
- tout autre conflit important qu'il connaît.
Même exception pour l'information privilégiée sur une opération future. La firme conserve des registres des apparitions publiques suffisants pour prouver le respect de ces mentions, pendant 3 ans.
Dans une apparition publique, plusieurs mentions dépendent de ce que l'analyste sait ou a des raisons de savoir ; il n'a pas à citer la répartition des notes, le graphique de cours, ni la tenue de marché. Dans un rapport, la firme est responsable de toutes les mentions, à la date de publication.
L'abandon de la couverture (2241(f))
La firme qui cesse de suivre une société en informe rapidement ses clients, par ses moyens habituels de diffusion. La notification est accompagnée d'un dernier rapport, comparable aux précédents, avec une note ou recommandation finale. Si c'est impossible (l'analyste est parti, par exemple), la firme donne la raison de l'arrêt.
Regulation AC : la certification de l'analyste
Regulation AC (Analyst Certification, SEC, 17 CFR 242.500 à 505) s'applique aux broker-dealers et à leurs personnes associées qui diffusent un rapport de recherche à une personne américaine aux États-Unis.
- Dans chaque rapport (Rule 501) : une certification claire et visible de l'analyste attestant (1) que toutes les opinions exprimées reflètent fidèlement ses opinions personnelles sur les titres ou émetteurs ; et (2) soit qu'aucune partie de sa rémunération n'a été, n'est ou ne sera liée directement ou indirectement aux recommandations précises du rapport, soit qu'elle l'est, avec la source, le montant et l'objet de cette rémunération et l'avertissement qu'elle pourrait influencer les recommandations.
- Apparitions publiques (Rule 502) : dans les 30 jours suivant chaque trimestre civil où l'analyste est intervenu en public, la firme établit un enregistrement contenant la déclaration de l'analyste que ses opinions exprimées dans toutes ses apparitions du trimestre reflétaient ses opinions personnelles, et que sa rémunération n'était pas liée à ses recommandations.
- Si l'analyste ne fournit pas cette déclaration, la firme prévient rapidement par écrit son autorité d'examen (FINRA), et pendant 120 jours mentionne dans chaque rapport de cet analyste qu'il n'a pas fourni la certification.
- Conservation de ces enregistrements : 3 ans, les 2 premières années dans un endroit facilement accessible.
- Rapport d'un analyste tiers : pas de certification exigée si l'employeur du tiers n'a aucun dirigeant ou salarié en commun avec la firme et si la firme empêche toute influence sur ce tiers.
- Exclusion des médias : Regulation AC ne s'applique pas à l'éditeur d'un journal, d'un magazine ou d'une publication financière de bonne foi, à diffusion générale et régulière, qui n'est ni broker-dealer ni investment adviser.
- Au sens de Reg AC, un research report est une communication écrite qui analyse un titre ou un émetteur et fournit une base raisonnablement suffisante pour décider ; une public appearance est un séminaire, un forum ou une interview où l'analyste fait une recommandation précise ou donne cette base.
Les liens entre la firme et l'émetteur
| Règle | Situation | Obligation |
|---|---|---|
| FINRA 2262 et SEC 15c1-5 (disclosure of control) | La firme contrôle l'émetteur, est contrôlée par lui ou est sous contrôle commun avec lui | Dire au client l'existence de ce contrôle avant de conclure l'opération ; si l'information est orale, la compléter par écrit au plus tard à la fin de la transaction |
| FINRA 2269 et SEC 15c1-6 (disclosure of participation or interest in distribution) | La firme agit comme courtier pour le client (ou comme dealer rémunéré pour le conseiller) sur un titre dont elle participe à la distribution primaire ou secondaire, ou dans laquelle elle est financièrement intéressée | Notification écrite au client de cette participation ou de cet intérêt, au plus tard à la fin de la transaction |
Les offres avec conflit d'intérêts : FINRA Rule 5121
Une firme a un conflit d'intérêts dans une offre publique si :
- les titres sont émis par la firme elle-même ;
- l'émetteur contrôle la firme, est contrôlé par elle ou ses personnes associées, ou est sous contrôle commun (contrôle = détention de 10 % ou plus des actions ordinaires ou préférentielles, ou de 10 % des profits d'un partnership, ou pouvoir de diriger) ;
- au moins 5 % du produit net de l'offre (hors rémunération des underwriters) servira à rembourser un prêt consenti par la firme, ses affiliés et ses personnes associées, ou leur sera autrement versé ;
- par l'effet de l'offre, la firme deviendra affiliée de l'émetteur, deviendra cotée, ou l'émetteur deviendra membre de FINRA.
La firme ne peut alors participer que si l'offre comprend une mention visible du conflit dans le prospectus et remplit l'une de ces conditions : le chef de file n'a pas de conflit ; les titres ont un marché public de bonne foi (bona fide public market : émetteur déclarant depuis au moins 90 jours, coté sur une bourse nationale, volume quotidien moyen d'au moins 1 M$ et flottant d'au moins 150 M$) ; ou les titres sont notés investment grade. À défaut, un qualified independent underwriter (QIU) participe à la préparation du prospectus avec les diligences d'usage, et le prospectus mentionne le conflit, le nom du QIU et son rôle. La firme en conflit ne peut vendre ces titres à un compte discrétionnaire qu'avec l'accord écrit spécifique du titulaire.
- Base raisonnable + méthode de valorisation + risques pour l'objectif.
- Répartition des notes buy / hold / sell + % de clients de banque d'affaires (12 mois), à jour au dernier trimestre (15 jours de tolérance).
- Graphique : si noté depuis ≥ 1 an, sur la période de notation ou 3 ans (le plus court).
- Mentions : intérêt financier de l'analyste et du foyer ; rémunération liée aux revenus de banque ; manager / co-manager 12 mois ; rémunération de banque reçue 12 mois, attendue 3 mois ; autres services 12 mois ; client 12 mois ; 1 % ; market maker ; rémunération de l'analyste par la société 12 mois ; autre conflit.
- Première page ou renvoi ; compendium à partir de 6 sociétés.
- Abandon de couverture : dernier rapport avec note finale.
- Reg AC : certification dans chaque rapport ; apparitions publiques : attestation trimestrielle sous 30 jours ; sinon avis à FINRA et mention pendant 120 jours ; conservation 3 ans.
- 2262 / 15c1-5 : contrôle, avant l'opération, écrit au plus tard à la fin. 2269 / 15c1-6 : participation à la distribution, écrit. 5121 : conflit (5 % du produit, 10 % de contrôle) → mention + QIU sauf exceptions.
Quiz du chapitre
Rédiger le rapport : types, contenu, information
Le plan d'examen décrit les rapports qu'un analyste prépare et ce qu'ils contiennent. Il teste aussi la façon dont l'analyste obtient l'information auprès des sociétés (Regulation FD) et utilise leurs chiffres ajustés (Regulation G).
Les types de rapports
| Type | Ce qu'il fait |
|---|---|
| Initiation de couverture (initiation of coverage) | Premier rapport, le plus complet : activité, secteur, thèse, modèle, valorisation, note et objectif |
| Changement de note, d'objectif de cours ou de prévisions | Explique ce qui a changé et pourquoi. Un simple avis de changement n'est pas un research report s'il renvoie au dernier rapport complet |
| Fin de couverture (termination of coverage) | Dernier rapport avec note finale (chapitre 3) |
| Avant-première et revue de résultats (earnings preview, earnings review) | Avant la publication : attentes, points à surveiller. Après : écart avec les prévisions, révision du modèle |
| Rapport fondamental | Analyse approfondie de la société |
| Rapport thématique (topical, theme piece) | Un sujet transversal : une réglementation, une technologie, une tendance |
| Notes courtes et résumés d'actualité | Réaction rapide à une nouvelle |
| Rapport sectoriel | Un secteur entier, souvent avec plusieurs sociétés (compendium dès 6 sociétés) |
Les composantes d'un rapport
Le plan d'examen en donne la liste : analyse du modèle économique, présentation de la société, position concurrentielle, situation financière, qualité de la direction, présentation du secteur, perspectives du secteur et de la société, perspectives de dividende, thèse d'investissement, sensibilité des coûts et des revenus, qualité et quantité des bénéfices, revue des derniers chiffres publiés, revue de l'actualité, note ou recommandation, valorisation du titre, risques. Les trois derniers sont aussi des obligations de la Rule 2241 : base raisonnable, méthode expliquée, risques présentés.
- L'analyste rédige, avec ses opinions réellement tenues et sa certification Reg AC.
- Le cas échéant, vérification des faits par la société (sections sans note ni objectif, projet complet d'abord à la conformité).
- Revue par la conformité (mentions, quiet periods, listes de surveillance et de restriction).
- Approbation par un supervisory analyst ou un principal qualifié (Rule 2210).
- Publication à tous les clients prévus en même temps (chapitre 6).
Le ton et les corrections
- Comme toute communication, un rapport doit être juste, équilibré et non trompeur (Rule 2210) : pas d'affirmation exagérée, promissoire ou non justifiée (« la meilleure opportunité de la décennie », « hausse garantie »). Le supervisory analyst fait corriger ces formulations avant d'approuver.
- Si un rapport publié contient une erreur significative (chiffre faux, mention manquante), il devient trompeur. Aucune règle ne fixe de délai précis, mais la firme doit publier rapidement une correction, par les mêmes moyens de diffusion, en expliquant ce qui a changé, et examiner pourquoi la revue ne l'a pas détectée.
Les firmes tiennent une watch list (liste confidentielle des sociétés sur lesquelles elles détiennent une information privilégiée, surveillée par la conformité) et une restricted list (liste des sociétés sur lesquelles la recherche, les recommandations ou certaines opérations sont limitées, typiquement pendant une opération de banque d'affaires).
Regulation FD : obtenir l'information des sociétés
Regulation FD (Fair Disclosure, SEC, 17 CFR 243.100 à 103) s'adresse aux émetteurs, pas aux analystes. Quand un émetteur (ou une personne agissant pour lui) révèle une information significative non publique à :
- un broker-dealer ou une personne qui lui est associée (donc un analyste),
- un investment adviser, un gérant institutionnel déposant le Form 13F, une société d'investissement, ou une personne qui leur est associée,
- un porteur de titres de l'émetteur, s'il est raisonnablement prévisible qu'il négociera sur cette base,
il doit la rendre publique simultanément si la divulgation est intentionnelle (il sait, ou ne peut ignorer par imprudence, que l'information est significative et non publique), et rapidement sinon : dès que possible, et au plus tard dans les 24 heures ou avant l'ouverture de la séance suivante du NYSE (la plus tardive des deux) après qu'un dirigeant l'apprend. La publication se fait par un Form 8-K ou par tout autre moyen de diffusion large et non exclusif (communiqué, conférence publique annoncée).
Reg FD ne s'applique pas à une divulgation faite à une personne tenue à la confidentialité envers l'émetteur (avocat, banquier d'affaires, expert-comptable), à une personne qui s'engage expressément à garder l'information confidentielle, ni à certaines communications liées à une offre enregistrée (prospectus, avis des Rules 134 et 135).
L'analyste peut poser des questions à la direction et combiner des éléments publics et des détails non significatifs (mosaic theory). S'il reçoit une information significative non publique, il ne l'utilise pas, ne la transmet pas, et prévient la conformité ; la société doit la publier. Négocier ou recommander sur cette base serait un délit d'initié (chapitre 7).
Regulation G : les chiffres non GAAP
Quand un émetteur publie un indicateur non GAAP (EBITDA ajusté, BPA ajusté), il doit présenter l'indicateur GAAP le plus directement comparable et un rapprochement chiffré (quantitatif pour les chiffres historiques ; pour les prévisions, dans la mesure où il est disponible sans efforts déraisonnables). L'analyste qui reprend ces chiffres dans un rapport vérifie les ajustements et présente fidèlement les chiffres GAAP : un rapport qui n'utiliserait que les chiffres flatteurs de la direction manquerait de base raisonnable.
Regulation A et Regulation S
Le plan d'examen range ces deux régimes d'offres dans cette fonction, car l'analyste doit savoir sur quel type d'offre il écrit. Ils sont présentés au chapitre 5 avec les autres règles d'offre.
- Types : initiation, changements, fin de couverture, previews et reviews, fondamental, thématique, notes courtes, sectoriel.
- Thèse, valorisation, note, risques : à la fois composantes et obligations.
- Reg FD vise l'émetteur : intentionnel → simultané ; non intentionnel → rapidement (24 h ou ouverture du NYSE suivante, la plus tardive) ; 8-K ou diffusion large. Exceptions : devoir de confidentialité, accord exprès, offre enregistrée.
- Reg G : indicateur GAAP comparable + rapprochement.
- Watch list (confidentielle) ; restricted list (limitations publiques).
Quiz du chapitre
La recherche et les offres de titres
Pendant une offre de titres, un rapport favorable publié par une banque du syndicat peut être une façon déguisée de vendre l'offre. Le droit des offres (Securities Act de 1933) encadre donc strictement la recherche : ce chapitre explique quand un rapport est une « offre » et quand il bénéficie d'une protection (safe harbor).
Le point de départ : la section 5 du Securities Act
- § 5(c) : aucune offre avant le dépôt de la registration statement (période de pré-dépôt). Communiquer de façon à « conditionner le marché » avant le dépôt s'appelle du gun-jumping.
- § 5(a) : aucune vente tant que la registration statement n'est pas effective. Entre le dépôt et l'effet (période d'attente, waiting period), les offres sont permises par certains moyens (prospectus préliminaire, communications orales, annonces de la Rule 134), mais pas les ventes.
- § 5(b)(1) : tout prospectus utilisé doit répondre aux exigences de la section 10. § 5(b)(2) : un titre vendu ne peut être livré sans être accompagné ou précédé du prospectus définitif (section 10(a)).
- Le Securities Act (§ 2(a)(10)) définit le « prospectus » largement : toute communication écrite, radio ou télévision qui offre un titre. Un rapport de recherche favorable publié pendant l'offre par une banque qui la place peut donc être un prospectus illégal, sauf safe harbor.
Les annonces qui ne sont pas des offres
| Règle | Contenu |
|---|---|
| Rule 134 (tombstone) | Après le dépôt de la registration statement, une communication limitée aux informations permises (nom de l'émetteur, titre, montant, prix ou fourchette, nom des underwriters, calendrier, adresse pour obtenir le prospectus…) n'est pas un prospectus. |
| Rule 134a | Certains documents éducatifs sur les options ne sont pas un prospectus. |
| Rule 135 | L'émetteur peut annoncer une offre enregistrée à venir, avec la mention que ce n'est pas une offre de titres, et un contenu limité : nom de l'émetteur, titre, montant et caractéristiques des titres, calendrier prévu, brève description de l'offre et de son objet, sans nommer les underwriters. |
Les trois safe harbors de la recherche
| Règle | Pour qui | Conditions principales |
|---|---|---|
| Rule 137 | Broker-dealer qui ne participe pas à l'offre | Ni lui ni ses affiliés ne participent à la distribution ; il ne reçoit aucune rémunération de l'émetteur, d'un vendeur, d'un participant ou d'une personne intéressée à l'offre (le prix normal d'abonnement est permis) ; il publie dans le cours normal de ses affaires ; l'émetteur n'est pas, et n'a pas été depuis 3 ans, une blank check company, une shell company ou un émetteur de penny stock. Son rapport ne fait pas de lui un underwriter. |
| Rule 138 | Broker-dealer participant, sur un autre type de titre | Rapport sur les seules actions (ou titres convertibles en actions) quand l'offre porte sur la seule dette non convertible ou des préférentielles non convertibles, ou l'inverse ; émetteur déclarant à jour de ses dépôts depuis 12 mois (ou émetteur étranger qualifié) ; publication dans le cours normal des affaires ; pas de blank check, shell ou penny stock depuis 3 ans. |
| Rule 139 | Broker-dealer participant, sur le même titre | Rapport spécifique à l'émetteur : émetteur éligible au Form S-3 ou F-3 (avec le seuil de flottant) ou well-known seasoned issuer, à jour de ses dépôts depuis 12 mois ; publication dans le cours normal des affaires, et pas une initiation ni une reprise de couverture. Rapport sectoriel : émetteur déclarant ; rapport couvrant un nombre substantiel de sociétés du secteur (ou une liste complète des recommandations), sans place ni importance plus grande pour l'émetteur ; la firme publie déjà de tels rapports régulièrement et y incluait l'émetteur. Mêmes exclusions blank check, shell, penny stock. |
- Si les conditions de la Rule 138 ou 139 sont remplies, le rapport n'est pas non plus une sollicitation générale dans une offre Rule 144A, ni un effort de vente dirigé vers les États-Unis dans une offre Regulation S.
- La Rule 139b (issue du Fair Access to Investment Research Act de 2017) crée un safe harbor comparable pour la recherche sur certains fonds (covered investment funds).
- Emerging Growth Companies : depuis le JOBS Act (2012), un rapport de recherche sur une EGC publié par un broker-dealer, même participant à son introduction en Bourse, n'est pas une offre au sens du Securities Act. Et FINRA n'impose pas de quiet period après l'IPO ou l'offre secondaire d'une EGC (chapitre 2).
La remise du prospectus après l'offre : § 4(3) et Rule 174
Après l'entrée en vigueur, un dealer qui vend le titre sur le marché secondaire doit encore remettre le prospectus pendant une période : 40 jours en général, 90 jours pour une première offre (IPO) (§ 4(3)). La Rule 174 réduit cette période :
- aucune remise si l'émetteur était déjà déclarant (Exchange Act § 13 ou 15(d)) avant le dépôt ;
- 25 jours civils si l'émetteur n'était pas déclarant mais que le titre est coté sur une bourse nationale ou un système de cotation d'une association enregistrée à la date de l'offre ;
- pour une blank check company, jusqu'à 90 jours après la libération des fonds en séquestre.
Ces obligations peuvent être remplies par l'accès au prospectus en ligne (Rule 172, « access equals delivery »). Elles ne libèrent pas un dealer qui agit encore comme underwriter ou vend une part non placée de son allocation.
Regulation M, Rule 101 : les participants à une distribution
Pendant la période restreinte, un participant à une distribution (underwriter, membre du syndicat) et ses affiliés ne peuvent pas acheter ni inciter d'autres à acheter le titre distribué, pour ne pas en soutenir artificiellement le cours.
- Période restreinte : à partir du plus tardif de 1 jour ouvré avant la fixation du prix (titre dont le volume quotidien moyen, ADTV, est d'au moins 100 000 $ et dont l'émetteur a un flottant d'au moins 25 M$) ou de 5 jours ouvrés (tous les autres titres), et du moment où la firme devient participante ; jusqu'à la fin de sa participation.
- Exception de la recherche (Rule 101(b)(1)) : publier ou diffuser une information, une opinion ou une recommandation n'est pas interdit si les conditions de la Rule 138, 139 ou 139b sont remplies.
- Titres exceptés (Rule 101(c)(1)) : les titres activement négociés (ADTV d'au moins 1 M$ et flottant de l'émetteur d'au moins 150 M$), sauf s'ils sont émis par le participant ou un affilié. Autres exceptions : certaines dettes non convertibles très bien notées, titres exemptés, parts de fonds ouverts.
Les ventes sans enregistrement
| Règle | Contenu |
|---|---|
| Rule 144 : titres restreints et titres de contrôle | Permet de revendre sans être considéré comme underwriter. Titres restreints (acquis en placement privé) : délai de détention de 6 mois si l'émetteur est déclarant depuis au moins 90 jours, 1 an sinon. Pour un affilié (dirigeant, administrateur, actionnaire de contrôle) : volume vendu sur 3 mois limité au plus élevé de 1 % des actions en circulation ou du volume hebdomadaire moyen des 4 semaines précédentes ; Form 144 à déposer si les ventes sur 3 mois dépassent 5 000 actions ou 50 000 $. |
| Rule 144A | Revente de titres non enregistrés à des qualified institutional buyers (QIB : institutions qui détiennent et investissent de façon discrétionnaire au moins 100 M$ de titres d'émetteurs non affiliés). |
| Regulation A | Offre au public exemptée, plafonnée sur 12 mois à 20 M$ (Tier 1, dont 6 M$ maximum par des actionnaires affiliés vendeurs) ou 75 M$ (Tier 2, dont 22,5 M$). Document : l'offering circular. |
| Regulation S | Offres et ventes hors des États-Unis (offshore transactions), sans enregistrement, à condition de ne faire aucun effort de vente dirigé vers les États-Unis (directed selling efforts : toute activité qui conditionne le marché américain). Selon la catégorie, une période de distribution compliance interdit la vente à des personnes américaines : 40 jours (catégorie 2, et dette en catégorie 3), 6 mois ou 1 an pour les actions en catégorie 3 (6 mois si l'émetteur est déclarant). |
Les offres à prix fixe : FINRA Rule 5141
Un membre du syndicat ou du groupe de vente d'une offre à prix fixe ne peut pas vendre les titres à une personne qui n'est pas membre de FINRA à un prix réduit (concession, remise, réduction de frais, service fourni gratuitement ou en dessous du prix du marché, rachat d'un autre titre au-dessus du marché). La recherche fournie dans le cadre de l'Exchange Act § 28(e) (soft dollars) n'est pas un prix réduit.
- § 5 : pas d'offre avant dépôt, pas de vente avant l'effet, prospectus conforme et remis.
- 134 : tombstone après dépôt. 135 : annonce de l'émetteur, sans underwriters.
- 137 : non-participant. 138 : participant, autre type de titre (actions ↔ dette non convertible). 139 : participant, même titre ; émetteur S-3 / F-3 ou WKSI ; pas d'initiation ; ou rapport sectoriel sans place prépondérante.
- EGC : recherche permise même par un participant.
- Remise du prospectus : 40 / 90 jours ; 0 si déjà déclarant ; 25 jours si coté.
- Reg M 101 : 1 jour (ADTV ≥ 100 000 $ et flottant ≥ 25 M$) ou 5 jours ; recherche permise si 138 / 139 ; titres activement négociés exceptés (1 M$ et 150 M$).
- 144 : 6 mois / 1 an ; affiliés 1 % ou volume de 4 semaines ; Form 144 au-delà de 5 000 actions ou 50 000 $. 144A : QIB 100 M$. Reg A : 20 / 75 M$. Reg S : offshore, pas d'effort dirigé, 40 jours / 6 mois / 1 an.
Quiz du chapitre
Diffuser la recherche : à qui, quand, comment
Un rapport peut faire bouger un cours. Celui qui le connaît avant les autres a un avantage injuste. Les règles de diffusion visent donc trois choses : l'égalité d'accès des clients, l'étanchéité entre la recherche et la négociation, et la conformité de chaque canal de communication.
Les interlocuteurs de l'analyste
| Interlocuteur | Point de vigilance |
|---|---|
| Clients institutionnels (analystes buy-side, gérants de fonds, de hedge funds, de fonds de pension) et particuliers | Recevoir la recherche en même temps que les autres clients du même service ; communications équilibrées |
| Force de vente institutionnelle et particuliers | Ne pas recevoir le contenu d'un rapport avant les clients ; la vente ne peut pas faire pression sur l'analyste |
| Négociation (trading desk) | Barrières d'information ; pas de négociation sur la base d'un rapport à venir (Rule 5280) |
| Direction des sociétés suivies | Regulation FD ; vérification des faits seulement ; pas de promesse de recherche favorable |
| Presse et médias | Apparition publique dès qu'il y a un journaliste : mentions obligatoires, attestation Reg AC trimestrielle |
| Autres équipes de recherche | Cohérence des recommandations ; produits différents possibles, à signaler (voir ci-dessous) |
L'égalité de diffusion (2241(g))
La firme doit empêcher qu'un rapport soit diffusé de façon sélective à la négociation interne ou à un client ou une catégorie de clients avant les autres clients qu'elle a désignés comme destinataires.
- Elle peut offrir des produits différents à des clients différents, par exemple une recherche de long terme (investor research) et une recherche de court terme (trading research), qui peuvent aboutir à des recommandations différentes, à condition que chacune respecte le sens de son système de notation (Supplementary Material .07).
- Elle ne peut pas différencier un produit par le moment où le client reçoit une recommandation ou une information susceptible de faire bouger le cours, ni rebaptiser un contenu presque identique pour permettre à certains clients de négocier avant les autres.
- Elle doit prévenir les autres clients que ses autres produits peuvent aboutir à des conclusions différentes susceptibles d'affecter le cours.
Négocier avant la recherche : Rule 5280
- Aucun membre ne peut constituer, augmenter, réduire ou liquider une position de son inventaire sur un titre ou un dérivé de ce titre sur la base d'une connaissance anticipée non publique du contenu ou du calendrier d'un rapport (trading ahead of research reports).
- La firme doit avoir des procédures qui limitent la circulation de l'information entre la recherche (et toute personne qui connaît un rapport à venir) et la négociation, pour que les négociateurs ne puissent pas profiter d'une connaissance anticipée.
- Les comptes des analystes sont soumis aux règles du chapitre 2 (pas de profit tiré du calendrier d'un rapport).
Les canaux de diffusion
Le plan d'examen cite le téléphone, la messagerie vocale groupée (blast voice mail), la messagerie instantanée et les SMS, l'e-mail, le site de la firme, le squawk box (haut-parleur interne qui diffuse les commentaires de la recherche à la salle des marchés), les fils d'information externes, les réseaux sociaux, les vidéos et les podcasts. Quelle que soit la forme, les mêmes règles s'appliquent : mentions, égalité de diffusion, approbation, conservation. Un commentaire sur le squawk box ou un message instantané qui annonce un changement de note avant la publication du rapport serait une diffusion sélective.
FINRA Rule 2210 : les communications avec le public
| Catégorie | Définition | Approbation |
|---|---|---|
| Retail communication | Écrit diffusé à plus de 25 investisseurs particuliers sur 30 jours civils | Approbation préalable par un principal qualifié. Pour les rapports de recherche sur actions et sur dette, un supervisory analyst (Rule 1220(a)(14)) peut approuver. |
| Correspondence | Écrit diffusé à 25 investisseurs particuliers ou moins sur 30 jours | Supervision et revue selon les procédures, pas d'approbation préalable obligatoire |
| Institutional communication | Écrit diffusé seulement à des investisseurs institutionnels | Procédures écrites de revue par un principal, pas forcément avant usage |
- Les rapports de recherche (au sens de la Rule 2241) qui ne portent que sur des titres cotés sur une bourse nationale sont exclus de l'obligation de dépôt auprès de FINRA.
- Sur les réseaux sociaux, un contenu statique (profil, page) est traité comme une retail communication à approuver ; un contenu interactif (échange en temps réel) est supervisé comme la correspondence ; une recommandation d'un analyste reste soumise aux règles de la recherche et des apparitions publiques.
- Toute communication doit être juste, équilibrée et non trompeuse, et ne pas contenir de prévision de performance non justifiée.
Les communications professionnelles doivent passer par des canaux que la firme peut superviser et conserver (Rule 3110, Rule 17a-4). Un analyste qui commente un titre qu'il suit sur son blog personnel, sa messagerie privée ou un réseau social non approuvé échappe à l'approbation, aux mentions obligatoires et à l'archivage : c'est une violation des règles de la firme et des règles de FINRA, même si le contenu est exact.
La conservation des documents : SEA Rule 17a-4
- Les communications liées à l'activité de la firme (rapports, e-mails, messages) se conservent au moins 3 ans, les 2 premières années dans un endroit facilement accessible. Certains registres de base (livres, comptes) se conservent 6 ans.
- Rule 2241 : projets et versions finales des rapports soumis à la société (3 ans), registres des apparitions publiques (3 ans). Reg AC : attestations trimestrielles (3 ans, dont 2 accessibles).
- Pas de diffusion sélective à la négociation ou à certains clients ; produits différents permis s'ils ne diffèrent pas par le moment de réception, avec avertissement.
- Rule 5280 : pas de position d'inventaire fondée sur la connaissance anticipée d'un rapport ; barrières entre recherche et négociation.
- 2210 : retail (> 25 particuliers / 30 jours, approbation préalable, supervisory analyst possible) ; correspondence (≤ 25) ; institutional. Recherche sur titres cotés : pas de dépôt.
- 17a-4 : communications 3 ans, dont 2 accessibles.
Quiz du chapitre
Responsabilité, manipulation et rumeurs
Une information fausse ou payée peut coûter très cher : aux investisseurs, qui peuvent demander réparation, et à ceux qui l'ont diffusée. Ce chapitre réunit les textes qui sanctionnent les mensonges dans les offres, la manipulation des cours et la circulation de rumeurs.
Les responsabilités du Securities Act de 1933
| Section | Ce qu'elle sanctionne | Qui est responsable |
|---|---|---|
| § 11 | Une registration statement qui contient une déclaration fausse ou omet un fait significatif, au moment où elle prend effet | L'émetteur (responsabilité quasi absolue), les signataires, les administrateurs, les underwriters, et les experts (auditeurs, évaluateurs) pour les parties qu'ils ont certifiées. Tous sauf l'émetteur peuvent se défendre en prouvant une diligence raisonnable (due diligence defense). |
| § 12(a)(1) | Une offre ou vente qui viole la section 5 (titre non enregistré, prospectus non conforme ou non remis) | Le vendeur ; l'acheteur peut obtenir l'annulation (remboursement du prix contre restitution des titres) ou des dommages-intérêts |
| § 12(a)(2) | Une offre ou vente au moyen d'un prospectus ou d'une communication orale contenant une déclaration fausse ou une omission significative | Le vendeur, sauf s'il prouve qu'il ne savait pas et n'aurait pas pu savoir avec une diligence raisonnable |
| § 15 | — | Les personnes qui contrôlent une personne responsable au titre du § 11 ou du § 12 en répondent solidairement, sauf si elles ignoraient les faits et n'avaient pas de raison de les connaître |
| § 17(a) | La fraude dans l'offre ou la vente de tout titre, même exempté d'enregistrement | Toute personne |
| § 17(b) | Publier ou diffuser une description d'un titre contre une rémunération de l'émetteur, d'un underwriter ou d'un dealer, sans dire qu'on est payé et combien (touting) | Toute personne, y compris un journaliste ou un site |
Les actions fondées sur les § 11 et 12 doivent être engagées dans 1 an à compter de la découverte de l'erreur (ou de la violation pour le § 12(a)(1)), et au plus tard 3 ans après l'offre ou la vente (§ 13).
La manipulation : Securities Exchange Act de 1934
- § 9(a)(5) : il est interdit, contre une rémunération versée par un dealer, un broker ou une personne qui vend ou achète un titre coté, d'inciter à l'acheter ou le vendre en diffusant l'information que son cours va monter ou baisser à cause d'opérations de marché destinées à le faire bouger. C'est le « tuyau payé » au service d'une manipulation.
- § 10(b) et Rule 10b-5 : interdiction générale de tout procédé frauduleux, de toute déclaration fausse ou omission significative, en relation avec l'achat ou la vente d'un titre. C'est le fondement du délit d'initié.
- Rule 10b-1 : les actes de manipulation interdits par le § 9(a) pour les titres cotés sont aussi interdits pour les titres exemptés d'enregistrement.
- Rule 10b-3 : un broker ou dealer ne peut employer, dans une opération hors bourse (ou sur titres municipaux), aucun des procédés que la SEC définit comme manipulatoires ou frauduleux au sens du § 15(c)(1) (par exemple ne pas déclarer un lien de contrôle : Rule 15c1-5).
- § 15D : base légale des règles sur les analystes (chapitre 1).
Le délit d'initié
Négocier en possession d'une information privilégiée obtenue en violation d'un devoir, ou la communiquer (tipping) à quelqu'un qui négocie, est interdit au titre du § 10(b). Le donneur de tuyau (tipper) et celui qui le reçoit en sachant qu'elle est privilégiée (tippee) sont tous deux responsables. Sanctions : pénalité civile jusqu'à 3 fois le gain réalisé ou la perte évitée, et sanctions pénales (jusqu'à 5 M$ d'amende et 20 ans de prison pour une personne physique). Les firmes doivent avoir des procédures écrites contre l'usage d'informations privilégiées.
Les rumeurs et les publications payées
- NYSE Rule 435(5) : aucun membre ne peut faire circuler, de quelque manière que ce soit, des rumeurs à sensation susceptibles d'affecter les conditions du marché. Un analyste qui relaie une rumeur non vérifiée de rachat dans une note ou sur une messagerie s'expose à cette règle et à l'antifraude.
- FINRA Rule 5230 : aucun membre ne peut donner ou offrir quoi que ce soit de valeur à une personne pour influencer ou récompenser la publication, dans un média, une lettre d'information, un site, un journal, une émission de radio ou de télévision, d'un contenu qui a ou doit avoir un effet sur le cours d'un titre. Exceptions : une communication clairement identifiable comme publicité payée ; une communication qui indique la rémunération et son montant conformément au § 17(b) ; un rapport de recherche au sens de la Rule 2241.
- Un émetteur paie un site financier pour publier des articles enthousiastes sur son action, sans que le site le dise. § 17(b) Rémunération non déclarée (et 5230 si un membre FINRA paie).
- Le prospectus d'une IPO surestime le chiffre d'affaires ; l'auditeur a certifié des comptes faux. § 11 Émetteur responsable sans défense ; auditeur pour sa partie, sauf diligence raisonnable.
- Un vendeur remet une brochure trompeuse sur une offre enregistrée. § 12(a)(2)
- Un analyste écrit sur la messagerie de la salle qu'« on dit qu'une OPA arrive » sur une société, sans source. NYSE 435(5) Rumeur à sensation.
- § 11 : registration statement fausse ; émetteur sans défense ; autres : due diligence ; experts pour leur partie.
- § 12(a)(1) : violation du § 5 ; § 12(a)(2) : prospectus ou oral trompeur ; délai 1 an / 3 ans (§ 13).
- § 15 : personnes qui contrôlent ; § 17(a) : fraude dans l'offre ; § 17(b) : touting sans déclarer la rémunération.
- § 9(a)(5) : tuyau payé sur une manipulation ; 10b-1 : aussi pour les titres exemptés ; 10b-3 : procédés interdits aux broker-dealers.
- Délit d'initié : tipper et tippee ; pénalité civile jusqu'à 3 fois le gain.
- NYSE 435(5) : pas de rumeurs à sensation. FINRA 5230 : pas de paiement pour une publication qui influence un cours (sauf publicité identifiée, § 17(b), recherche).
Quiz du chapitre
Chiffres clés
Tous les délais, seuils et périodes du cours, sur une page. La colonne de droite donne la règle, pour ne pas confondre deux chiffres voisins.
L'examen
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| 55 / 50 / 5 | Questions au total / notées / de pré-test | FINRA |
| 36 / 14 | Questions notées des fonctions 4 et 5 (72 / 28 %) | FINRA |
| 1 h 45 ; 74 | Durée ; score de réussite (échelle FINRA, ≈ 37/50) | FINRA |
| 120 jours ; 30 / 180 jours | Fenêtre d'examen ; attente après échec (1er et 2e / 3 échecs consécutifs) | FINRA |
Définitions
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| moins de 15 personnes | Communication qui n'est pas un research report | 2241(a)(11) |
| 15 personnes ou plus, ou 1 journaliste | Seuil de la public appearance | 2241(a)(7) |
| > 25 / ≤ 25 particuliers sur 30 jours | Retail communication / correspondence | 2210 |
Conflits et périodes de silence
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| 10 jours | Quiet period après une IPO, pour tout underwriter ou dealer | 2241(b)(2)(I) |
| 3 jours | Quiet period après une offre secondaire, pour le manager ou co-manager | 2241(b)(2)(I) |
| 1 fois par an | Revue de la rémunération de l'analyste par le comité | 2241(b)(2)(F) |
| 3 ans | Conservation des projets soumis à la société et de la version finale | 2241 .05 |
| ≤ 10 opérations, ≤ 5 M$ par an (moyenne sur 3 ans) | Exemption des petites banques | 2241(i) |
Mentions
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| 12 mois | Manager / co-manager d'une offre ; rémunération de banque reçue ; autres services ; société cliente ; rémunération de l'analyste par la société ; % de clients de banque par note | 2241(c) |
| 3 mois | Rémunération de banque d'affaires attendue ou recherchée | 2241(c)(4)(C) |
| 1 % | Détention par la firme d'une catégorie d'actions ordinaires | 2241(c), (d) |
| fin du dernier trimestre ; 15 jours | Date de la répartition des notes et du graphique (avant-dernier trimestre si publication moins de 15 jours après) | 2241(c)(2), (3) |
| ≥ 1 an ; 3 ans | Graphique de cours : titre noté depuis au moins 1 an ; sur la période de notation ou 3 ans, le plus court | 2241(c)(3) |
| 6 sociétés | Compendium : renvoi vers les mentions permis | 2241(c)(7) |
| 3 ans | Registres des apparitions publiques | 2241(d)(3) |
Regulation AC, Regulation FD, conservation
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| 30 jours après le trimestre | Attestation sur les apparitions publiques du trimestre | Reg AC 502 |
| 120 jours | Mention dans les rapports d'un analyste qui n'a pas fourni l'attestation | Reg AC 502 |
| 3 ans, dont 2 accessibles | Conservation des attestations Reg AC ; des communications (17a-4) | Reg AC, 17a-4 |
| 24 h ou ouverture du NYSE | Publication d'une divulgation non intentionnelle (la plus tardive) | Reg FD |
Offres de titres
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| 40 / 90 jours | Remise du prospectus par les dealers après l'offre (90 pour une IPO) | § 4(3) |
| 0 / 25 jours | Émetteur déjà déclarant / IPO d'un titre coté | Rule 174 |
| 3 ans | Pas de blank check, shell ou penny stock (Rules 137, 138, 139) | Rules 137–139 |
| 12 mois | Émetteur à jour de ses dépôts (Rules 138, 139) | Rules 138–139 |
| 1 / 5 jours ouvrés | Période restreinte (ADTV ≥ 100 000 $ et flottant ≥ 25 M$ / autres) | Reg M |
| 1 M$ ; 150 M$ | Titre activement négocié (ADTV ; flottant) ; marché public de bonne foi (5121) | Reg M, 5121 |
| 5 % ; 10 % | Conflit : part du produit versée à la firme ; contrôle | Rule 5121 |
| 6 mois / 1 an | Détention des titres restreints (émetteur déclarant / non déclarant) | Rule 144 |
| 1 % ou volume de 4 semaines | Plafond de vente d'un affilié sur 3 mois | Rule 144 |
| 5 000 actions ou 50 000 $ | Seuil du Form 144 sur 3 mois | Rule 144 |
| 100 M$ | Qualified institutional buyer | Rule 144A |
| 20 M$ / 75 M$ | Plafonds sur 12 mois (Tier 1 / Tier 2) | Reg A |
| 40 jours ; 6 mois / 1 an | Distribution compliance period | Reg S |
Responsabilité
| Chiffre | Ce qu'il désigne | Source |
|---|---|---|
| 1 an / 3 ans | Délai d'action (découverte / offre ou vente) | Securities Act § 13 |
| 3 fois le gain | Pénalité civile maximale pour délit d'initié | Exchange Act |
Fiches
Dis la réponse à voix haute avant de retourner la fiche. Filtre par chapitre, ou ne garde que celles que tu ne connais pas encore.
Glossaire
Les termes que tu liras à l'écran le jour de l'examen, avec leur sens en français. Tape quelques lettres pour filtrer.
Examens blancs
55 questions, 1 h 45, comme le jour J : 50 questions notées réparties selon la pondération officielle (36 / 14), plus 5 questions de pré-test non notées que rien ne distingue. Il faut environ 37 bonnes réponses sur 50. Les corrections s'affichent à la fin.
- L'examen A est composé de questions absentes des quiz des chapitres. L'examen « tirage aléatoire » puise dans toute la banque, avec la même répartition.
- Une question à la fois ; tu peux marquer une question « à revoir » et y revenir par la grille.
- Le chronomètre ne s'arrête pas, même si tu changes de page ou recharges : l'examen en cours est sauvegardé.
- Livre fermé : la recherche est désactivée pendant l'examen ; c'est à toi de ne pas ouvrir les chapitres ni les chiffres clés.
Grille : case pleine = répondue · bord ambre = à revoir · bord épais = question affichée.
À retravailler
Chaque question ratée dans un quiz de chapitre ou un examen blanc arrive ici, et revient en boucle dans le désordre. Une question ratée revient quelques questions plus loin ; une question sort de la liste quand tu la réussis deux fois de suite, ici ou ailleurs.